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Liban

Jezzine, abcès de fixation de la querelle Aoun-Berry ?

Législatives

Le courant du Futur soutiendra les listes du CPL en cas d’alliance entre le Hezbollah et le mouvement Amal.

Yara ABI AKL | OLJ
29/01/2018

Le président de la Chambre, Nabih Berry, n’a pas tardé à emboîter le pas au secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naïm Kassem. Ce dernier avait ouvertement annoncé vendredi dernier que sa formation s’alliera au mouvement Amal lors des législatives prévues le 6 mai prochain, dans toutes les circonscriptions. 

S’exprimant hier devant ses visiteurs à Aïn el-Tiné, M. Berry a déclaré : « Je suis dans la même embarcation électorale que le Hezbollah. Nous nous sommes entendus sur le partage de tous les sièges chiites, à l’exception de celui de la circonscription de Kesrouan-Jbeil. »
Les prises de position du tandem chiite ne peuvent être dissociées de la querelle opposant Aïn el-Tiné au Courant patriotique libre. Pour l’instant, certes, M. Berry ne parle que des sièges chiites. Cependant, ses déclarations et celles du cheikh Kassem pourraient signifier que M. Berry obtiendrait le soutien du Hezb dans la bataille qu’il s’apprête apparemment à mener face au CPL dans la circonscription de Saïda-Jezzine.

C’est là et nulle part ailleurs que le bras de fer entre le président de la Chambre et le chef de l’État, Michel Aoun, va se concrétiser, si M. Berry maintient son intention, comme on le lui prête, de présenter un candidat à l’un des deux sièges maronites de Jezzine, celui qui, avant 2009, était occupé par son allié Samir Azar, décédé en 2016.

Aujourd’hui, des informations de presse font état d’une probable candidature d’Ibrahim Azar, fils de l’ancien député, avec le soutien du chef du législatif. En face, le CPL entend maintenir sa domination dans ce caza dont il détient actuellement les trois sièges, deux maronites et un grec-catholique. 

(Lire aussi : Abidjan, nouvel épicentre de la querelle Berry-Bassil)

Ainsi, la circonscription de Jezzine pourrait être, en quelque sorte, l’abcès de fixation de la querelle institutionnelle Aoun-Berry. « L’heure est aujourd’hui aux batailles électorales, et nous sommes en quête de voix que nous assurerait la proportionnelle », souligne à L’Orient-Le Jour un cadre du CPL avant de poursuivre d’un ton ferme : « Nous n’avons pas d’appréhensions et nous ne traçons aucune ligne rouge ni à Jezzine ni ailleurs. » « Nous n’avons mis personne au pied du mur », affirme le cadre aouniste, en allusion au Hezbollah. « Nous tisserons nos alliances conformément à nos intérêts électoraux, et cela est de notre droit », insiste-t-il, avant de révéler que sa formation « ne s’attend à rien » de la part du Hezb concernant la querelle avec Aïn el-Tiné. « C’est Nabih Berry qui a haussé la barre, et nous irons l’affronter là où il portera la querelle », souligne-t-il.

Le courant du Futur : Non au Hezbollah
Mais s’il est vrai que l’électorat du caza de Jezzine est formé de deux tiers de chrétiens et d’un tiers de chiites, il reste que la circonscription actuelle, qui comprend Jezzine et la ville de Saïda (détachée de Zahrani), est à majorité sunnite. L’électorat sunnite sera donc déterminant dans la fixation du nombre de sièges qui seront gagnés par les listes en présence. Ce qui signifie, pour de nombreux observateurs, que la balle est dans le camp du Premier ministre, Saad Hariri.
Interrogé à ce sujet par L’OLJ, Moustapha Allouche, coordinateur du courant du Futur à Tripoli, réitère la position de principe de son parti. « Il n’est pas question de s’allier – directement ou indirectement – avec le Hezbollah », dit-il. Expliquant cette affirmation, il déclare : « Si Nabih Berry s’allie au Hezbollah, il sera naturel que nous soutenions le CPL (là où le tandem chiite s’oppose à ce dernier) et les Forces libanaises. » Cela veut dire clairement qu’en cas de confrontation Berry-CPL à Jezzine, si le Hezbollah confirme qu’il est clairement aux côtés du premier, les haririens se rangeront aux côtés du second.
M. Allouche précise toutefois que cette position n’est aucunement liée au compromis politique conclu entre Michel Aoun et Saad Hariri avant la présidentielle. Il en veut pour preuve le fait que son parti n’a pas encore pris de décision finale au sujet de la circonscription à dominante chrétienne du Liban-Nord (Zghorta-Bécharré-Koura-Batroun). « Nous attendons que les protagonistes présents dans cette circonscription définissent leurs alliances », dit-il.

Joumblatt allié « définitif » de Berry
De son côté, le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, continue d’insister sur son alliance solide avec le président de la Chambre. Les deux hommes se sont réunis samedi à Aïn el-Tiné. À l’issue de la rencontre, M. Joumblatt a souligné que son alliance avec le chef du législatif est « définitive ». Mais dans les milieux proches de Moukhtara, on est soucieux d’éloigner cette déclaration du cadre strictement électoral. Même si d’aucuns y décèlent un éloignement supplémentaire entre le CPL et le PSP dans la circonscription de Chouf-Aley. « C’est plus un message politique », souligne un proche de M. Joumblatt à L’OLJ, insistant sur l’importance de préserver l’accord de Taëf, « dont Nabih Berry est l’un des piliers », pour reprendre les termes du chef du PSP.
À l’heure où M. Berry bénéficiait une nouvelle fois de l’appui joumblattiste, Gebran Bassil lui adressait un message politique fort. À l’issue d’un entretien avec Wafic Safa, cadre du parti chiite, M. Bassil a souligné en substance que le CPL n’avait pas besoin d’intermédiaire pour discuter avec le Hezbollah. « Le Hezbollah est notre allié », rappelle-t-on dans les milieux aounistes.



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Honneur et Patrie

Indépendamment de toute autre considération, dans une réunion électorale hier à Batroun, le candidat malheureux des deux précédentes élections législatives Gébran Bassil, s'en est prit à Nabih Berry : "Celui-là n'est pas un chef d'un Parlement, c'est un "baltagi",
Ce niveau auquel est tombée la politique, n'est plus de la politique politicienne mais de la basse politicaillerie; Celui qui s'adonne à cette méthode, n'est plus apte à se présenter à la députation au Liban.

Sarkis Serge Tateossian

A l'occasion de ces élection....

La Gloire ne s'achète pas avec de l'argent, des menaces ou chantages.

On devient "élu", du peuple et par le peuple pour le servir....
C'est la finalité d'une démocratie

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SOUS LE SPECTRE DES ARMES PAS DE VOTE LIBRE NI DEMOCRATIQUE !

George Khoury

IL FAUT ALLER VOTER, LE BOYCOTT NE SERT A RIEN...EN 1992 IL Y A EU BOYCOTT ET ILS EN ONT FAIT FI....DES DEPUTES ONT ETE ELU AVEC MOINS DE 100 VOIX...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

CA RESSEMBLE A LA FABLE DE LAFONTAINE : LE LOUP PLAIDANT CONTRE LE RENARD PAR DEVANT LE SINGE !

Antoine Sabbagha

Encore une fois les électeurs libanais vont se diriger aux urnes en moutons de Panurge et choisir les mêmes chefs de tribus et leurs alliances. Rien ne va changer. Une question se pose pourquoi les libanais ne boycottent –ils pas et pour une fois ces élections mascarades ?

George Khoury

un petit nuage de passage, ca a fait 30 ans qu'ils se partagent un gateau bien riche et gras...demain apres les elections ils seront tous de nouveau les meilleurs amis du monde...
en plus une petite disptute nous donne une belle illusion bien qu'ils ont des principes tous au lieu de se coucher a plat ventre...ce qui arrivera ineluctablement quand hassan levera le petit doigt...

IL NE FAUT ABSOLUMENT PAS VOTER POUR AUCUN PARTI POLITIQUE ETABLI/HITORIQUE...chacun nous pousse dans les bras de l'autre....et le tour est joué

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