X

À La Une

Les enquêteurs de l'OIAC attendus à Douma mercredi, selon Moscou

conflit

La Russie s'est engagée à "ne pas s'ingérer" dans le travail des experts, officiellement invités par les autorités de Damas.

OLJ/AFP
16/04/2018

Les experts de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) n'avaient toujours pas pu entrer lundi dans la ville syrienne de Douma pour y enquêter sur l'attaque au gaz présumée du 7 avril, la Russie invoquant des "problèmes de sécurité" et assurant que leur arrivée aurait lieu mercredi.

La mission de l'OIAC "n'a pas encore été déployée à Douma", a annoncé lundi à La Haye le directeur de l'organisation, Ahmet Uzumcu, lors d'une réunion d'urgence des Etats membres du conseil exécutif. La Syrie et la Russie ont invoqué des "problèmes de sécurité", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d'une "entrave" aux inspecteurs de l'OIAC de "sans fondement" et soulignant que la Russie était dès le début "pour une enquête impartiale".
Confirmant des "problèmes de sécurité", et notamment le fait que les routes menant à Douma devaient encore être débarrassées des mines, l'ambassade de Russie auprès de l'OAIC a ensuite assuré que l'arrivée des experts à Douma était prévue mercredi.  

La tension internationale ne faiblit pas après les frappes de représailles menées samedi par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre des sites militaires du régime de Bachar el-Assad, à la suite de l'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, dans la Ghouta, aux portes de Damas.  


(Lire aussi : Ce que l'on sait de la mission de l'OIAC en Syrie)


Travail d'enquête compliqué 
Les frappes occidentales, d'une ampleur inédite, sont intervenues malgré la présence en Syrie des enquêteurs de l'OIAC qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret. Ces experts ont pour mandat d'enquêter sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques, mais pas d'en identifier les auteurs. 

Leur travail s'annonce compliqué, plus d'une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous le contrôle du régime syrien et de la police militaire russe. Les derniers combattants rebelles de Douma ont quitté samedi la ville en ruines dans le cadre d'un accord de reddition signé le 9 avril, deux jours après l'attaque présumée. 

Les Etats-Unis soupçonnent par ailleurs la Russie d'avoir manipulé le site de Douma pour empêcher la découverte de preuves. "Les Russes pourraient avoir visité le site de l'attaque. Nous craignons qu'ils ne l'aient altéré dans l'intention de contrecarrer les efforts de la mission de l'OIAC pour mener une enquête efficace", a déclaré l'ambassadeur américain auprès de l'organisation, Ken Ward. "Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d'enquête de faire son travail", a-t-il ajouté. 

Moscou, grand allié de Damas, s'est engagé à "ne pas s'ingérer" dans le travail de la mission de l'OIAC, officiellement invitée par les autorités syriennes.

Le régime syrien nie que des armes chimiques aient été employées dans le drame de Douma, qui a fait au moins 40 morts et des centaines de blessés, selon les secouristes. 


(Lire aussi : Au Liban, des réactions limitées, à la mesure des frappes occidentales)



"Demander des comptes" 
Le Royaume-Uni a quant à lui exhorté l'OIAC à "demander des comptes aux auteurs de l'attaque". 
"Le régime syrien a une réputation odieuse d'utiliser des armes chimiques contre son propre peuple", a déclaré l'ambassadeur britannique à La Haye Peter Wilson. "Ne pas agir pour demander des comptes aux auteurs ne fera que créer le risque d'autres utilisations barbares d'armes chimiques, en Syrie et ailleurs", a poursuivi M. Wilson. 

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l'occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales.

Désormais, la priorité est le démantèlement total du programme chimique syrien, a déclaré l'ambassadeur français à La Haye, Philippe Lalliot. "Les faits sont là et têtus. Ils résistent aux mensonges les plus grossiers et aux dénégations les plus absurdes", a-t-il lâché, ajoutant qu'il n'y avait plus de doutes : "la Syrie a conservé un programme chimique clandestin depuis 2013". 

Cette année-là, après l'attaque au gaz sarin de la Ghouta, qui déjà avait fait plusieurs centaines de morts, le régime de Bachar el-Assad avait fini par rejoindre l'OIAC sous la pression internationale, et pris l'engagement formel de déclarer tous ses stocks et de ne plus jamais utiliser d'armes chimiques.

Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté à l'ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie. Une première réunion, au niveau des experts des quinze pays membres du Conseil de sécurité, était prévue lundi à partir de 18h30 GMT.
"Le but de cette résolution est clair : relancer une action collective pour le Conseil de sécurité sur le dossier chimique, pour protéger la population civile et travailler sur un règlement politique de la crise syrienne", a expliqué l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre.


Lire aussi
Ankara et Washington répondent aux déclarations de Macron sur la Syrie

La fessée est un plaisir qui se partage à deux, l'édito de Ziyad Makhoul

Quels sont les plans d’action de Damas et des Occidentaux après les frappes ?

Frappes en Syrie : un coup d’épée dans l’eau ?

Frappes occidentales en Syrie : le conflit généralisé évité

Les évacués de Douma sans illusion après les frappes occidentales en Syrie

"S'il y avait des armes chimiques, nous ne serions pas ici"

Après les frappes en Syrie, la France veut relancer la diplomatie à l'ONU

May face à une forte opposition politique aux frappes en Syrie

Frappes en Syrie : les Occidentaux ont privilégié l’option la plus modérée 

Aoun : Ce qui s'est passé en Syrie n'aide pas à trouver une solution politique

Frappes occidentales en Syrie : les principales réactions

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Remy Martin

Surprenant ? Pas du tout ? Hein ?

Irene Said

Donc on veut nous faire croire que la puissante Russie et la Syrie qui contrôlent une grande partie de ce pays ne sont pas capables d'assurer la sécurité de quelques inspecteurs de l'OIAC...?
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES RUSSES QUI AVAIENT ENVOYE LEUR POLICE A DOUMA AVEC LES SOLDATS DU REGIME DEPUIS TANT DE JOURS ONT EU AMPLEMENT LE TEMPS DE NETTOYER LA PLACE... L,OIAC NE TROUVERA RIEN !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BIZARRE ! ON SE FAIT DE LA BILE ET ON LANCE DES REPRESSAILLES POUR UNE QUARANTAINE DE MORTS AU GAZ ET ON FAIT LA SOURDE OREILLE ET L,AVEUGLE POUR LA MORT DE CENTAINES DE MILLIERS DE GENS PAR LES BARILS EXPLOSIFS QUI LES DECHIQUETENT ET LES BOMBARDEMENRS CRIMINELS !

Dernières infos

Les signatures du jour

Un peu plus de Médéa AZOURI

L’arnaque à la libanaise

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Soutenez notre indépendance!