Spécial Orientation professionnelle / Édition 3

L’Université Saint-Joseph : diversification des formations, ouverture sur le monde et recherche

Un campus verdoyant en dépit de son emplacement au coeur de Beyrouth. Photo DR

27/03/2018

L’Université Saint-Joseph est l’une des plus vieilles universités du Liban, fondée en 1875 par les pères jésuites, devenant ainsi la première institution universitaire catholique et francophone du Liban. Aujourd’hui, elle est l’une des universités les plus réputées de la région : le classement QS la classe parmi les 500 meilleures au monde, dont la 2e au Liban et la 12e au Moyen-Orient. « Malgré une forte concurrence provenant du monde anglophone, nos effectifs restent stables », explique Fouad Maroun, secrétaire général de l’USJ. L’université, en effet, se défend au niveau linguistique. Si la majorité des cours sont en français, la mise en place récente de spécialités en anglais et en arabe a permis de réaffirmer son côté international. Elle souligne également l’importance de ses centres de recherche et ses nombreux instituts. En médecine, elle jouit d’une collaboration très étroite avec son CHU, l’Hôtel-Dieu de France. Ses centres de soins sont également ouverts au public à des prix réduits, et permettent aux étudiants de faire des stages. « En recherche, nous avons une forte volonté d’être parmi les meilleurs. Nos professeurs sont tous enseignants-chercheurs », relève M. Maroun.

L’USJ de plus en plus ouverte au monde anglophone
Pour rester dans la course, l’USJ mise sur l’international. De plus en plus de formations sont proposées en anglais, surtout au niveau des masters (comme les masters Oil and Gas, Business, Banking, Hotel management, Human Resources). Les étudiants se doivent d’être trilingues à la fin de leurs études : le niveau des étudiants est certifié par un test de langue à la fin de leur cursus.
L’USJ a établi des conventions avec 240 universités de 33 pays. « L’un de nos meilleurs atouts est la formation en binôme avec des universités partenaires, notamment en management, en droit et en sciences politiques », indique Fouad Maroun. « Beaucoup de nos intervenants viennent de France, précise-t-il. C’est une grande richesse pour nos formations. » L’USJ abrite un Institut Confucius et un Centre académique japonais, les seuls du Liban. Le Confucius fête d’ailleurs ses 10 ans, signe de son succès.

De nombreuses formations rares
L’USJ propose l’un des plus larges éventails de possibilités en matière de formation, avec des cursus relativement rares comme l’orthophonie, la psychomotricité, l’ergothérapie (proposée depuis 2 ans), l’Institut d’études islamo-chrétiennes, l’assurance et même la sécurité routière !
Parmi les cursus récents, créés il y a un an, l’USJ compte des licences en arts culinaires, en management hospitalier, en sciences informatiques, un master en arabe sur la démocratie et les droits de l’homme, ou en Data Science, un doctorat en sciences économiques, un autre en information et communication et un cursus de génie pétrochimique, ainsi que l’Institut supérieur de santé publique (ISSP).
« L’année 2018 sera celle du numérique et des innovations technologiques. Nous réfléchissons aux formations que nous allons créer dans quelques années : web science, cloud data… Pour l’instant, nous investissons dans les beaux-arts », explique M. Maroun. En effet, l’USJ va proposer un cursus d’architecture et une école de musique en 2019.
L’université affirme aussi promouvoir des masters ouverts aux différentes licences, afin que les étudiants puissent opter pour des parcours flexibles et pluridisciplinaires.

Une vie étudiante de plus en plus diversifiée
« Contrairement à ce qu’il ressort de notre réputation, nous bénéficions d’une vie étudiante très active, que nous essayons de mettre en évidence », confie M. Maroun. Ainsi, les étudiants peuvent intégrer des services de bénévolat (dont l’Opération 7e jour), une trentaine de clubs, des équipes de sport… «Notre club de débat atteint un haut niveau d’excellence. Notre chœur est réputé : il a pu participer au très prestigieux Beirut Chants ! » précise le secrétaire général.
L’USJ s’est implantée dans trois centres délocalisés, à Saïda, Tripoli et Zahlé, qui proposent les formations les plus demandées sur place, comme par exemple le génie agroalimentaire dans la Békaa. Chaque centre dispose d’une cafétéria et des services sociaux et administratifs de base. « Ce sont de petites structures, entre 100 et 300 étudiants, qui proposent une vie estudiantine plus conviviale, presque familiale, par rapport à nos 10 000 étudiants à Beyrouth », souligne M. Maroun, qui insiste sur son attachement aux préceptes fondateurs jésuites : « Chez les étudiants, nous ne demandons pas l’excellence, mais que chacun donne le meilleur de lui-même, en perpétuelle amélioration de soi. »

Le R.P. Sélim Daccache : « Former les étudiants à l’esprit citoyen et au respect mutuel »

Le recteur de l’Université Saint-Joseph, le père Selim Daccache, expose dans les lignes qui suivent les origines et les spécificités de l’USJ.
« Les pères jésuites, aidés par la France officielle à l’époque, qui ont fondé l’Université en 1875 ont voulu apporter une réponse à un besoin : donner une formation supérieure aux jeunes qui sortaient des écoles libanaises à cette époque-là et ne pouvaient pas accéder à des universités, avec le souci d’avoir une élite intellectuelle dans les différents domaines du savoir, souligne le Père Selim Daccache. Ils ont voulu une formation de grande qualité pour contribuer au développement professionnel et personnel de chacune et de chacun, mais aussi au  Liban comme nation et Etat depuis 1920. C’est ainsi que les facultés de médecine, de droit et de génie ont été fondées. L’adage dit que c’est l’USJ qui a soigné, légiféré et construit le Liban ».
En quoi l’USJ fait-elle différence avec les autres Universités ? Le Père Daccache souligne sur ce plan : « Nos étudiants retiennent au moins trois éléments qui  marquent la différence : le premier est la valeur du diplôme reconnu pour son excellence et sa grande valeur. Tous sont des passeports pour le marché du travail; ils sont reconnus par  le ministère de l’Enseignement  supérieur au  Liban et par tous les pays qui  reconnaissent  le système des crédits européens, y  compris ceux qui suivent  les systèmes américain et  britannique. Dans le monde arabe, les diplômes de l’USJ sont validés, des dizaines de milliers de nos diplômés y travaillant ».
Et le père Daccache de poursuivre : « Le deuxième point de différence est la formation de l’intelligence de la personne ; il ne s’agit pas de remplir la tête de connaissances qui existent partout, mais plutôt de former la tête, d’apprendre à tout jeune comment réfléchir, se comporter devant une difficulté, savoir trouver des solutions, répondre aux difficultés et aux problèmes et savoir-faire un jugement  juste. Cela ne se trouve que rarement dans d’autres institutions, car l’USJ s’appuie sur une longue tradition pédagogique qu’elle transmet à ses maîtres : le secret éducatif des jésuites ».
« Le troisième élément est le trilinguisme, souligne le Père Daccache. Autres que l’arabe et le français, l’université cherche à parfaire la maîtrise de l’anglais. Maîtriser plusieurs langues est un excellent moyen de multiplier ses opportunités d’obtenir un emploi. Les compétences linguistiques sont très prisées dans une variété de secteurs et domaines, tels que le tourisme, le service à la clientèle, le commerce, les soins de la santé, l’hôtellerie, la fonction publique ».

Quels sont les objectifs fixés pour les 150 ans de l’USJ ? Le Père Daccache indique à ce sujet : « Nous continuons à nous assurer que nos programmes sont toujours de qualité et veillons à ce que nos programmes correspondent et s’accommodent avec   ce qui est exigé du marché, car des dizaines de métiers disparaîtront au profit de nouveaux qui apparaissent. L’USJ, comme nous le savons de par le pluralisme confessionnel, politique et social de ses étudiants, est un résumé du Liban d’aujourd’hui. Nous aurons un travail soutenu à accomplir pour former tous nos étudiants à l’esprit citoyen, au respect mutuel par l’écoute et le dialogue. Nous poursuivons aussi les projets de construction, comme les parkings ou les nouveaux campus qui sont prévus et qui obéiront aux normes de l’Université verte ».

Service d’orientation gratuit ouvert à tous

L’USJ propose des rendez-vous d’orientation et de réorientation gratuits à tous les étudiants, même étrangers à l’USJ. Contact: 01-421128 ou service.orientation@usj.edu.lb

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué