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Rohani : Ce serait insulter le peuple iranien que de dire que ses seules revendications sont économiques

Contestation

"Nul n'est en soi innocent et les gens ont le droit de critiquer tout le monde", a dit le président iranien.

OLJ/Reuters
08/01/2018

Les manifestations qui ont ébranlé l'Iran pendant plus d'une semaine n'ont pas eu que des questions économiques pour origines, a déclaré lundi le président Hassan Rohani, sous-entendant par là que les protestataires ne visaient pas son gouvernement mais l'establishment chiite, plus rigide.

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé dimanche que les forces de sécurité avaient mis un terme aux troubles, fomentés selon eux par des ennemis étrangers. Ces manifestations ont constitué l'un des plus gros défis lancés au régime chiite en près de dix ans. Elles ont gagné plus de 80 villes et se sont soldées par la mort de 22 personnes et par plus de 1.000 arrestations, selon les chiffres des autorités iraniennes.

"Ce serait déformer (les événements) et aussi insulter le peuple iranien que de dire que ses seules revendications sont économiques. Les gens ont des revendications économiques, politiques et sociales", a dit le président, cité par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Hassan Rohani a en outre appelé à la levée des restrictions imposées aux réseaux sociaux utilisés par les manifestants. Selon lui, les gens doivent être autorisés à critiquer la totalité des responsables iraniens, sans exception. "Nul n'est en soi innocent et les gens ont le droit de critiquer tout le monde", a dit Hassan Rohani, considéré comme un pragmatique en désaccord avec les conservateurs.

 

(Lire aussi : La CIA nie toute implication dans les manifestations en Iran)

 

Rétablir l'accès aux réseaux sociaux
Initialement, les manifestants ont tourné leur colère contre la hausse des prix et la corruption, mais le mouvement de contestation a pris un tour politique, fait rare, un nombre de plus en plus grand de gens réclamant la démission de l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution.

Le guide suprême est le commandant en chef des forces armées et il nomme les responsables de l'appareil judiciaire. Les ministres de premier plan sont choisis avec son accord et il a le dernier mot en politique étrangère. Par comparaison, le président a peu de pouvoirs.

A mesure que les manifestations ont perdu en intensité, le gouvernement a levé les restrictions qu'il avait imposées à Instagram, l'un des réseaux sociaux utilisés pour mobiliser les manifestants. Mais l'accès à une application de messagerie plus largement utilisée, Telegram, est toujours bloqué. Le gouvernement assure que les restrictions ne seront que temporaires.

"L'accès de la population aux réseaux sociaux ne doit pas être restreint de façon permanente. On ne peut être indifférent à la vie des gens et des entreprises", a dit Hassan Rohani.

Le vice-président iranien, Masoumeh Ebtekar, a déclaré lundi sur son compte Twitter que Hassan Rohani avait insisté pour que la totalité des étudiants interpellés lors des troubles soient remis en liberté.

Amnesty International a déclaré la semaine dernière que plus de 1.000 Iraniens avaient été arrêtés et placés en détention dans des prisons "connues pour la pratique de tortures et autres mauvais traitements au cours des sept derniers jours", ajoutant que bon nombre de ces détenus n'avaient pu voir ni leurs familles ni leurs avocats.

 

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