Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

L’ESA : une formation diversifiée et de pointe en management

Photo DR

27/03/2018

L’ESA fête cette année ses 22 ans. Ayant pour vocation d’assurer aux jeunes bacheliers ou à des professionnels et des cadres supérieurs une formation spécialisée en management, elle a été fondée en 1996 sur base d’un accord intergouvernemental entre la France et le Liban. Pour les jeunes qui envisagent des études universitaires en gestion d’entreprises (business administration) ou qui souhaiteraient opter pour une carrière technico-commerciale (génie + gestion d’entreprise), l’ESA offre des perspectives de spécialisation de haut niveau dans ce domaine, en plus de la formation post-bac.
On doit au départ une telle initiative à l’Alumni (association des anciens) de l’École française des hautes études commerciales (HEC), et plus particulièrement à son président de l’époque, Fayek Abillama, qui souhaitait doter le Liban d’une institution comparable aux grandes écoles de commerce françaises. Il s’est adressé à l’ambassadeur de France alors en poste à Beyrouth, Jean-Pierre Lafon, qui a rapidement accueilli favorablement sa proposition et a mis à sa disposition pour la réalisation du projet le terrain de l’ancienne chancellerie française, à la rue Clemenceau. Parallèlement, il a ouvert la voie à une étroite collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Ce petit historique des origines de l’ESA met en évidence la solidité de la formation académique et professionnelle assurée par cet établissement.
L’ESA a été inaugurée en grande pompe en 1996 par le président français Jacques Chirac et le Premier ministre libanais Rafic Hariri. En sa qualité d’homme d’affaires, de leader politique et de haut responsable officiel, Rafic Hariri avait vu en l’ESA un « projet politique fort à une époque où le Liban, plongé dans la reconstruction d’après-guerre, manquait de cadres formés au management économique », explique Cheryl Matar, responsable marketing à l’ESA.

Le fonctionnement de l’établissement reflète une étroite collaboration entre la France et le Liban dans ce domaine. Le Conseil de surveillance compte ainsi parmi ses membres l’actuel ambassadeur de France Bruno Foucher et le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé. L’ESA est également liée à la France par ses nombreux partenariats avec une quarantaine de grandes écoles et d’entreprises telles que HEC, L’Oréal et la Chambre de commerce et d’industrie de Paris.
Pour la plupart des cursus, les étudiants peuvent faire un semestre ou plus dans les universités partenaires avec des doubles diplômes à la clé. Et la plupart des professeurs de l’ESA viennent de France.

Admissions : la barre est placée haut
« Ce côté francophile n’empêche pas l’ESA d’être proche du tissu économique libanais, explique Cheryl Matar. Nous sommes en contact direct avec un grand nombre de partenaires économiques libanais qui offrent à nos étudiants des opportunités d’emploi ou de stage. » Et la plupart des cours, surtout au niveau des masters, sont dispensés soit en anglais soit en français. L’admission en masters se fait sur une base francophone ou anglophone, en ce sens qu’elle est liée à de bons résultats au GMAT, un test universel anglosaxon, ou au TAGE-MAGE, système d’évaluation auquel ont recours les écoles de commerce en France.
Globalement, pour entrer à l’ESA, il faut placer la barre assez haut. Au niveau post-bac pour le « Bachelor in Business Administration » (licence en administration commerciale, enseignée en français), le bac français avec une bonne moyenne est indispensable, et avoir de l’expérience peut augmenter les chances d’admission. Pour certains masters, il faut passer des tests de langue, des entretiens et des examens standardisés, et souvent avoir entre 3 et 10 ans d’expérience dans les métiers de gestion. « Nous recherchons les leaders de demain, donc des profils ambitieux, travailleurs, ayant l’esprit d’initiative », souligne Cheryl Matar.
 
Un cursus pour développer le leadership économique du Liban
Le but des formations de l’ESA est relativement simple : former les élites économiques du Liban grâce à l’expertise française et locale. Si le Bachelor est relativement pluridisciplinaire, les masters, diplômes universitaires et doctorats sont de plus en plus spécialisés et prestigieux, comme le veut le modèle français des grandes écoles, comme HEC ou Sciences Po.
Dans ce cadre, l’ESA ne dispense pas que des enseignements théoriques de finance, de gestion et de recherche, mais aussi un savoir-faire fondé sur le leadership. «Nous développons les soft skills de nos étudiants, notamment en leur proposant des cours de théâtre, de prise de parole en public, etc. », explique Cheryl Matar.
L’établissement mise sur la qualité plutôt que sur la quantité, en proposant un choix de cursus plus restreint (une seule licence et cinq masters), mais en favorisant les petites classes avec des professeurs issus du prestigieux système français des grandes écoles. Il va étoffer son offre à la rentrée 2018 en créant deux nouveaux masters. « Nous cherchons à améliorer la dimension entrepreneuriale de l’ESA, telle qu’encouragée par la Banque du Liban par sa circulaire 331 », explique Mme Matar. C’est dans ce contexte que l’école rénove le bâtiment qui hébergera son incubateur de start-up (la Smart ESA) et qu’elle lance l’Institut Charles de Gaulle, un « centre de réflexion sur le leadership ».


L'ESA en images:


Stéphane Attali : L’incubateur de l’ESA a contribué à créer des emplois

« Permettre aux cadres libanais de bénéficier des meilleures formations et expertises françaises, tout en restant chez eux et en contribuant par leur savoir spécialisé à la croissance économique dans le pays. » C’est en ces termes on ne peut plus explicites que le directeur de l’École supérieure des affaires (ESA), Stéphane Attali, a défini la vocation que s’est fixée ce prestigieux établissement dès sa fondation en 1996.
Située sur le site verdoyant, enchanteur et calme de l’ancien siège de l’ambassade de France, à la rue Clemenceau, l’ESA – spécialisée en gestion et administration des entreprises – assure une formation de haute qualité aux jeunes qui aspirent à « devenir les leaders de demain », comme on peut lire sur le site web de l’institution.
Évoquant les liens de partenariat que l’ESA a tissés avec les établissements universitaires français les plus prestigieux, Stéphane Attali insiste sur le fait que « dès le départ, nous avons parié sur l’excellence, nous avons donc placé la barre très haut ».
Le plus grand accomplissement à l’actif de l’École supérieure des affaires est à n’en point douter l’incubateur de start-up, mis en place après la circulaire 331 du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé. Stéphane Attali souligne sur ce plan que cette décision a reflété une politique volontariste de la Banque centrale pour aider les jeunes entrepreneurs à se lancer sur le marché du travail. « L’incubateur vise à créer un environnement propice aux start-up », souligne M. Attali qui explique la procédure de sélection des entreprises bénéficiaires : « Tous les trois mois, nous faisons appel à des start-up pour choisir celles que nous allons soutenir. Cela répond à des critères bien spécifiques. Il s’agit, entre autres, du travail d’équipe, de l’innovation et du modèle économique. »
C’est avec fierté que le directeur de l’ESA constate que ce projet a efficacement contribué à la lutte contre le chômage, à la création d’emplois et à la croissance économique. « L’expérience sur ce plan est très concluante, et nous la poursuivrons », lance Stéphane Attali sur un ton déterminé. Ce bilan positif l’encourage à aller de l’avant en dépit de la crise économique que connaît le pays à l’heure actuelle.
À cette détermination, le directeur ajoute un élément important : tous les étudiants de l’ESA parviennent à trouver des emplois, dans certains cas avant même la fin de leur parcours universitaire.

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