X

À La Une

Réfugiés syriens : Bassil annonce avoir bloqué les demandes de permis de séjour du HCR

Liban

La décision du ministre sortant des Affaires étrangères est "unilatérale" et ne "représente pas la position du gouvernement libanais", selon Nadim Mounla, conseiller de Saad Hariri.

OLJ
08/06/2018

Le ministère libanais des Affaires étrangères a annoncé jeudi avoir bloqué les demandes de permis de séjour déposées par les employés du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qu'il accuse d'entraver le retour dans leur pays des réfugiés syriens, au nombre de 1.5 million au Liban. Une décision qualifiée d'"unilatérale" par un conseiller du Premier ministre sortant Saad Hariri.

"Des instructions ont été données à la direction du protocole pour suspendre, jusqu'à nouvel ordre, les demandes de résidence concernant le HCR", a indiqué le ministère libanais des Affaires étrangères dans un communiqué.
Le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a également fait savoir qu'il a demandé une étude de mesures supplémentaires contre le HCR, "si celui-ci comptait poursuivre sa politique actuelle" concernant les réfugiés syriens. Le ministre accuse l'organisation onusienne "d'entraver" le retour volontaire de réfugiés syriens, que les autorités libanaises veulent favoriser en coordination avec le régime syrien.

Mais dans un entretien avec l'AFP, Nadim Mounla, conseiller du Premier ministre sortant, Saad Hariri, a indiqué que la décision du ministère des Affaires étrangères était "unilatérale" et ne "représentait pas la position du gouvernement libanais ni celle de son chef". Le chef de la diplomatie libanaise "n'a pas consulté le Premier ministre ni les autres ministres, notamment ceux le plus concernés par le dossier des réfugiés au sein du cabinet", a-t-il ajouté, indiquant que le "ministre Gebran Bassil devra revenir sur sa décision".

La décision des autorités libanaises concerne aussi bien les nouvelles demandes de résidence que le renouvellement des permis déjà accordés à la directrice du HCR au Liban, Mireille Girard, et son équipe. Elle se base sur un rapport d'une délégation du ministère des Affaires étrangères qui s'est rendue au village frontalier de Ersal, dans la Békaa, alors qu'un retour de quelque 3.000 Syriens de cette région est prévu la semaine prochaine. Le ministère affirme que, selon ce rapport, le HCR "n'encourage pas les déplacés à rentrer chez eux, et les intimide même en leur posant des questions qui les poussent à craindre de rentrer, notamment en mentionnant le service militaire, la situation sécuritaire, l'état du logement, l'arrêt des aides onusiennes, ainsi que d'autres questions qui les dissuadent de rentrer".

"Nous ne sommes pas responsables d'assurer les intérêts d'une communauté internationale qui œuvre contre le retour des réfugiés", avait déjà martelé jeudi le chef sortant de la diplomatie, lors d'un iftar à Batroun. "Nous avons envoyé aujourd'hui une délégation qui s'est assurée que le HCR s'employait à faire peur aux déplacés désireux de rentrer volontairement chez eux", avait-il ajouté.

"Le HCR s'oppose à la politique libanaise qui refuse l'implantation et l'intégration des déplacés syriens au Liban, et malgré nos mises en garde, l'opération se poursuit. C'est pour cela que j'annonce ma détermination à prendre dès demain les premières mesures contre le HCR", avait annoncé Gebran Bassil.


(Lire aussi : Liban : le HCR dément s’opposer au retour des réfugiés syriens)



Mesures "graduelles" et "maximales"
"Nos mesures seront graduelles et iront crescendo en fonction des capacités du Liban souverain à réagir à une organisation qui œuvre contre la politique (libanaise) en place visant à interdire l'implantation", avait-il prévenu, sans donner plus de détails sur les mesures qu'il envisage.

"Nous avons accueilli la plus grande population de déplacés, les Syriens qui sont nos voisins et nos frères. Et parce que nous les aimons, nous leur disons qu'il est temps de rentrer (chez eux), car les conditions du retour sont là, et rien ne peut empêcher ce retour, à part une volonté internationale", avait ajouté M. Bassil.

"Nous sommes déterminés à briser la volonté internationale qui veut interdire le retour des déplacés. Cette question relève de l'union nationale. L'habitant sunnite du Akkar souffre davantage (de la crise des réfugiés syriens) que son voisin maronite de Batroun. Et les Syriens sont ceux qui souffrent le plus. Nous devons tous nous aider", avait-il lancé.


(Pour mémoire : Réfugiés syriens : Bassil demande le retrait de la déclaration de la Conférence de Bruxelles)


"Une guerre d'élimination"
Réagissant aux propos prononcés jeudi par Gebran Bassil, le ministre sortant de l'Education, Marwan Hamadé, a critiqué vendredi son collègue. "Ce qui est surprenant, c'est qu'un ministre sortant des Affaires étrangères, dans un gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes, lance une nouvelle politique concernant le retour des déplacés syriens et les organisations internationales", a regretté Marwan Hamadé.

Il a estimé que Gebran Bassil "se comporte comme si l'Etat déclarait une guerre d'élimination contre les organisations internationales, sans prendre en considération les conséquences que cela peut avoir sur la réputation du Liban, sans compter les pertes financières que le pays subira si les déplacés restent au Liban et les aides (internationales) sont annulées".
 
"Un instant M. le ministre. Je vous rappelle que jusqu'à nouvel ordre, il y a un Premier ministre et un gouvernement sortants. Et il y a un Premier ministre nommé chargé de former le prochain cabinet qui devra discuter devant le Parlement de sa politique pour la gestion de la crise des déplacés", a ajouté Marwan Hamadé. "Il est inacceptable que des tribunes soient instrumentalisées pour menacer des organisations internationales, et qu'un seul ministre sortant puisse déterminer les politiques relatives aux affaires intérieures, à la défense, aux affaires sociales, à la justice, à la santé et à l'éducation (...)", a conclu M. Hamadé.


(Lire aussi : Le Liban œuvre avec Damas au retour de milliers de réfugiés)



Un plan d'action
Mardi, le ministère des Affaires étrangères avait demandé au HCR de préparer et soumettre, dans un délai de deux semaines, un plan d'action pour le retour des réfugiés syriens présents au Liban dans leur pays, un retour que la communauté internationale juge prématuré, la situation en Syrie n'étant pas considérée comme suffisamment sûre.

Au lendemain d'une opération de retour des réfugiés de Chebaa en avril, le ministère des Affaires étrangères avait déjà convoqué Mireille Girard, la représentante du HCR au le Liban, reprochant à l'organisation d'avoir publié un communiqué qui contredisait "la politique du Liban" en ce qui concerne la question des réfugiés syriens, et l'accusant de "faire peur aux réfugiés pour les dissuader de rentrer en affirmant que la situation n'est pas sûre".  Et un responsable du ministère s'était récemment insurgé contre une série de questions que le HCR pose aux réfugiés syriens désireux de rentrer chez eux, notamment si ceux-ci réalisent que les hommes parmi eux risquent d'être enrôlés dans l'armée du régime.

Les responsables libanais, notamment le président de la République, Michel Aoun, et le chef de la diplomatie, appellent depuis plusieurs mois à organiser le retour vers des zones sûres en Syrie de plus d'un million de réfugiés, l'équivalent du quart de la population libanaise. La communauté internationale estime ce retour prématuré, en l'absence d'une solution politique au conflit syrien.
Le général Abbas Ibrahim, directeur de la Sûreté générale, avait toutefois annoncé la semaine dernière que Beyrouth coopérait avec Damas pour organiser le retour de plusieurs milliers de réfugiés. Selon le maire de la localité libanaise frontalière de Ersal, Bassel Hojeiry, 3.000 personnes doivent regagner la Syrie la semaine prochaine.


Lire aussi

Aoun : Le retour des réfugiés syriens chez eux est dans l’intérêt national

S. Gemayel plaide pour un retour des réfugiés en collaboration avec Moscou


Pour mémoire

Réfugiés syriens : le Liban accuse la communauté internationale de mettre le pays en danger

La représentante du HCR convoquée aux AE, Merhebi qualifie Bassil de « raciste »

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

LIBAN D'ABORD

Si M Bassil va etre a nouveau ministre SVP donnez lui un ministere ou il ne peut pas faire du mal a son pays

Electricite : complet ratage depuis des annees

ministere des affaires etrnageres . Fouad Boutros doit se retourner dans sa tombe 100 fois par jour

Refugies : s'attaquer a la communaute international et elle fermera ses portes sur le Liban et il ira de faillitte en faillitte

Un ministre quelque soit son rang ne gere pas le pays
seul le Premier Ministre et le President peuvent gerer le pays AVEC un conseil de ministres , pas seul individuellement

Bizarre ce silence complet sur cette declaration de la part de M Hariri


Wlek Sanferlou

Hahahaha.... Bassil puni le HCR et compte sur Mouallem....
Il vaut mieux que les ministres de l'éducation l'un sortant et l'autre entrant nous programment des cours de "syriens pour débutant" pour mieux nous intégrer dans le canton libanais de l'assadie...

Allah yisseiidna...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PAR DES ACTES IRRESPONSABLES ON VA METTRE LE PAYS AU BANC DES NATIONS ! ET ADIEU -CEDRE- ET SOUTIENT ECONOMIQUE ET POLITIQUE INTERNATIONAL !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA GAFFE DES GAFFES ! LE SERIEUX ET LA LOGIQUE MANQUENT BEAUCOUP...

Antoine Sabbagha

Le Liban ne peut plus supporter ce grand lot de syriens et que la communauté internationale qui estime tout retour prématuré de chercher un autre pays .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE GAFFE MAJEURE !

Mohbat Nasri

Il serait souhaitable que le HCR arrête ses subventions aux réfugiés syriens : ils rentreraient alors chez eux! Tant qu'ils sont subventionnés ils ont un interet financier à rester au Liban.

roland

Voici donc un exemple concret de populisme, à savoir, raconter des contre-vérités et surfer sur les craintes (légitimes) des citoyens.
Monsieur Bassil sait que le problème du retour des réfugiés Syriens est avant tout un problème qui dépend de Bachar El Assad. Les déclarations du régime syrien et ses menaces contre les réfugiés qui osent songer à un retour en Syrie sont bien documentées. Les exactions contre les Syriens en zones sous contrôle du regime sont également connues.
Le second point auquel le Ministre n'ose pas faire allusion est une vérité géographique très simple: la majorité des réfugiés syriens au Liban viennent des zones syriennes frontalières qui sont actuellement occupées par les milices Libanaises du Hezbollah et autres milices chiites. Donc le Ministre, encore une fois, évite de régler le problème à la source, à savoir le régime sanguinaire de Assad et la milice Libanaise qui a à l'origine pousser les syriens à fuir leur villes et villages.

Christian Samman

Bravo M. Marwan Hamadé,
Vos propos sont plus que pertinents...

Irene Said

Cela ne sert à rien d'accuser tout le monde, sauf le héros de Damas qui ne veut tout simplement pas du retour d'une catégorie de "réfugiés" dans son pays, pour appliquer son plan de redistribution confessionnelle etc. dans son pays.
Et toutes les soi-disant "résistances" d'ici et de là ne peuvent rien changer aux plans de ce fantastique héros...
Attendez un peu pour voir...
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QU,IL DEMANDE A SON AMI M3ALLEM UNE DECLARATION D,AMNISTIE GENERALE POUR TOUS LES SYRIENS SE TROUVANT AU LIBAN S,ILS RENTRENT ET DE LES CASER DANS LEURS VILLES SANS POURSUITE NI REVANCHE ! MAIS EN AURONT-ILS CONFIANCE EN CE REGIME ? C,EST LA LE PROBLEME DONT PARLE L,ONU...

Bibette

Si nous autres libanais ne faisons pas ce qui est dans notre intérêt et dans l'intérêt de notre pays et de notre survie, en prenant les mesures radicales et en agissant fermement en vue du retour rapide en Syrie des déplacés syriens qui nous occupent, et bien personne ne le fera pour nous! Et plus nous tardons plus la situation se compliquera avec le nombre croissant de naissances au Liban dans ces familles de déplacés. Nous devons agir fermement, sans hésitation et par consensus national tacite! Pas nécessaire d'en faire un referendum ni un débat politique!

Lebinlon

le HCR semble appliquer la politique "socialisante" de François Hollande, Belkacem, Taubira...de triste mémoire.
pour cela messieurs-dames il faut un mandat de votre peuple. le NOTRE de peuple ne veut pas vous donner ce mandat. si vous n'êtes pas d'accord avec le gouvernement Libanais ET son peuple je vous invite a prendre les réfugiés chez vous.
Mais vous n'avez certainement pas le mandat, ni la legitimite, pour appliquer la politique de Taubira et Belkacem sur notre sol.

Irene Said

D'un côté notre Président de la République Libanaise naturalise des Syriens fortunés à la pelle...de l'autre côté notre super-ministre des affaires étrangères pousse de hauts cris auprès du HCR pour protester contre les réfugiés syriens chez nous et le projet de les implanter chez nous...
sans doute pour dévier l'attention sur ces naturalisations douteuses ???
Irène Saïd

AIGLEPERçANT

Il a raison de prendre le taureau par les cornes et ne compter que sur nous mêmes.

LES instances internationales ne sont manifestement pas prête à coopérer pour la raison que les occidentaux qui les actionnent ne veulent pas reconnaître leur défaite face à l'axe de la résistance.

Vous pensez bien que c'est dur d'avaler son chapeau.

Le Faucon Pèlerin

Ceux qui ont été derrière les dernières naturalisations de Syriens, de Palestiniens, de Français originaires d'Afrique du Nord etc... sont les mêmes qui veulent implanter d'autres Syriens et d'autres Palestiniens... Nous verrons dans les prochaines naturalisations des Indonésiens, des Somaliens, des Pakistanais, des Afghans...
Avec ces fantoches que l'on a mis sur le strapontin de Baabda et dans certains ministères, la populations du Liban triplera très très tôt, même plus tôt qu'on le pensait.
Dormez en laissant vos ouvertes, avait dit Sleiman Frangié, puis-je ajouter : "Accueillez toute la racaille du monde" pour paraphraser Michel Rocard.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL NE MANQUE QU,A NOUS METTRE SUR LE DOS LE HCR DES NATIONS UNIES ! QUAND NOUS DEVONS TRAVAILLER EN CONCERT AVEC LES NATIONS UNIES TOUT EN ESSAYANT DE LES CONVAINCRE DE LA CONFORMITE DE NOS POINTS DE VUE ! MAIS IL NOUS FAUT DES POLITICIENS CHEVRONNES ET NON DES DEBUTANTS SANS AUCUNE EXPERIENCE ET FANFARONS PAR DESSUS LE MARCHÉ...

FAKHOURI

Ou est Hariri ?
On ne l'entend pas
Il laisse le pouvoir à un incapable

Yoska

le Liban ne peut pas supporter toute la misère du monde! et encore moins la misère des syriens, il est temps qu'ils rentrent chez eux !!!
Charité bien ordonnée commence par soi-meme!!

Tabet Karim

Mais quel bordel !!!!!

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Entre la crise économique et financière et l’implantation des Palestiniens...

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants