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Moyen Orient et Monde

« L’Arménie veut sensibiliser le monde sur la question des génocides »

Haut-Karabakh

Samvel Mkrtchian, l’ambassadeur d’Arménie au Liban, revient sur le conflit entre son pays et l’Azerbaïdjan.

07/02/2018

Juillet 1916 est en théorie une date qui marque la fin d’une tragédie, mais la théorie est tragiquement inexacte. Le génocide arménien reste ainsi une réalité en 2018, estime l’ambassadeur d’Arménie au Liban, Samvel Mkrtchian, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour.

Dans le Caucase, un conflit armé débute en 1988 suite à une initiative « pacifique » entreprise par des Arméniens vivant au sein de l’Azerbaïdjan soviétique, particulièrement dans la région autonome du Haut-Karabakh. Cette initiative, source du conflit, avait pour but de réclamer les droits et la sécurité pour la communauté arménienne qui vit dans l’Azerbaïdjan soviétique. Il faut revenir à l’histoire afin de comprendre le conflit. La région du Karabakh a été conquise par l’Empire russe en 1828. Moins d’un siècle après leur indépendance, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont réclamé ce territoire jusqu’en 1923. Or, après la soviétisation, la région du Karabakh a été divisée en différentes unités administratives et intégrée de force à l’Azerbaïdjan soviétique, tout en ayant une population à majorité arménienne. Cette région, appelée par la suite Nagorno (Haut) Karabakh, vu qu’elle est encerclée par les montagnes de l’Azerbaïdjan, n’a pas de frontières communes avec l’Arménie. Dès son rattachement à l’Azerbaïdjan, cette population, affirme l’ambassadeur, a été victime d’une discrimination ethnique visant à sa disparition progressive.

Mais la question du génocide n’est pas là, elle débute dans la ville de Sumgaït, il y a 29 ans. Comme le précise M. Mkrtchian, « en 1988, le mouvement du Haut-Karabakh a débuté en demandant l’indépendance et l’autonomie de la région de manière pacifique et respectueuse du droit interne et international. Les autorités de l’Azerbaïdjan ont rétorqué de manière violente en tuant la communauté arménienne de Sumgaït. Les soldats ont exterminé des civils, détruit des maisons et des familles tout entières. C’est ainsi que le conflit armé, aux allures évidentes de génocide, a débuté ». M. Mkrtchian dénonce « le manque de réactivité des autorités soviétiques face à ce néogénocide arménien », ajoutant qu’outre les conflits locaux, « la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan, refuse les discussions diplomatiques avec l’Arménie, qui accepte quant à elle de faire des concessions en dépit du passé conflictuel que partagent les deux pays ».


Médiations insuffisantes

M. Mkrtchian rappelle qu’une résolution qui condamne le massacre de Sumgaït a été adoptée par le Parlement européen en 1988. Mais 29 ans après cette résolution, la politique antiarménienne persiste en Azerbaïdjan et les soldats n’arrêtent pas de tirer à la frontière, malgré le cessez-le-feu déjà existant, note-t-il. Un comité de médiation a été mis en place, le « groupe de Minsk », de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les pays médiateurs étant les États-Unis, la Russie et la France, mais les résultats sont peu satisfaisants. Certains États des USA, notamment la Californie, Maine, Rhode Island et le Massachusetts, ont voté des résolutions en faveur de la république du Haut-Karabakh. La France, par la voix du président Emmanuel Macron, a assuré qu’elle souhaite que le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan soit résolu de manière pacifique. L’ambassadeur d’Arménie a assuré que « M. Macron est d’un grand soutien dans le conflit actuel, ainsi que dans la sensibilisation sur la question des génocides de manière plus générale ».

À noter que malgré le fait que la République du Haut-Karabakh n’est pas membre de l’ONU, elle a des représentants dans quelques capitales, dont Beyrouth.

L’ambassadeur espère éveiller l’attention de la communauté internationale sur ce sujet. « Mon pays veut sensibiliser le monde sur la question des génocides », conclut-il.


Pour mémoire

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Josna Asmae

Cet article est bourré d’inepties et, est d’une violence masquée, lisible en filigrane, à l’égard de la communauté d’Azerbaidjan.
Tant l’auteur de cet article que le journaliste qui en est à l’origine devraient en avoir honte. De nombreux faits, sont complètement faux. L’arménie n’est sans nul doute, un des pays les moins bien placés pour parler et représenter ce crime contre l’humanité abominable qu’est le génocide, dès lors que l’arménie elle-même a commis ce crime contre le peuple Azérbaidjannais et notamment en 1992-1993. Je demande aux lecteurs de cet « article » de se référer, entre autres, aux résolutions des nations Unies ou à la position de l’UE, ou tout simplement de suivre l’actualité pour constater simplement qu’en l’espace de moins d’une année, l’arménie a violé pas moins de 150 fois, le cessez-le-feu qu’elle a elle-meme conclu avec l’Azerbaïdjan, faisant de nombreux morts, des civils, sur le territoire d’Azerbaidjan du Haut Karabagh, illégalement occupé par l’arménie depuis plusieurs années.

Fidan khalilova

Pourquoi ne parle-t-on pas du génocide commis par les arméniens à Xocali le 26 février 1992 ?
Le nombre officiel de victimes s'élève à 613 personnes civiles, dont 106 femmes et 83 enfants. Des enfants ont été torturés, des femmes ont été violés. Vous pouvez facilement trouver des images et des vidéos de ce génocide sur internet.
Le massacre de Khodjaly a été décrit par Human Rights Watch comme étant « le plus grand massacre dans le conflit » du Haut-Karabagh.

Et je veux également rappeler que les arméniens occupent le Haut Karabakh depuis 1992 soit 20% du territoire de la République d'Azerbaïdjan.
Le Haut-Karabagh est reconnu, de manière unanime, par la communauté internationale comme faisant partie du territoire souverain de l’Azerbaïdjan. Les revendications arméniennes sur ces territoires ne sont reconnues par aucun état.

Les bases fondamentales pour le règlement du conflit ont été définies depuis 1993 dans plusieurs résolutions des Nations unies, demandant toutes le retrait complet immédiat et sans conditions des troupes arméniennes des territoires occupés du Haut-Karabakh au profit de l’Azerbaïdjan. Ces résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sont les n° 822 (1993), 853 (1993), 874 (1993) et 884 (1993) et la résolution n° 62/243 (2008) de l’Assemblée générale de l’ONU.
Or, 25 ans plus tard, l'Arménie continue d'occuper les territoires Azerbaïdjanais.

LA TABLE RONDE

L'Armenie est bien placée pour en parler. De plus c'est aussi un pays dont les ressortissants genocidés en Turquie n'ont pas eu la reconnaissance suffisente par l'occident qui n'a eu d'yeux que pour qui On sait.

Même dans l'appelletion du terme de genocide on fait des differences .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POINTER DU DOIGT LA TURQUIE PRODROME DES GENOCIDES !

Sarkis Serge Tateossian

De manière plus générale l'Arménie fait des efforts de plus en plus soutenus notamment au sein du conseil de l'Europe où elle se prépare à lancer un département chargé de cette thématique.

Dans de nombreuses régions dans le monde il y a encore trop de populations soumises à des répressions, massacres, voir génocides.

Le statut de l'Arménie, son vécu et sa connaissance du sujet, lui suggère naturellement cette noble mission de sensibilisation et de prévention des génocides.

C'est à son honneur.

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