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Le gouvernement veut que le budget 2018 soit approuvé avant les élections

Liban

Le projet de budget 2018 ne contiendra "aucune mesure fiscale supplémentaire", affirme Ali Hassan Khalil. 

C.G. | OLJ
19/02/2018

Le gouvernement a décidé lundi d'établir une commission ministérielle pour étudier le budget national pour l'exercice 2018 qui devra être adopté avant la fin du mandat de la Chambre en mai et ne prévoit pas de taxes supplémentaires.

A l'ouverture de la réunion qui s'est tenue sous sa présidence au palais de Baada, le chef de l'Etat, Michel Aoun, a appelé à approuver "le plus rapidement possible le projet de budget afin de l'envoyer au Parlement".  Il a en outre demandé au gouvernement de réduire les dépenses dans le budget 2018 : "le volume actuel des dépenses fait augmenter le déficit de l'Etat", a-t-il souligné.De son côté, le Premier ministre, Saad Hariri, a annoncé dans son allocution au début de la séance qu'il allait convoquer plusieurs réunions gouvernementales afin de finaliser rapidement le projet de budget 2018. Il a insisté sur "l'importance d'adopter de nouvelles réformes, et de stabiliser la dette publique". M. Hariri a dans ce cadre appelé les ministères à respecter les directives de la circulaire publiée fin janvier, qui requérait une diminution de 20% des dépenses dans toutes les administrations publiques.


Budget 2018
"Nous sommes déterminés à approuver le budget le plus rapidement possible", a affirmé le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, à l'issue du Conseil. Le ministre a dans ce cadre annoncé la création d'une commission ministérielle en charge de l'étude du projet actuel, soulignant que "le budget peut être clôturé en quinze jours, d'ici la fin du mois, afin qu'il soit adopté avant la fin du mandat de la Chambre". Des élections législatives sont prévues le 6 mai.

Le Liban a adopté en octobre 2017, et avec dix mois de retard sur le calendrier prévu par la Constitution, sa première loi des finances après douze années passées sans budget d'Etat en raison de tensions politiques. Si cette adoption avait été saluée, notamment par les agences de notation financière, le Liban a déjà pris du retard dans le processus d'adoption du budget pour 2018.

Ali Hassan Khalil a affirmé que "le déficit est de près de 8.000 milliards de livres" (5,3 milliards de dollars). Il a souligné l'importance de "réduire les dépenses actuelles de 20%" et d'adopter "des mesures radicales pour diminuer le coût de la dette publique". Le ministre des Finances a assuré que "le budget ne contient pas de nouvelles mesures fiscales".


(Lire aussi : Le Liban plus fragile depuis la crise de novembre, selon le FMI)



La production d'électricité et la grève des journaliers
Outre le budget, la question de la production d'électricité a également été abordée par le président de la République qui a insisté sur l'importance de résoudre cette question "le plus rapidement possible". "Le déficit budgétaire lié à l'électricité est élevé, 2.200 milliards de livres libanaises sont consacrés à ce dossier, ce qui correspond à près de 8% du budget", a ajouté le chef de l'Etat. Il a relevé que "les consommateurs paient deux factures d'électricité, celle de l'institution publique Electricité du Liban et celle des générateurs privés dont le montant dépasse souvent celui de la facture du fournisseur public". "Si EDL augmente sa production, cela permettra de faire baisser la facture des générateurs, ce qui aura un impact positif pour les consommateurs, EDL et le déficit budgétaire", a-t-il insisté. 

La semaine dernière déjà, le président avait enjoint le gouvernement de trouver des solutions au problème de la production d'électricité. "Je trouve inadmissible qu’une seule réunion du Conseil des ministres se tienne encore sans que l’on n’ait réglé cette question, avait fulminé M. Aoun. Je n’accepte plus que la situation demeure en l’état. Je suis prêt à m’adresser aux médias et à dire franchement que le gouvernement a failli dans sa gestion de ce dossier."

Le chef de l'Exécutif a, lui, évoqué la manifestation organisée ce matin par les journaliers d'EDL qui demandent leur titularisation au sein de l'organisme public. "Il faut trouver rapidement des solutions aux causes de ces manifestations et veiller à la préservation des bâtiments publics", a-t-il souligné, appelant à ce que les personnes ayant causé des dommages au sein des institutions publiques lors de manifestations "répondent de leurs actes devant la justice".

A ce sujet, le ministre de l'Energie, César Abi Khalil a estimé à son arrivée au Conseil que la question pourrait être réglée par la loi n° 287. Cette loi, votée par le Parlement en 2014, institue un concours administratif afin de permettre à une partie des journaliers d'intégrer les effectifs de l'établissement public.

Les prêts immobiliers et les intempéries
Le chef de l'Etat a par ailleurs appelé à résoudre la question des prêts immobiliers "en coopération avec le ministère des Affaires sociales, la Banque du Liban et les banques accordant des prêts de ce genre". 

L’Etablissement public de l'habitat rencontre actuellement des difficultés pour convaincre les banques de financer ses demandes de prêts. Ces difficultés sont survenues après que la Banque du Liban a durci les modalités d’accès à son enveloppe d’environ un milliard de dollars de prêts subventionnés, débloqués dans le cadre de son dernier plan de relance de l’économie libanaise. Or l’EPH, fondé en 1999 pour remplacer la Caisse indépendante de l’habitat, agit comme un intermédiaire entre les emprunteurs et les banques. Selon le mécanisme consacré, les ménages qui contractent un prêt via l’EPH ne remboursent que le capital aux banques pendant les 15 premières années, pendant que l’établissement prend de son côté en charge les intérêts pendant cette période. Les bénéficiaires remboursent ensuite à l’EPH les sommes engagées par ce dernier à leur place, diminuant ainsi le coût du crédit.

S'exprimant pour sa part sur les intempéries qui ont touché le Liban au cours du week-end, le chef de l'Exécutif a  annoncé avoir demandé au Haut comité de secours d'inventorier les dégâts causés par la tempête, afin d'assurer le versement de compensations aux personnes concernées. Il a également annoncé avoir demandé à l'armée de se charger des réparations nécessaires, en partenariat avec les organismes concernés. 



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Hariri ordonne au secteur public de baisser de 20 % son budget de 2018


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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PRIERE LIRE ET LE THEATRE CONTINUE... MERCI.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ET LA THEATRE CONTINUE...

LA TABLE RONDE

Tout sera possible tant que l'unité du gouvernement est fait sous la bonne garde des moutons béleurs, même agacés par les ânes qui BRAIENT à longueur de journée.

Quand l'ignorance parle haut et fort en plus .

Irene Said

Monsieur Michel Aoun,

et si tous les responsables-incapables dans votre gouvernement qui ont poussé à bout de nerfs

"les personnes ayant causé des dommages au sein des institutions publiques lors de manifestations"

devaient aussi une bonne fois pour toutes "répondre de leurs actes devant la justice" ?
Irène Saïd

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