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Liban

À 48h de la séance plénière, le flou entoure toujours la vice-présidence de la Chambre

Parlement

Le CPL maintient le suspense au sujet de son candidat. Le choix des haririens dépend de cette décision, mais ils ne voteront pas Élie Ferzli.

Yara ABI AKL | OLJ
21/05/2018

Le mandat du Parlement actuel arrive à expiration cette nuit, à minuit. La législature de la Chambre issue du scrutin tenue le 6 mai débutera donc demain, mardi. Le nouveau Parlement consacrera sa première séance prévue mercredi à l’élection du chef du législatif, du vice-président de la Chambre et de son bureau. 

Dans certains milieux politiques, on semble confiant que Nabih Berry sera reconduit pour un nouveau mandat à la tête de la Chambre. On assure même qu’il sera élu presque sans bataille, en l’absence d’une compétition sérieuse. La majorité des blocs parlementaires devrait en principe voter pour lui lors de la séance plénière du mercredi. Même si certains protagonistes devront tenir des réunions dans les prochaines 48 heures pour trancher définitivement cette question. Il s’agit des Forces libanaises, des Kataëb, du courant du Futur et du Rassemblement démocratique de Walid Joumblatt. 

Mais les regards seront braqués, surtout, sur la réunion du bloc dit Le Liban fort, parrainé par le Courant patriotique libre, prévue demain. L’occasion pour les aounistes de lever le flou entourant leur position au sujet de la présidence de la Chambre. Les rapports entre Rabieh et Aïn el-Tiné sont passés par de sérieuses secousses durant les derniers mois. Pour rappel, les relations entre aounistes et berryistes se sont détériorées à la suite d’une vidéo fuitée dans laquelle le chef du CPL, Gebran Bassil, qualifiait M. Berry de baltaji (l’équivalent égyptien de voyou). À cela, s’ajoute la querelle à caractère électoral qui a opposé les deux partis, notamment à Jezzine, dont le mouvement Amal monopolisait la représentation parlementaire pendant longtemps. 


(Lire aussi : La candidature d’Anis Nassar pour faire barrage à Ferzli)


Le parti de Gebran Bassil maintient également le suspens au sujet de son candidat à la vice-présidence de la Chambre. À l’heure où l’on s’attend à ce que le bloc opte pour l’un des députés élus Élie Ferzli ou Élias Bou Saab, des informations ont circulé dans certains médias locaux selon lesquelles l’ancien ministre de l’Éducation, nouvellement élu au Metn, aurait exprimé son souhait de ne pas occuper le poste de vice-président de la Chambre, et dit préférer être nommé à un portefeuille au prochain gouvernement. Sauf que Mario Aoun, député élu du Chouf (CPL), a fait savoir à L’OLJ que M. Bou Saab n’a pas officiellement notifié le directoire du parti de son désir. « Nous tenons une réunion mardi pour prendre notre décision finale », souligne-t-il à L’Orient-Le Jour, notant que sa formation n’a pas encore tranché la question de la présidence du Parlement. Il confie, toutefois, que les rapports entre Michel Aoun et Nabih Berry se sont améliorés au lendemain des élections législatives, et que le pays s’oriente vers un nouveau mode d’action politique. 

La bataille autour de la vice-présidence de la Chambre est d’autant plus « chaude » qu’à l’heure où le parti de Gebran Bassil estime que ce poste devrait être accordé à l’un de ses députés (dans la mesure où il a le plus grand nombre de parlementaires), les Forces libanaises n’ont pas tardé à appuyer la candidature d’Anis Nassar, député élu de Aley. Un choix interprété, dans certains milieux, comme une tentative de faire barrage à la candidature Ferzli. Certains y voient un message politique adressé au courant aouniste. Sauf que M. Nassar voit les choses sous un angle tout à fait différent. Interrogé par L’OLJ, il estime que « le CPL a le droit de présenter un candidat à la vice-présidence de la Chambre, mais il reste à savoir s’il en sortira vainqueur ». M. Nassar confie, en outre, qu’il mise d’abord sur l’appui des Kataëb, des indépendants, du Parti socialiste progressiste et du courant du Futur. 


(Lire aussi : Entre Aoun et Berry, un coup de fil, un déjeuner... et une relation renouvelée, le décryptage de Scarlett Haddad)


Le Futur : un aouniste, mais pas Ferzli…

Sauf que la décision du parti haririen à ce sujet reste tributaire du choix que fera le bloc du « Liban fort » demain. C’est en tout cas ce que déclare à L’OLJ Moustapha Allouche, membre du bureau politique du Futur. « La seule chose tranchée est le fait que notre bloc ne votera pas pour Élie Ferzli », dit-il, notant que son parti devrait accorder son soutien au candidat appuyé par le CPL, sauf si le choix de celui-ci tombe sur M. Ferzli. Le Futur votera, par ailleurs, pour Nabih Berry, selon Sami Fatfat, député élu de Denniyé qui s’exprimait lors d’une interview accordée hier à la Voix du Liban (100,3 et 100,5). 

De même, le chef du PSP, Walid Joumblatt, a annoncé hier depuis Aïn el-Tiné que « le Rassemblement démocratique élira Nabih Berry à la présidence du Parlement ». S’exprimant à l’issue d’une rencontre avec le président du Parlement sortant (tenue en présence de Ghazi Aridi, député de Beyrouth, et du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil), le leader druze s’est en outre contenté de confier qu’il « recommandera » l’élection d’Élie Ferzli à la vice-présidence de la Chambre. 


Les Kataëb temporisent

Pour ce qui est des Kataëb, ils tiennent aujourd’hui une réunion élargie du bureau politique pour examiner les résultats du scrutin du 6 mai. L’occasion pour le parti de Samy Gemayel d’évoquer la question des élections du président et vice-président de la Chambre. À 48 heures de la séance plénière du mercredi, le chef des Kataëb, Samy Gemayel, et l’ancien ministre Salim Sayegh, vice-président du parti, se rendront aujourd’hui à Aïn el-Tiné pour un entretien avec M. Berry. 

Joint par L’OLJ, M. Sayegh explique qu’avant de prendre une décision définitive, la formation mène des contacts avec tous les protagonistes, y compris les FL, dans le cadre de la nouvelle phase de la vie politique initiée par les élections législatives. « Nous gardons toutes nos options ouvertes. Et nous examinons avec beaucoup de sérénité la situation politique », souligne M. Sayegh qui note qu’ « il est du devoir politique des Kataëb d’avoir des rapports avec tous les protagonistes ». « Nous définirons notre positionnement en fonction de la capacité du mandat Aoun et du nouveau cabinet à adopter une nouvelle approche de la réalité politique », conclut Salim Sayegh.





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Antoine Sabbagha

On ne cherche que des titres pour sauver les apparences dans un pays vraiment futile .

gaby sioufi

mais quelle differences etre ferzli & abi saab ?? STRICTEMENT AUCUNE !
les 2 ont laisse derriere eux des parfums a relents pas orthodoxes pour un sou.

Le Faucon Pèlerin

Jadis, on disait que le "Libanais" est un personnage fier et n'accepte aucune contrainte. Selon ce noble principe, le Mouvement du Futur, les Kataeb, les Forces libanaises, le Mouvement démocratique de Joumblatt, les Indépendants, les Souverainistes et, en plus, le Mouvement Amal, ne devraient pas élire l'agent syrien Elie Ferzli, candidat du CPL présenté par Gébran Bassil qui avait traité Nabih Berry de "baltaji" (voyou).

Irene Said

Malheureusement, rien de positif à espérer de la part d'un "nouveau...?..." gouvernement, puisqu'on reprend les mêmes !
Et que vivent la corruption, le clientélisme...et les Papis assis bien confortablement dans leurs fauteuils qui rapportent gros !
La vraie démocratie...?
On ne l'applique pas au Liban, c'est pas assez lucratif !
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FLANQUER GOUPIL D'UN CHACAL EST LA TENTATIVE !

Sarkis Serge Tateossian

L'espace politique libanais est tributaire aux impératifs communautaires et à ce titre, le renouveau politique est presque impossible ... Et le rajeunissement de la moyenne d'âge au parlement il en est de même, pareil au sujet de la parité hommes-femmes qui semble un sujet secondaire.

Prendre les mêmes génies... Pour faire du nouveau, est impossible.

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