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Économie

Hydrocarbures offshore : Total, ENI et Novatek présentent deux offres

Énergie

L'Autorité de l'énergie s'est fixé un délai d'un mois pour évaluer les offres et envoyer ses recommandations au ministre de l'Énergie.

14/10/2017

Le verdict est tombé ! Le Liban a reçu deux candidatures dans le cadre de l'appel d'offres pour l'attribution des licences d'exploration et de production d'hydrocarbures offshore de cinq des dix blocs de la Zone économique exclusive (ZEE) libanaise. Un consortium composé de deux opérateurs : le géant français Total et l'italien ENI, et d'un non-opérateur, la compagnie russe Novatek, a soumis à l'Autorité de l'énergie (LPA) deux offres distinctes pour le bloc 4 (au centre) et le bloc 9 (au Sud), a indiqué hier dans un communiqué le ministre de l'Énergie et de l'Eau, César Abi Khalil. La veille, il avait annoncé lors d'une conférence de presse la clôture du délai de remise des offres, qui avait été décalée d'un mois.

« Les résultats de cette première phase d'attribution des licences sont positifs puisque le Liban a réussi à attirer des sociétés internationales très expérimentées en matière d'exploration et d'exploitation des champs gaziers, et qui ont accès aux marchés internationaux pour y exporter les hydrocarbures », a déclaré M. Abi Khalil avec un enthousiasme mesuré. Car le Liban avait préselectionné 52 compagnies pétrolières lors des sessions de 2013 et de 2017, dont treize opérateurs. Il pouvait donc s'attendre théoriquement à treize candidatures.

 

(Lire aussi : Hydrocarbures offshore : clôture de l'appel d'offres)

 

Le marché a changé
« Douze de ces opérateurs avaient été préqualifiés dès 2013. Depuis, le processus de l'appel d'offres a été bloqué durant plus de trois ans. Les conditions du marché ont changé : les prix du gaz ont baissé entre 2013 et 2017, et plusieurs de ces compagnies ont changé leurs stratégies de développement. L'intérêt pour les blocs libanais n'est donc plus le même », explique-t-on à la LPA. En raison d'une absence de consensus politique permettant l'adoption de deux décrets indispensables, l'appel d'offres avait été bloqué pendant près de quatre ans, avant d'être finalement relancé en janvier dernier suite au vote de ces décrets par le gouvernement d'unité nationale de Saad Hariri. Le premier décret (n° 42) définit les coordonnées des dix blocs de concession prévus dans la ZEE du Liban, et le second (n° 43) précise notamment les modalités du contrat-type d'exploration et de production devant lier l'État aux compagnies pétrolières.

« C'est tout de même un exploit que le Liban ait réussi à attirer des compagnies pétrolières d'un tel calibre, au regard des nombreux retards et cafouillages qui ont rythmé la procédure de l'appel d'offres », confie à L'Orient-Le Jour Mona Sukkarieh, cofondatrice du cabinet Middle East Strategic Perspectives. Entre-temps, Israël « a reporté à (deux) reprises le délai de clôture de sa remise des offres (prévu pour le 15 novembre, NDLR), sans résultats », ironise M. Abi Khalil.

Total et ENI sont déjà présentes dans la région. « ENI détient déjà les droits d'exploitation de six blocs dans les eaux chypriotes, dont deux en partenariat avec Total. La compagnie italienne est également présente en Égypte, où elle a découvert l'énorme champ gazier Zohr », rappelle Mme Sukkarieh. Quant à Novatek, « elle fait pour la première fois son entrée dans l'espace est-méditerranéen. Novatek est le premier producteur de gaz indépendant en Russie, actif surtout dans l'Arctique et dans le nord de la Russie. C'est aussi une compagnie avec laquelle Total a noué une alliance stratégique début 2011 », ajoute-t-elle.

 

(Pour mémoire : Le Parlement vote la loi fiscale sur les hydrocarbures offshore)

 

Fort potentiel géologique
Le consortium a choisi de candidater au bloc n° 4 qui n'est concerné par aucun litige frontalier, mais il a également pris le risque de candidater au bloc n° 9, dont une partie fait l'objet d'un litige frontalier avec Israël, car il est doté d'un fort potentiel géologique. « Ce n'est pas une première dans la région pour ENI et Total, puisque les deux compagnies ont présenté une offre et ont remporté les droits d'exploration dans le bloc n° 6 à Chypre, dont une partie est contestée par la Turquie », commente Mme Sukkarieh.

La LPA s'est fixé un délai d'un mois pour évaluer les offres et envoyer ses recommandations au ministre de l'Énergie. Contrairement aux adjudications publiques organisées dans les autres secteurs, « le nombre d'offres n'est pas déterminant, et chaque offre sera évaluée et présentée au Conseil des ministres si elle est jugée intéressante pour le Liban », avait déclaré jeudi M. Abi Khalil. Les critères d'évaluation des offres sont définis dans le protocole de l'appel d'offres, inclus dans le décret d'application n° 43. L'offre technique (30 % de la note) concerne les « engagements minimum de travail », que le consortium détermine notamment par l'étendue des études géophysiques qu'il compte mener et le nombre de puits qu'il compte creuser lors des deux phases d'exploration (5 ans au total). L'offre financière (70 %) est déterminée sur la base d'une équation progressive de partage des revenus, entre l'État et le consortium, mettant en relation une série de variables soumises aux enchères. Ces variables doivent être fixées par le consortium, en fonction du prix du gaz, de sa quantité et des charges.

Après avoir validé les conclusions de la LPA, M. Abi Khalil devra les soumettre à l'approbation du Conseil des ministres. Pour chacun des blocs, le consortium pourrait être déclaré « vainqueur provisoire ». Le cas échéant, des négociations entre les trois compagnies et le ministre de l'Énergie se tiendront sur le volet technique uniquement. Si elles sont fructueuses, un contrat d'exploration et de production pourra être signé entre les deux parties. Si M. Abi Khalil a affirmé hier qu'il annoncera les résultats de chacune de ces étapes, il ne s'est pas publiquement engagé à publier les conclusions de la LPA et les contrats finaux.

 

 

 

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