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Le gouvernement approuve de nouvelles nominations malgré les critiques de certains ministres

Liban

"Certains points concernant la grille des salaires pourront être amendés lors du débat sur le budget", a déclaré le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil.

03/08/2017

Le gouvernement, réuni mercredi sous la présidence du chef de l'Etat, Michel Aoun, au palais présidentiel de Baabda, a procédé à des nominations qui ont suscité des critiques exprimées par plusieurs ministres. Plusieurs dossiers brûlants ont également été évoqués.

 

Des ministres s'opposent à certaines nominations
Lors de cette séance, le gouvernement a procédé à plusieurs nominations, certaines ayant suscité des critiques de la part de plusieurs ministres.

C'est notamment le cas de celle d'Henri Khoury qui a été nommé à la tête du Conseil d'Etat en remplacement de Chucri Sader.  "Je me suis opposé à cette nomination", a déclaré le ministre des Travaux publics et des Transports, Youssef Fenianos, représentant le courant Marada dirigé par Sleiman Frangié. "Celui qui ne consent pas à la politique du régime doit en somme rentrer chez lui", a-t-il pesté.

Cependant, le juge Sader a été nommé à la présidence de l'une des chambres de la Cour de cassation, a annoncé le ministre de la Justice, Salim Jreissati (proche du président Michel Aoun), à l'origine des permutations.

Par ailleurs, Hadi Abou Farhat a été nommé au sein du conseil d'administration d'Ogero et Ghassan Daher, déjà membre de ce conseil, a été reconduit à son poste . Le ministre de la Santé et l'un des représentants des Forces libanaises au sein du gouvernement, Ghassan Hasbani, et le ministre de l'Education, Marwan Hamadé, se sont opposés à ces nominations au sein de la compagnie publique de téléphonie.

Plusieurs nominations au sein de l'Inspection centrale ont également été approuvées. Moustapha Bayram a été nommé inspecteur général, et Waël Khaddage a été nommé inspecteur général financier.

La nomination de plusieurs mohafez, pourtant prévue à l'ordre du jour, a été retirée des débats.

 

(Lire aussi : Les évêques maronites appellent les députés à réviser le financement de la grille des salaires)

 

Grille des salaires
Plusieurs autres dossiers brûlants ont été évoqués lors de ce Conseil des ministres. "Il est devenu urgent d'adopter un plan de réformes économiques à mettre en œuvre le plus rapidement possible", a déclaré le président Michel Aoun à l'ouverture du Conseil des ministres. A cet effet, la commission ministérielle chargée de plancher sur le plan de réformes a été réactivée.

La loi de la grille des salaires pour la fonction publique est encore en phase d'examen, avait indiqué avant le début de la réunion gouvernementale une source proche du palais de Baabda, citée par les médias locaux. "Ce dossier doit être traité avec responsabilité, en évitant les pièges électoralistes ou populistes", a ajouté cette source.

"Certains points concernant la grille des salaires pourront être amendés lors du débat sur le budget", a déclaré pour sa part le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil.

Pour financer la nouvelle grille des salaires, pour laquelle une ligne de crédit de 1 300 milliards de livres est prévue, le Parlement a adopté mi-juillet une série de majorations fiscales en votant une loi en 20 articles. Une démarche critiquée par plusieurs formations politiques et experts économiques qui dénoncent une hausse des taxes qui pourrait ralentir davantage une économie déjà en récession.

Par ailleurs, le chef du gouvernement, Saad Hariri, a appelé la commission parlementaire des Finances à finaliser l'examen du projet de loi de budget 2017 afin qu'il soit transmis au Parlement. Il est prévu que le Parlement planche sur le budget dans le cadre de sa session extraordinaire, ouverte le 21 juin et qui s'achève le 16 octobre.

 

(Lire aussi : La CGTL appelle le chef de l'État à signer la loi sur la grille des salaires)

 

La visite de Hariri à Washington
"La solution politique en Syrie passe par le retour des réfugiés syriens dans leur pays. En attendant, il est du devoir de la communauté internationale d'aider le Liban", a déclaré le Premier ministre Saad Hariri lors du Conseil des ministres, relatant les détails de son récent déplacement aux Etats-Unis au cours duquel il a rencontré plusieurs responsables américains, ainsi que les dirigeants de la Banque mondiale et du FMI. "La sécurité et la stabilité politique réduisent les risques financiers et pavent la voie aux investissements", a-t-il souligné.

M. Hariri a également évoqué les sanctions pesant contre le Hezbollah et le Liban. Il y a plusieurs jours, une nouvelle proposition de loi, baptisée "Hezbollah International Financing Prevention Act of 2017", visant à durcir les sanctions contre le Liban, a été présentée par des démocrates et des républicains à la Chambre des représentants et au Sénat.

En outre, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohammad Fneich, a déclaré que le Hezbollah n'avait rien à voir avec la cellule terroriste koweitienne connue sous le nom d'el-Abdali, et dont on reparle ces jours-ci à l'occasion du verdict... Dans ce cadre, le gouvernement a exprimé son attachement aux relations du Liban avec le Koweït. Pour rappel, le ministre koweïtien des Affaires étrangères a adressé, par le biais de son ambassadeur au Liban, une note de protestation concernant l'implication du Hezbollah dans la cellule. Lundi, le chef du bloc parlementaire du courant du Futur, Fouad Siniora, avait tiré à boulets rouges contre le parti chiite sur cette question.

Sur un autre plan, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a déclaré que le dossier des législatives partielles dans le Kesrouan et à Tripoli allait être examiné lors du prochain Conseil des ministres. Pour rappel, les sièges de Michel Aoun (Kesrouan), Badr Wannous (Tripoli), décédé le 5 janvier 2017, et Robert Fadel (Tripoli), qui a présenté sa démission le 30 mai 2016, sont toujours vacants.

 

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Antoine Sabbagha

Les points qui grillent comme la loi des loyers et celle des salaires ont été une fois de plus ajournés. Triste .

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