Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

Les métiers du pétrole : de nouveaux horizons s’ouvrent aux jeunes

27/03/2018

Le Liban a signé en février 2018 ses premiers contrats pour l’exploration et la production d’hydrocarbures offshore. Il est donc naturel qu’aujourd’hui, plus que par le passé, les jeunes Libanais s’intéressent à l’industrie pétrolière et gazière et choisissent de faire des études dans ce domaine. Les formations liées à ce secteur sont nombreuses : la géologie, la géophysique, l’ingénierie et la finance. Autant de filières qui génèrent une multitude d’opportunités de travail.
Quelles sont ces formations ? Quelles sont les compétences et les études requises pour les suivre ? Quels sont les avantages et les contraintes du métier ? L’Orient-Le Jour fait le point avec Nicolas Hawie, jeune Franco-Libanais de 30 ans, docteur en géosciences et chef de projet en exploration pétrolière à l’Institut français du pétrole. Il a débuté son parcours par des études de géologie à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) puis s’est spécialisé en géosciences pétrolières à l’Imperial College de Londres grâce à une bourse d’études d’Exxon Mobil. Aujourd’hui, M. Hawie est chef de projet à Paris pour des clients internationaux, plus précisément du Moyen-Orient, comme Saudi Aramco, Kuwait Oil Company, ADCO, ADMA, Statoil, Shell, Exxon Mobil, Total, Nexen et OERA.

Les principaux métiers de l’exploration et de la production pétrolière et gazière
 
« L’industrie pétrolière et gazière se caractérise par une diversité de métiers interagissant entre eux tout au long de la chaîne de l’exploration des ressources naturelles et de leur production, explique Nicolas Hawie. Ces métiers, découlant des domaines de la géologie, la géophysique, l’ingénierie et la finance, contribuent au développement de cette industrie aux revenus totaux annuels avoisinant 1,25 trillion de dollars. »

La géologie pétrolière
« Il s’agit d’une discipline à part entière qui permet l’étude de la structure, la composition et l’évolution du paysage et la nature des couches rocheuses du sous-sol. Cette discipline fait appel à plusieurs spécialisations qui interviennent suivant le stade du projet d’exploration et de production, explique M. Hawie. Un géologue pétrolier acquiert les données de terrain (échantillons de roches, mesures de pendage de strate, localisation de failles…), les analyse à l’échelle régionale et locale tout en évaluant la possibilité de présence d’hydrocarbures dans le sous-sol. »
« Suite à une potentielle découverte, le géologue peut se voir intervenir sur le chantier de forage (à terre ou en mer) pour contribuer à l’exploitation des ressources. Il travaille souvent en équipe avec les différentes disciplines d’ingénierie et de géophysique pour fournir un travail intégré », poursuit-il
Études universitaires nécessaires: un Master of Science est un minimum requis pour se lancer dans une carrière réussie. Pour une spécialisation et une expertise technique approfondie, un doctorat en géosciences est recommandé.
 
La géophysique
« Elle représente l’étude des caractéristiques physiques du sol. Différentes techniques sont utilisées par les géophysiciens pour mesurer indirectement la composition et la structure du sous-sol, par exemple la gravimétrie, la sismologie, le géomagnétisme, le radar... » explique M. Hawie.
« En prospection pétrolière, la géophysique représente un outil d’investigation qui permet de mieux identifier les zones d’intérêt pétrolier du sous-sol. Un géophysicien peut intervenir sur le terrain, sur un bateau, ainsi qu’au sein des bureaux pour traiter et interpréter les différentes données », ajoute-t-il.
Études universitaires nécessaires: un Master of Science est un minimum requis pour se lancer dans une carrière réussie. Pour une spécialisation et une expertise technique approfondie, un doctorat en géosciences/géophysique est recommandé.

L’ingénierie pétrolière
« Il s’agit d’une branche consacrée à la simulation dynamique et la production d’hydrocarbures ainsi qu’à la maximisation des facteurs de récupération du pétrole et du gaz du sous-sol », résume le spécialiste.
Selon lui, plusieurs métiers contribuent à cette discipline : l’ingénierie de réservoir, qui a pour but l’optimisation de la production de puits à travers l’interprétation de données à l’échelle fine des champs et des réservoirs, ainsi que la modélisation numérique des écoulements de fluides des formations rocheuses dans les tiges de forage.
« Un ingénieur réservoir planifie et met en place des stratégies de forage en collaboration avec les géologues et les géophysiciens. Lors de découvertes concrétisées, un ingénieur pétrolier peut intervenir sur le site pour la surveillance des forages, l’analyse de la production et la récupération assistée du pétrole. L’ingénierie de raffinage intervient en fin de chaîne », explique M. Hawie.

Études universitaires nécessaires: Un Bachelor in Engineering est un minimum requis pour lancer sa carrière. Une spécialisation professionnelle (master professionnel) permettra d’acquérir des compétences ciblées vers l’industrie pétrolière.

Compétences requises, contraintes et avantages du métier

Les compétences requises
Que l’on choisisse la géologie pétrolière, la géophysique ou l’ingénierie pétrolière, il faut « avoir un solide bagage scientifique et une bonne maîtrise de l’informatique, mais aussi être curieux et rigoureux, affirme M. Hawie. Il faut aussi aimer travailler en groupe, être à l’aise à l’oral comme à l’écrit et être capable de s’adapter à différents situations et défis. »

Les difficultés et contraintes du métier
En choisissant ces formations, l’étudiant doit savoir qu’à l’avenir, dans son travail, il devra gérer de larges volumes de données multidisciplinaires et passer de longues journées face à l’écran, explique l’expert. Il devra également être flexible « en raison de l’importante mobilité de son travail ». Il rappelle en outre que « le travail est très dépendant des cours du pétrole, et il faut savoir gérer le stress quotidien résultant du rythme rapide de l’industrie ».

Les avantages
« Ces formations stimulent constamment l’intellect et imposent une ouverture d’esprit critique soutenue par de l’argumentation scientifique », note le responsable, qui souligne que « grâce à la mobilité et à l’expatriation, ces formations forgent le caractère et donnent lieu à l’interaction multidisciplinaire et multiculturelle ». S’ajoutent à cela de bonnes conditions d’évolution de carrière au sein de l’industrie.

Étudier au Liban
Plusieurs cursus sont proposés par certaines universités libanaises pour se lancer dans ce domaine mais, selon M. Hawie, la spécialisation à l’échelle des études supérieures de master et doctorat se doit d’être améliorée. « Cela contraint donc les Libanais voulant se spécialiser dans l’une des disciplines pétrolières à recourir aux institutions académiques internationales, qui tissent des liens forts avec l’industrie pétrolière », dit-il. Le jeune expert recommande donc aux étudiants de participer à des stages et des formations professionnelles lors de leur parcours et de choisir des institutions académiques influentes.
Voici un aperçu des différents programmes universitaires au Liban qui sont directement ou indirectement liés au secteur pétrolier :

American University of Beirut
(AUB)

Bachelor and Master of Science in Geology, Petroleum Geosciences – Faculty of Arts and Sciences. Bachelor and Master of Science in Physics, Chemistry, Computer Science, Mathematics – Faculty of Arts and Sciences. Bachelor of Engineering : Engineering (fundamentals of Petroleum Engineering – Chemical Engineering) – Faculty of Engineering and Architecture.

Lebanese American University
(LAU)

Bachelor of Engineering : Petroleum Engineering – School of Engineering. Bachelor of Science in Applied Physics – School of Arts and Sciences.

L’Université de Balamand :
Bachelor and Master of Engineering in Chemical Engineering (Petroleum Major).
Bachelor and Master of Science in Chemistry, Physics, Mathematics, Computer Sciences – Faculty of Sciences.

Université Saint-Joseph
(USJ-ESIB)

Licence en chimie, mathématiques, physique. Master en physique. Master Oil and Gas : exploration, production et management. Doctorat en chimie, mathématiques, physique.

L’Université libanaise
Bachelor of Science in Petroleum Geology – Faculty of Science. Bachelor and Master of Science in Chemistry, Physics, Computer Science, Mathematics.

L’Université Saint-Esprit de Kaslik
(USEK)

Bachelor of Science Chemistry – Faculty of Science. Bachelor and Master of Science in Computer Science – Faculty of Science. Master of Science in Petroleum Engineering – Faculty of Engineering.

Notre Dame University
(NDU)

Bachelor of Engineering in Petroleum Engineering – Faculty of Engineering.
Bachelor of Science in Environmental Science – Faculty of Natural and Applied Sciences. Bachelor of Science in Physic, Industrial Chemistry – Faculty of Science.

Beirut Arab University
(BAU)
Bachelor of Engineering in Petroleum Engineering – Faculty of Engineering.

« Tout cursus d’ingénierie et de sciences naturelles peut mener à un master spécialisé dans le domaine pétrolier, résume M. Hawie. Une reconversion peut être assurée par différentes institutions académiques locales ou internationales.» Il propose pour une spécialisation à l’étranger de se référer aux institutions académiques de renommée internationale suivantes :
University of Texas Austin ; University of Texas A&M ; Colorado School of Mines ; Stanford University ; Imperial College London; Heriot Watt Institute of Petroleum Engineering, University of Aberdeen ; University of Leeds ; Royal Holloway University ; IFP School ; Université Pierre et Marie Curie Paris 6 ; Institut de physique du globe de Paris ; RTWH Aachen; University of Alberta ; University of British Columbia ; University of Calgary ; University of Stavanger; Norwegian University of Science and Technology.

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