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À La Une - syrie

Des intellectuels français interpellent Macron sur son revirement vis-à-vis d'Assad

Dans cette tribune publiée lundi par le journal Libération, chercheurs, journalistes et écrivains démontent point par point l'analyse du dossier syrien effectuée par le président français.

Le président français, Emmanuel Macron (photo Reuters/Philippe Wojazer), et son homologue syrien, Bachar el-Assad (Handout / Syrian Presidency Press Office / AFP).

Une centaine d'intellectuels et spécialistes français ou syriens ont adressé une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour critiquer son revirement vis-à-vis du président syrien Bachar el-Assad, qu'ils qualifient d"erreur d'analyse majeure".

Dans cette tribune publiée lundi par le journal Libération, chercheurs, journalistes et écrivains démontent point par point l'analyse du dossier syrien effectuée par le président français dans une récente interview au quotidien Le Figaro.

M. Macron avait notamment déclaré qu'il ne voyait pas de "successeur légitime" à Bachar el-Assad, et que ce dernier n'était pas "l'ennemi" de la France, mais celui du peuple syrien.

"C'est une erreur d'analyse majeure qui non seulement affaiblira la France sur la scène internationale mais n'endiguera en aucune manière le terrorisme", écrivent les signataires, dont l'écrivaine et l'intellectuel syriens Samar Yazbek et Yassin al-Haj Saleh, les chercheurs Ziad Majed, Vincent Geisser ou Leïla Seurat, les journalistes Edith Bouvier ou Garance Le Caisne.

 

(Lire aussi : La morale entre Macron et Assad)


"En reconnaissant la légitimité de Bachar el-Assad, alors même que ses crimes sont largement documentés, vous placez la France dans la position d'Etat complice", déplorent-ils.
"Vous déclarez vouloir poser deux lignes rouges, +les armes chimiques et l'accès humanitaire+. Celles-ci ont été franchies depuis longtemps en toute impunité. Vous en excluez d'autres: bombardements des populations civiles, tortures et incarcérations de masse, sièges de villes, enrôlements forcés... ces exactions sont tout autant inacceptables", dénoncent-ils.

Ils reprochent à M. Macron d'aligner la diplomatie française sur les positions américaine et russe, en donnant "un blanc-seing" au régime au nom de la lutte antiterroriste, alors que selon eux Assad "n'est pas l'ennemi du terrorisme, il en est le promoteur".

Enfin, les signataires reprochent au président français d'"infantiliser tout un peuple". "Vous n'envisagez pas qu'il puisse désigner lui-même un successeur légitime à Assad", s'indignent-ils.
La guerre en Syrie a fait depuis mars 2011 plus de 320.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

 

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Une centaine d'intellectuels et spécialistes français ou syriens ont adressé une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour critiquer son revirement vis-à-vis du président syrien Bachar el-Assad, qu'ils qualifient d"erreur d'analyse majeure".
Dans cette tribune publiée lundi par le journal Libération, chercheurs, journalistes et écrivains démontent point par point l'analyse du...

commentaires (12)

""money money money.... "" pour ceux qui ne connaissent pas cette chanson des Abbba : "des sous, des sous, des sous" macron ne deroge pas aux moeurs de ses collegues ailleurs ds le monde, mais eux ont au moins le chic- meme si c de l'hypocrisie- de ne pas quasiment innocenter assad indirectement.... de au moins respecter les souffrances des syriens.

gaby sioufi

10 h 42, le 04 juillet 2017

Tous les commentaires

Commentaires (12)

  • ""money money money.... "" pour ceux qui ne connaissent pas cette chanson des Abbba : "des sous, des sous, des sous" macron ne deroge pas aux moeurs de ses collegues ailleurs ds le monde, mais eux ont au moins le chic- meme si c de l'hypocrisie- de ne pas quasiment innocenter assad indirectement.... de au moins respecter les souffrances des syriens.

    gaby sioufi

    10 h 42, le 04 juillet 2017

  • Macron ne voit pas de "successeur légitime" au président actuel. Peut-être, mais Bachar est-il lui-même "légitime"? La légitimité, nous dit le Larousse est "la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice ou en équité". On ne voit guère lequel de ces trois points est ici applicable.

    Yves Prevost

    07 h 25, le 04 juillet 2017

  • Macron parle beaucoup Il n'a rien prouvé jusqu'à maintenant ça lui permet de maintenir les sondages en situation haute

    FAKHOURI

    18 h 29, le 03 juillet 2017

  • Des intellos bobo de gauche. Lol...

    FRIK-A-FRAK

    18 h 08, le 03 juillet 2017

  • Les Francais ont tout dit...ils ont raison...

    Soeur Yvette

    16 h 40, le 03 juillet 2017

  • M. Macron avait notamment déclaré qu'il ne voyait pas de "successeur légitime" à Bachar el-Assad, et que ce dernier n'était pas "l'ennemi" de la France, mais celui du peuple syrien. mis c'est terrible cette phrase !!!!!!!!!! donc nous les lecteurs lambda on peu conclure que ce qui importe c'est la France et on s'en fou comme de notre premiere chaussette du peuple syrien qui lui peu bien mourir sous les barrils d'explosif mais je sais que Macron a user de pragmatisme politique en declarant cela ... et je suis plus que sure que l'assassin bachar ne fera pas partie de l'avenir de la syrie !!!

    Bery tus

    16 h 15, le 03 juillet 2017

  • Libération donné la parole à des "intellectuels, dont syriens" qui "raclent Macron" C'est globalement dans sa ligne politique , et son droit de journal libre. "De gauche" Mais revenons à la réalité. Si les "syriens libres" avaient représenté " une alternative crédible" au Régime Assad, ils se seraient regroupés A l'étranger en un unique "gouvernement de Syrie Libre" dirigeant "la lutte contre la dictature bassiste" et forgeant "un projet démocratique alternatif" exposé à toutes les nations intéressées par la fin du carnage A l'intérieur en une résistance nationale syrienne...sans collusion avec les djihadistes de tous poils...et non en groupuscules parmi les groupuscules djihadistes, négociant avec eux et même parfois "leur vendant les armes légères données par les occidentaux" effectivement, au niveau politique, la "résistance syrienne" s'est comportée comme des groupes politiquement infantilises. Alors , pour Macron, que faire pour ne pas ajouter de la boue au bourbier?

    Chammas frederico

    15 h 49, le 03 juillet 2017

  • ON N,A PAS BESOIN DES INTELLECTUELS POUR JUGER LES ASSAD ET MONTRER LEURS CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ. ILS SONT CONNUS ET RECONNUS DEPUIS DES ANNÉES COMME LES PIRES CRIMINELS. MACRON JOUE À QUOI DANS CETTE HISTOIRE. LA GRENOUILLE QUI VEUT SE FAIRE AUSSI GROSSE QUE LE BOEUF ?

    Gebran Eid

    14 h 02, le 03 juillet 2017

  • Les intellos gauchocrates Made In France , sont les boulets endémiques de la société française...! de même que , les journaux gauchocrates, sont des outils de propagande usés 28 ans après la chute du mur de Berlin , ils tentent encore au 21ème siècle , d'exister et d'influencer les politiques ,hélas pour eux, avec leur mentalité du 20ème , c'est plutôt la dégénérescence validée qui s'est installée ....!

    M.V.

    13 h 47, le 03 juillet 2017

  • ET LES INTELLECTUELS ONT INDENIABLEMENT RAISON ! GRAVE EVALUATION DES FAITS... MAIS ON SE VEND POUR DE MENUS CONTRATS AVEC L,IRAN...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 18, le 03 juillet 2017

  • Oh que c’est bien écrit : ""c’est une erreur d’analyse majeure qui non seulement affaiblira la France sur la scène internationale mais n’endiguera en aucune manière le terrorisme."" ""La seule solution de sortie du conflit en Syrie est politique et doit se faire sans Bachar al-Assad."" Ils ont raison, les spécialistes, les intellectuels, les chercheurs, et ils n’ont pas oublié le précédent Obama-Hollande. Le président Macron lira bien l’appel, comme les précédents présidents ont lu par le passé d’autres appels d’intellectuels.

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    13 h 02, le 03 juillet 2017

  • "En reconnaissant la légitimité de Bachar el-Assad, alors même que ses crimes sont largement documentés, vous placez la France dans la position d'Etat complice", déplorent-ils. La France complice de Bachar ! C'est très fort de café ce matin !

    L'ARCHIPEL LIBANAIS

    13 h 00, le 03 juillet 2017

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