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Aoun à la veille de l'Indépendance : Le Liban n'est pas un pays ouvert à tous les vents

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"Ne laissez pas la discorde pointer le bout de son nez, car la destruction massive n'épargnera personne", a déclaré le chef de l'Etat aux Libanais.

R.S. | OLJ
21/11/2017

Le président de la République, Michel Aoun, s'est adressé, mardi soir vers 20h, aux Libanais à la veille de la fête de l'Indépendance du Liban et quelques heures avant le retour du Premier ministre démissionnaire, Saad Hariri, à Beyrouth, les appelant à préserver l'unité nationale. M. Aoun s'en est également violemment pris à la Ligue arabe qui avait déclaré, dimanche, le Hezbollah "organisation terroriste".

Lors de son allocution télévisée, M. Aoun a rappelé que "le Liban a respecté la politique de distanciation vis-à-vis des conflits régionaux. Malheureusement les autres ne se sont pas distanciés du Liban, malgré sa victoire contre le terrorisme". Et de lancer : "Nous nous demandons jusqu'à ce jour d'où est venu le terrorisme au Liban? Qui l'a envoyé ? Qui l'a financé ?"

"Nous avons adopté une politique complètement indépendante, nous avons évité d'interférer dans les conflits et nous avons toujours appelé au dialogue entre les frères arabes", a ajouté le président libanais. Il a considéré que ce que le Liban a subi n'est que la conséquence des conflits et les éclats des explosions dans la région, soulignant que "rien ne pourra aider à gérer les conséquences si nous ne fermons pas la porte aux confits". Et de marteler : "Le Liban n'est pas un pays ouvert à tous les vents et n'abdiquera jamais devant n'importe quel avis, conseil ou décision le poussant vers la discorde".

Il s'agissait là d'une réponse claire du chef de l'Etat libanais à la Ligue arabe qui, à l'issue d'une réunion extraordinaire tenue dimanche au Caire et convoquée par l'Arabie saoudite, a accusé "le Hezbollah et les Gardiens de la révolution iraniens de financer et d'entraîner des groupes terroristes à Bahreïn". Dans sa déclaration finale, la Ligue arabe a également "fait assumer au Hezbollah, un partenaire dans le gouvernement libanais, la responsabilité de fournir aux groupes terroristes dans les pays arabes des armes sophistiquées et des missiles balistiques".
Lundi, en recevant le chef de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, M. Aoun avait indiqué que "le Liban n'est pas responsable des conflits dans certains pays arabes", rejetant le fait qu'on lui en fasse payer le prix.

 

(Lire aussi : Hariri reçu par Sissi au Caire quelques heures avant son retour à Beyrouth )

 

"Ne laissez pas la discorde pointer le bout de son nez"
S'adressant directement aux pays arabes, Michel Aoun a d'ailleurs déclaré : "Traiter avec le Liban nécessite beaucoup de sagesse et de raison. Nous espérons toujours de la Ligue arabe qu'elle prenne des initiatives qui émanent de ses principes, ses objectifs et de l'esprit de sa charte".

"Celui qui veut faire le bien du Liban l'aide à renforcer son unité", a encore déclaré Michel Aoun. Et de lancer : "C'est dans ce contexte qu'est intervenue la récente crise gouvernementale et la problématique qui l'a entourée. Il est vrai que la crise est passée mais elle n'était pas du tout passagère car elle a mis le pouvoir ainsi que le peuple devant un test choquant et un défi national qu'on ne peut passer sous silence".

Et Michel Aoun de demander : "Etait-il possible de négliger un devoir national qui nous a été imposé afin que notre Premier ministre retourne à son pays et fasse ce qui lui est dicté par les normes et la Constitution, démission ou pas, sur le territoire libanais? Selon le président, "il s'agit d'abord et avant tout d'une histoire de dignité nationale et d'un peuple qui a fait preuve, pendant cette crise, d'une unité nationale exemplaire".

Et aux Libanais, Michel Aoun a déclaré : "Par votre unité, vous avez surmonté d'énormes crises et difficultés. Ne laissez pas la discorde pointer le bout de son nez car la destruction massive n'épargnera personne". Et d'insister : "Votre unité est la seule garante de la stabilité et de l'avenir de votre pays et de vos enfants".
Et à l'armée et aux forces de sécurité, Michel Aoun a dit : "Vous êtes les gardiens de l'unité nationale et les protecteurs des frontières, soyez toujours vigilants et prêts à faire votre devoir".

La crise a débuté le 4 novembre dernier avec l'annonce surprise, depuis Riyad, par Saad Hariri, de sa démission. Alors qu'aucune date pour un retour de M. Hariri au Liban n'était avancée, suscitant d'intenses rumeurs sur la liberté de mouvement du Premier ministre, la classe politique libanaise avait rapidement, et de manière unanime, appelé M. Hariri à rentrer à Beyrouth. Mercredi dernier, M. Aoun avait durci le ton en accusant l'Arabie saoudite de détenir M. Hariri, qualifiant cette détention d'"acte d'agression" contre le Liban. Des accusations rejetées par l'Arabie saoudite et démenties à plusieurs reprises par M. Hariri lui-même.

Samedi, depuis le palais de l'Elysée, M. Hariri avait annoncé qu'il reviendrait au Liban pour la fête de l'Indépendance et qu'il préciserait, à ce moment-là et après un entretien avec le Aoun, ses intentions. Mardi soir, il a été reçu par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, avant de se rendre à Chypre où il a été reçu par le président Nicos Anastasiades, effectuant ainsi une dernière escale avant son retour à Beyrouth.

En annonçant sa démission, Saad Hariri avait accusé le Hezbollah et l'Iran de "mainmise" sur le Liban, disant craindre pour sa vie. Téhéran a rejeté des "accusations sans fondement". Dimanche 12 novembre, alors qu'il s'exprimait pour la première fois depuis l'annonce de sa démission dans le cadre d'une interview accordée à Future TV, dont il est propriétaire, il avait néanmoins évoqué la possibilité de revenir sur sa démission, à condition que le Hezbollah cesse d'intervenir dans les conflits régionaux.

La démission de Saad Hariri intervient en effet dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite, qui soutient M. Hariri, et l'Iran chiite, grand allié du Hezbollah. Les deux puissances régionales sont farouchement opposées sur des questions comme la Syrie, le Yémen et le Liban, où elles soutiennent des camps adverses.

 

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Gebran Eid

AOUN EST LE PORTE PAROLE DU HEZBOLLAH AU LIBAN. POINT FINAL. IL NE PEUT PAS ÊTRE PLUS CLAIR. POUR LES GENS QUI ESPÈRENT UN CHANGEMENT DE SA PART C'EST RATÉ.

wayzani jamal

Allah maak ya general.
L'unité du liban ne peux se faire que par le respect mutuel des communautés.
Et reconnaître le rôle que chaque communauté doit jouer et s'appuyer mutuellement.
Rejet total l’accès aux medias des fossoyeurs de l'unité de notre pays.
Mon père émigré me disait "papa s'il y'avait la possibilité qu'il y'ai des élections présidentielles et avec un candidat musulman, je voterai pour le candidat de l'unité même s'il était un juif"
C'est cette pensée qui doit prévaloir dans l'esprit de tous les libanais.
A un de mes amis Druze à qui je demandais s'il avait fait visité à ses enfants "le camp des casques bleus ou avait sévi un massacre de libanais" il m'avait répondu par la négative. Pour lui le Liban s'arrete à l’orée de sa montagne. Pire il avait peur de la culture des sudistes.
Je lui rappelai simplement que lors de ma visite dans ce camp, j'ai rencontré des bus bondés d’européens venus prier pour les morts de Qana.
C'est ce Liban incarné par mon ami druze que je ne veux plus voir.
Et pourtant je rends visite à ses parents à chaque fois que je suis au Liban.
Adieux.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JOYEUSE FETE NATIONALE A NOUS TOUS LIBANAIS ET QUE VIVE LE LIBAN SON PEUPLE SON ARMEE SON ETAT ET SA COEXTISTENCE !
JE M,ABSTIENS DE TOUT AUTRE COMMENTAIRE...

Bery tus

M. Aoun a rappelé que "le Liban a respecté la politique de distanciation vis-à-vis des conflits régionaux. Malheureusement les autres ne se sont pas distanciés du Liban, malgré sa victoire contre le terrorisme". Et de lancer : "Nous nous demandons jusqu'à ce jour d'où est venu le terrorisme au Liban? Qui l'a envoyé ? Qui l'a financé ?"

Merci Mr le President, oui le Liban a gagner sous votre mandat les pires des terroristes, mais concernant la distanciation pardonnez mon ignorance mais quand le President Rohani avait affirmer qu'aucune decision ne peut etre prise sans la consultation de l'iran, avec tout le respect que je vous dois pourquoi n'y a t il pas eu ne serais ce qu'une protestation de votre part?

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