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Liban

Concertations de haut niveau avant l’expiration du mandat de la Chambre

Vie politique
OLJ
16/05/2018

À moins d’une semaine de l’expiration du mandat de la Chambre actuelle, dimanche à minuit, les contacts politiques se sont intensifiés en prévision notamment des échéances que sont l’élection d’un président et d’un nouveau bureau de la Chambre, mercredi prochain en principe, et la formation d’un nouveau gouvernement.

Le coup d’envoi de ces contacts a été donné hier, à la faveur de deux réunions aussi importantes l’une que l’autre, dans la mesure où elles doivent contribuer à façonner, à plus d’un niveau, les contours de la prochaine étape politique : le matin, ce sont les présidents de la République, Michel Aoun, et du Parlement, Nabih Berry, qui se sont retrouvés à Baabda, et, en soirée, le chef du gouvernement, Saad Hariri, a accueilli à la Maison du Centre le chef des Forces libanaises, Samir Geagea.

Dans une démarche pour le moins inhabituelle, le président de la Chambre, Nabih Berry, qui invoquait des questions de sécurité afin de justifier l’absence de visites au président Michel Aoun, depuis l’élection de ce dernier en octobre 2016, a pris le chemin de Baabda pour coordonner avec le chef de l’État au sujet de tous les dossiers brûlants, dont ceux, très délicats, de l’élection d’un président et d’un vice-président du Parlement, ou encore de la composition du nouveau bureau de la Chambre et du nouveau gouvernement, mais sans entrer dans les détails de ces dossiers. Du moins, c’est ce que M. Berry a déclaré à la presse, après une conversation d’une demi-heure avec le président Aoun, avant que celle-ci ne se poursuive autour de la table de déjeuner. « Nous nous sommes accordés sur le fait qu’un président de la Chambre doit être élu, ainsi qu’un nouveau bureau du Parlement. Nous n’avons pas évoqué la question des noms, qu’il s’agisse du mien ou d’autres. Je n’ai rien réclamé et je n’ai obtenu aucune promesse », a-t-il déclaré en réponse à une question. 



Nabih Berry a désigné son entretien avec Michel Aoun comme étant « plus qu’excellent ». « Je ne peux pas parler d’une nouvelle page (ouverte avec Baabda), mais d’une page renouvelée puisque je fais part de ma disposition à coopérer avec la première magistrature, depuis que le président a été élu », a indiqué M. Berry en précisant avoir évoqué avec son hôte « tous les sujets à venir, mais sans entrer dans les détails, tels que la formation et la composition du gouvernement, l’action de la nouvelle Chambre, les dossiers sur lesquels elle doit plancher en priorité et les secteurs auxquels il est nécessaire d’accorder une attention particulière ».

Le président sortant du Parlement a fait état d’une convergence de vues sur toutes les questions avec le chef de l’État. « Ce qui importe en définitive, c’est l’exécution de ce dont on parle. Cela ne dépend pas seulement du président, mais de nous tous libanais », a-t-il encore dit.

Prié de dire s’il établit une distinction entre ses rapports avec le président Aoun, fondateur du CPL, et avec le chef actuel de ce courant, le ministre Gebran Bassil, M. Berry a répondu : « J’entretiens des relations avec toutes les franges de la société et Gebran Bassil en fait partie », a-t-il dit, estimant, en réponse à question, que le bloc fidèle au chef de l’État a parfaitement le droit de ne pas voter pour lui lors de l’élection d’un président de la Chambre.

Le nouveau Parlement doit très probablement reconduire M. Berry à son poste, ce dernier étant assuré d’obtenir la majorité simple requise, puisque le bloc auquel il appartient et ses alliés constituent le groupe le plus grand au Parlement. Cette question ne pose donc pas de problème, même si M. Berry souhaite être élu à une forte majorité et non pas à une majorité étriquée que le CPL lui réserverait pour lui rendre la monnaie de sa pièce, les députés du bloc Berry ayant déposé des bulletins blancs dans l’urne, le jour de l’élection de Michel Aoun. Quoi qu’il en soit, le discours du président de la Chambre à Baabda était celui d’un homme confiant dans sa reconduction à son poste. Reste l’élection d’un nouveau vice-président de la Chambre. Nabih Berry est toujours attaché au choix du député élu Élie Ferzli, alors que le CPL souhaite faire élire Élias Bou Saab à ce poste. Quant au nouveau bureau de la Chambre, il serait pratiquement une réédition de l’ancien, au niveau de la représentation des blocs parlementaires.


(Lire aussi : Le grand ménage au sein du courant du Futur a-t-il commencé ?)


« Nouveaux visages et nouveau style d’action »
Aussi bien à Baabda qu’à Aïn el-Tiné, on est resté très discret sur la teneur des entretiens entre les deux hommes, pratiquement éclipsés par la visite du chef des FL en soirée à la Maison du Centre. Une visite doublement importante parce qu’elle est censée jeter les jalons d’une nouvelle coopération entre Meerab et la Maison du Centre en prévision de la nomination d’un nouveau chef du gouvernement et de la formation d’une nouvelle équipe ministérielle et, surtout, parce qu’elle constitue l’aboutissement d’un long processus engagé depuis que Saad Hariri est retourné sur sa démission en décembre dernier, pour rabibocher les rapports entre les deux hommes. Ceux-ci s’étaient détériorés à cause du rôle attribué à Samir Geagea dans l’affaire de la démission. Le chef des FL, rappelle-t-on, avait été soupçonné dans les milieux de la Maison du Centre de faire partie de ceux qui ont monté l’Arabie saoudite contre Saad Hariri en raison de sa politique jugée bienveillante à l’égard du Hezbollah.

Les discussions de la Maison du Centre ont renvoyé en quelque sorte à ceux de Baabda, dans la mesure où il a été aussi question de la composition et de l’action du prochain gouvernement. Si, jusque-là, toutes les parties sont favorables à une accélération du processus de formation de la nouvelle équipe ministérielle, à la tête de laquelle le président souhaite nommer Saad Hariri, les avis restent partagés au sujet de sa configuration. Michel Aoun et Saad Hariri sont favorables à une équipe réduite, composée principalement de technocrates, qui plancheraient principalement sur le dossier économique, alors que le chef du Parlement reste attaché à un gouvernement dit d’union nationale au sein duquel tous les blocs parlementaires seraient représentés. Si les FL disent ne pas avoir de préférence pour l’un ou pour l’autre, elles insistent sur le fait que la nouvelle équipe ne doit pas une réplique de l’ancienne. « Pour ce qui est du gouvernement, j’ai formulé mon avis et le Premier ministre était très attentif. Nous avons besoin d’un nouveau démarrage, de nouveaux visages et d’un style d’action (gouvernementale) différent, pour ne pas avoir les mêmes résultats dont on se plaignait dans le passé. Au Liban, nous sommes à court de temps pour ce qui est de la situation économique et financière. Il n’y a plus de place pour les moitiés de solutions », a averti M. Geagea.


(Lire aussi : Les Marada planchent sur un bloc parlementaire transcommunautaire)


S’exprimant en faveur du non-cumul des fonctions de député et de ministre, le chef des FL a indiqué que son parti « ne tient pas à un portefeuille en particulier mais souhaite un gouvernement nouveau au sein duquel toutes les parties seraient représentées en fonction de leur représentativité parlementaire et populaire ». « Tout le monde ne parle que des parts, mais, pour nous, cela n’est pas important. Nous sommes prêts à rester en dehors du gouvernement et à le soutenir de l’extérieur s’il le faut », a-t-il dit.

Prié de dire s’il va nommer Saad Hariri lors des consultations contraignantes pour la formation du gouvernement, Samir Geagea s’est contenté de répondre par le sourire. Dans une interview à la télévision la semaine dernière, il avait expliqué que cette nomination devrait répondre à certaines conditions. Il a quand même affirmé que « ce qui réunit les Forces libanaises et le courant du Futur est plus important que ce qui les sépare ».

La réunion à la Maison du Centre s’est tenue en présence des ministres Melhem Riachi et Ghattas Khoury et de l’ancien ministre Bassem Sabeh.




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Wlek Sanferlou

Discussion de haut niveau!!?? Tant que hassan n'est pas inclu les hauts niveaux ne sont pas atteint.. avec les fusées du hezb le haut niveau est dans la stratosphère... Sauf si berri en est le porte parole...
Alors là la discussion est d'un tout autre niveau...
Allah yisseeiid el néss

Antoine Sabbagha

Avec les mêmes chefs de tribus rien ne va changer dans le pays , et la politique des confessions gouvernera l'avenir du Liban .

Irene Said

"Concertation de haut niveau" entre les mêmes incapables, qui osent encore nous promettre...quoi au juste ?
Nous avons constaté depuis des années qu'aucun d'eux ne se soucie vraiment du Liban, ni les politiques ni les religieux de toutes les couleurs et de toutes les allégéances aux sources des dollars !
Irène Saïd


RE-MARK-ABLE

Une ère nouvelle pour un Liban nouveau comme annoncé avant les élections du 6 Mai .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LA VISITE DU HAKIM A HARIRI EST DE BEAUCOUP PLUS IMPORTANTE !

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