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À La Une - Liban

Conflit Berry/Bassil : Aoun sort de son silence, appelle au pardon

Le bloc aouniste se dit d'accord pour la "tolérance" mais ne présente pas d'excuses.

Le président de la République, Michel Aoun (g) et le président du Parlement Nabih Berry. Photo d'archives/Reuters

Le président libanais Michel Aoun est sorti mardi de son silence, appelant au calme et au "pardon", au lendemain de la vague de colère de partisans du mouvement Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berry, provoquée par les propos tenus à son encontre par le ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, gendre du chef de l’État. Parallèlement, le bloc aouniste s'est dit d'accord pour la "tolérance" mais a refusé de présenter des excuses.

"Les événements d'hier, sur les plans politique et sécuritaire, ont affecté tout le monde et fait tomber le discours politique à un niveau indigne des Libanais", peut-on lire dans un communiqué publié par le bureau de presse de la présidence de la République. "Ce qui s'est passé sur le terrain est une grande erreur faisant suite à une erreur", poursuit ce texte.

"De par mes fonctions constitutionnelles et ma position paternelle, je pardonne à tous ceux qui s'en sont pris à moi et à ma famille et j'attends que ceux qui se sont attaqués entre eux se pardonnent car la Nation est plus grande que chacun", ajoute le communiqué. Et le président d'appeler à ce que les divergences politiques ne prennent pas un caractère personnel, "surtout parce qu'après les offenses, vient le pardon".

"Il est demandé aux responsables politiques de se mettre à la hauteur de leurs responsabilités pour affronter les grands défis qui nous entourent et, en premier lieu, la préservation de la stabilité, de la sécurité et de l'unité nationale", ajoute encore le texte. "Les réalisations nationales de l'année dernière, qui constituent l'une des principales raisons du parrainage international dont le Liban jouit et qui se manifestera lors des prochaines conférences prévues, ne doivent pas être compromises", conclut le texte.

Lundi soir, des partisans de M. Berry étaient descendus dans les rues de Beyrouth et sa banlieue, ainsi que dans la Békaa et au Liban-Sud, coupant des routes avec des pneus incendiés pour protester contre les propos de M. Bassil, traitant M. Berry de "voyou", qui avaient fuité. Certains s'étaient rendus devant le siège du CPL, au centre Mirna Chalouhi, à Sin el-Fil, appelant M. Bassil à s'excuser pour ses propos ou à démissionner.

Des sources proches de Aïn el-Tiné, sollicitées par la chaîne locale LBCI pour réagir au communiqué de la présidence, n'ont pas voulu faire de commentaires.


Pour le bloc aouniste, "l'affaire est close"
Contrairement au bloc aouniste qui a répondu  favorablement à l'appel du président dans un communiqué publié à l'issue de sa réunion hebdomadaire, tenue exceptionnellement au siège du CPL à Mirna Chalouhi sous la présidence de M. Bassil.  "M. Bassil a remédié au problème de la fuite sans que personne ne le lui demande lorsqu'il a exprimé ses regrets", a déclaré le secrétaire du bloc du changement et de la réforme, le député Ibrahim Kanaan, qui donnait lecture du communiqué.  "Nous répondons favorablement à la demande du président Aoun en faveur de la tolérance après l'agression contre le siège du CPL. Les Libanais sont égaux dans leur dignité, leurs droits et leurs devoirs", a-t-il ajouté. "Les hautes instances et les biens publics et privés doivent être respectés", a encore dit M. Kanaan.

"Le bloc a décidé d'adresser un message à tous les Libanais, en particulier ceux qui sont désireux de construire l’État et les appelle à ne pas avoir peur parce que n'abandonnerons pas l'édification de l’État", a poursuivi le député.
Pour le bloc aouniste, le seul moyen d'"aboutir à des solutions est à travers les institutions, les lois, la justice". Interrogé sur de potentielles excuses à M. Berry, M. Kanaan a répondu : le communiqué est clair. En ce qui nous concerne, nous considérons que l'affaire est close".

Le bloc du Futur a de son côté dit "regretter le niveau du dialogue politique".  "Les parties concernées doivent contrôler ce chaos", a-t-il souligné à l'issue de sa réunion hebdomadaire. 


(Lire aussi : Le conflit Aoun/Berry dans la rue : ce qu'en dit la presse locale)


"Démissionnez aujourd'hui"
Plus tôt dans la journée, M. Berry avait mis en garde contre une déstabilisation du pays. "Je ne permettrai pas que quoi que ce soit menace la stabilité et l'unité du Liban et des Libanais", a-t-il affirmé à l'issue d'un entretien avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier, insistant également sur l'importance des élections législatives prévues en mai prochain. "Je ne crains pas un report du scrutin", a-t-il déclaré.

Deux députés du bloc parlementaire dirigé par le leader d'Amal s'étaient eux aussi exprimés. "Démissionnez aujourd'hui, Monsieur le ministre, car les excuses ne suffisent plus", a lancé Anouar Khalil à l'intention de M. Bassil. "Le mouvement Amal n'a rien à voir avec ce qui s'est passé à Mirna Chalouhi. Il s'agit d'un mouvement populaire spontané", a déclaré de son côté Ali Bazzi. Des tirs avaient été entendus sur les lieux lundi soir, les camps se renvoyant la responsabilité de cet incident. 

Le CPL et M. Berry s'opposent sur de nombreuses questions politiques, notamment le décret d'avancement de la promotion militaire de 1994. Cette polémique envenime les relations entre le chef de l’État, Michel Aoun (fondateur du CPL), et le président du Parlement depuis des mois. Et depuis quelques jours, une nouvelle crise oppose les deux formations autour du congrès de la "Lebanese Diaspora Energy" organisé par le ministère des Affaires étrangères et prévu les 2 et 3 février prochain. Selon plusieurs sources concordantes, une grande majorité des participants chiites vont probablement boycotter ce rassemblement, "sur directives" de M. Berry.

Ce nouvel épisode dans les relations tumultueuses entre M. Berry et le chef du CPL est à mettre sur le compte de la tension croissante qui se manifeste en amont des législatives, prévues en mai prochain. Les deux hommes étaient déjà à couteaux tirés à cause notamment du refus de M. Berry d’avaliser la proposition de M. Bassil de rouvrir l’inscription des électeurs libanais résidant à l’étranger.


(Lire aussi : Le conflit politique dérape, la rue se réveille)


"Ligne rouge"
Plusieurs responsables politiques, en dehors du tandem CPL-Amal, ont de leur côté commenté cette crise. "Indépendamment de ce que pensent les Forces libanaises (FL) des propos de M. Bassil, et de nos relations et notre estime à l'égard de M. Berry, nous ne pouvons pas accepter ce qui s'est passé hier car il s'agit d'une violation claire de la logique de l’État", a déclaré le chef des FL, Samir Geagea, appelant les forces de sécurité et la justice à faire en sorte que de tels actes ne puissent pas se reproduire. "Les conflits politiques ne peuvent pas se jouer dans la rue ou menacer la stabilité du pays", a-t-il ajouté

L'ancien ministre Wi'am Wahhab, reçu par le chef de l’État au palais présidentiel de Baabda, a, lui, déclaré que M. Aoun travaillait à la bonne marche des institutions et au calme. Ammar Houri et Atef Majdalani, députés du bloc parlementaire du Futur, ont appelé au calme. Le collectif de la société civile Beirut Madinati a appelé "les représentants du peuple à s'attaquer aux manifestations de désordre sécuritaire et à la recrudescence de la violence".


Les partisans toujours en colère
Sur le terrain, des personnes non identifiées ont inscrit des propos injurieux sur une banderole montrant M. Bassil avec l'un des candidats du CPL dans ce caza, Jad Sawaya, à Kfarhouné, dans le caza de Jezzine. A Tripoli, au Liban-Nord, l'un des fiefs du courant du Futur du Premier ministre Saad Hariri, des banderoles à l'effigie de M. Berry, portant l'inscription "Nabih Berry est une ligne rouge" ont été accrochées sur plusieurs murs de la ville.

Et en début de soirée, des partisans de M. Berry ont coupé l'autoroute Kfarchima-Hadath à l'aide de pneus incendiés. L'autoroute de Salim Salam, à Beyrouth, a été également bloquée dans les deux sens par des protestataires. Des partisans ont également sillonné certains quartiers de la capitale, à bord de mobylettes, brandissant des drapeaux du mouvement Amal.

Dans la Békaa, des partisans de M. Berry ont brièvement bloqué la route au niveau du rond-point de Douress, à Baalbeck, à l'aide de pneus incendiés. Un convoi de partisans a par ailleurs sillonné les rues de Baalbeck brandissant les drapeaux d'Amal ainsi que les portraits de Nabih Berry et de l'imam chiite Moussa Sadr.




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Le président libanais Michel Aoun est sorti mardi de son silence, appelant au calme et au "pardon", au lendemain de la vague de colère de partisans du mouvement Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berry, provoquée par les propos tenus à son encontre par le ministre des Affaires étrangères et chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, gendre du chef de l’État. Parallèlement, le bloc aouniste s'est dit d'accord pour la "tolérance" mais a refusé de présenter des excuses."Les événements d'hier, sur les plans politique et sécuritaire, ont affecté tout le monde et fait tomber le discours politique à un niveau indigne des Libanais", peut-on lire dans un communiqué publié par le bureau de presse de la présidence de la République. "Ce qui s'est passé sur le terrain est une grande...
commentaires (9)

TOUTE RESSEMBLANCE AVEC DES PERSONNES OU DES EVENEMENTS NE SERAIT QUE LE FRUIT DU HASARD ! CERTAINS VERS D,UNE FABLE DE LA FONTAINE ... L,ENFANT ET LE MAITRE D,ECOLE UN JEUNE ENFANT DANS L,EAU SE LAISSA CHOIR, EN BADINANT SUR LES BORDS DE LA SEINE. LE CIEL PERMIT QU,UN SAULE SE TROUVA, DONT LE BRANCHAGE, APRES DIEU, LE SAUVA. S,ETANT PRIS, DIS-JE, AUX BRANCHES DE CE SAULE, PAR CET ENDROIT PASSE UN MAITRE D,ECOLE ; L,ENFANT LUI CRIE : AU SECOURS ! JE PERIS ! LE MAGISTER, SE TOURNANT A SES CRIS, D,UN TON FORT GRAVE A CONTRE-TEMPS S,AVISE DE LE TANCER : AH ! LE PETIT BABOUIN ! VOYEZ, DIT-IL, OU L,A MIS SA SOTTISE ! ET PUIS, PRENEZ DE TELS FRIPONS LE SOIN. QUE LES PARENTS SONT MALHEUREUX QU,IL FAILLE TOUJOURS VEILLER A SEMBLABLE CANAILLE ! QU,ILS ONT DE MAUX ! ET QUE JE PLAINS LEUR SORT ! AYANT TOUT DIT, IL MIT L,ENFANT A BORD. - JE BLAME ICI PLUS DE GENS QU,ON NE PENSE ! LA FONTAINE

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 43, le 31 janvier 2018

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Commentaires (9)

  • TOUTE RESSEMBLANCE AVEC DES PERSONNES OU DES EVENEMENTS NE SERAIT QUE LE FRUIT DU HASARD ! CERTAINS VERS D,UNE FABLE DE LA FONTAINE ... L,ENFANT ET LE MAITRE D,ECOLE UN JEUNE ENFANT DANS L,EAU SE LAISSA CHOIR, EN BADINANT SUR LES BORDS DE LA SEINE. LE CIEL PERMIT QU,UN SAULE SE TROUVA, DONT LE BRANCHAGE, APRES DIEU, LE SAUVA. S,ETANT PRIS, DIS-JE, AUX BRANCHES DE CE SAULE, PAR CET ENDROIT PASSE UN MAITRE D,ECOLE ; L,ENFANT LUI CRIE : AU SECOURS ! JE PERIS ! LE MAGISTER, SE TOURNANT A SES CRIS, D,UN TON FORT GRAVE A CONTRE-TEMPS S,AVISE DE LE TANCER : AH ! LE PETIT BABOUIN ! VOYEZ, DIT-IL, OU L,A MIS SA SOTTISE ! ET PUIS, PRENEZ DE TELS FRIPONS LE SOIN. QUE LES PARENTS SONT MALHEUREUX QU,IL FAILLE TOUJOURS VEILLER A SEMBLABLE CANAILLE ! QU,ILS ONT DE MAUX ! ET QUE JE PLAINS LEUR SORT ! AYANT TOUT DIT, IL MIT L,ENFANT A BORD. - JE BLAME ICI PLUS DE GENS QU,ON NE PENSE ! LA FONTAINE

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 43, le 31 janvier 2018

  • Le président Aoun, donne l'exemple aux ténors de la politique au Liban, il leur revient désormais à saisir l'opportunité pour adoucir une bonne fois pour toute la relation entre ministres, députés ou autres acteurs de la vie publique dans notre pays. Car le vrai front sur lequel vont devoir âprement se battre c'est l'économie, les infrastructures et les réformes dont le peuple attend leur réalisation impatiemment.

    Sarkis Serge Tateossian

    19 h 05, le 30 janvier 2018

  • LE PARDON ! ET ON PARLE HELAS DE POLITIQUE ET DE POLITICIEMS... C,EST UNE VRAIE RIGOLADE !!! C,EST DE LA DECADENCE !!! C,EST DU THEATRE !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 41, le 30 janvier 2018

  • Sagesse d 'appeler au calme et au pardon dans un pays super tribal .

    Antoine Sabbagha

    17 h 32, le 30 janvier 2018

  • "Indépendamment de ce que pensent les Forces libanaises (FL) des propos de M. Bassil, et de nos relations et notre estime à l'égard de M. Berry, nous ne pouvons pas accepter ce qui s'est passé hier car il s'agit d'une violation claire de la logique de l'Etat", a déclaré le chef des FL, Samir Geagea, appelant les forces de sécurité et la justice à faire en sorte que de tels actes ne puissent pas se reproduire. "Les conflits politiques ne peuvent pas se jouer dans la rue ou menacer la stabilité du pays" WALLA ya hakim tu es plein de sagesse ... si vraiment comme on dit que tout ce brouhaha a ete fait pour rafler des votes ... CELA VEUT DIRE ALORS QUE LEUR FAIT PEUR .. PEUR DE RAFLER LA PLUS GRANDE PARS AUX LEGISLATIVES ... MAIS N'IMPORTE QU'ELLE TACTIC NE POURRA PAS ENTAMER VOTRE ASSENSION AU SOMMET .. LINABKA W NESTAMER

    Bery tus

    16 h 40, le 30 janvier 2018

  • "Je ne permettrai pas que quoi que ce soit menace la stabilité et l'unité du Liban et des Libanais", a affirmé M. Berry ... Et pourtant il a envoyé ses voyous faire les matamores et que Mr. Bazzi, que je respecte, n'essaye pas de nous faire avaler des couleuvres... Depuis que les politiques Libanais font toutes les conneries du monde, la démission d'un ministres pour une caractérisation, juste en plus, n'est plus de mise... Si Bassil doit démissionner pour cela, Berry doit faire de la prison pour beaucoup d'autre crimes et même être exécuté pour haute trahison... Ça s'applique a beaucoup d'autres a commencer par le Président, Hassouna, Joumblatt et Hallouma jar...

    Pierre Hadjigeorgiou

    15 h 52, le 30 janvier 2018

  • L,UN PAR SES IRRESPONSABILITES ET L,AUTRE PAR SON IRRESPONSABLE VOCABULAIRE ONT FAILLI METTRE A FEU LE PAYS... L,UN DOIT ABDIQUER ET L,AUTRE DOIT DEMISSIONNER !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 33, le 30 janvier 2018

  • Je me joins à Anouar Khalil et exige de démettre tout de suite le ministre venu de la société civile Gébran Bassil. Déjà sa défaite pointe à l'horizon de mai 2018.

    Annie

    15 h 07, le 30 janvier 2018

  • La raison reprend ses droits. L'exemple doit venir du haut, des dirigeants de ce pays. Leur devoir est d'unir les libanais. La division affaiblie encore plus le pays et personne n'en sortira gagnant.

    Sarkis Serge Tateossian

    14 h 51, le 30 janvier 2018

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