X

À La Une

La lutte antiterroriste, "priorité absolue" de la politique étrangère française

france

"Cette thématique - la sécurité- a toujours été dans la feuille de route des ministres des Affaires étrangères, mais rarement de manière aussi affirmée", constate un diplomate.

OLJ/AFP/ Cécile FEUILLATRE
20/06/2017

Durement frappée par des attentats depuis 2015, la France a fait de la sécurité un des axes majeurs de sa politique étrangère, mais cette ligne semble encore s'être renforcée avec l'arrivée d'Emmanuel Macron, certains évoquant même une "diplomatie antiterroriste".

"Priorité absolue", "fondamentale" : le chef de l'Etat évoque le sujet du terrorisme quasiment à chacune de ses interventions, qu'il s'agisse d'une rencontre avec un chef d'Etat ou lors de discours intérieurs.
L'une de ses premières mesures a été la création d'une task force antiterroriste à l'Elysée, l'un de ses premiers voyages à l'étranger a été pour visiter les troupes françaises engagées au Mali.

Et il a nommé à la diplomatie Jean-Yves Le Drian, ex-ministre influent de la Défense, qui a mis en musique les interventions françaises au Mali, dans le Sahel, en Irak et en Syrie, décidées par l'ancien président socialiste François Hollande. En arrivant au Quai d'Orsay, M. Le Drian s'est d'ailleurs engagé à "poursuivre d'une autre manière" son combat "pour la sécurité des Français".

"Cette thématique - la sécurité- a toujours été dans la feuille de route des ministres des Affaires étrangères, mais rarement de manière aussi affirmée", constate un diplomate.


(Lire aussi : Emmanuel Macron, un acteur politique hybride entre Mitterrand et Hollande)

 

"Pragmatisme"
Ni l'Elysée ni le ministère des Affaires étrangères ne s'expriment beaucoup, assurant refuser toute "diplomatie déclarative". Mais qu'il s'agisse de la Libye, du Sahel ou de la Syrie, les mots d'ordre dans l'entourage du chef de la diplomatie sont: "pragmatisme", "réalisme", et "défense des intérêts français".

Les premiers déplacements de M. Le Drian ont été essentiellement consacrés à des thématiques sécuritaires: il s'est rendu en Tunisie, en Egypte, en Algérie pour parler Libye, il sera mardi à Moscou pour évoquer la Syrie.
"La Libye est une priorité absolue", explique une source gouvernementale, et la France, forte des relations "excellentes" établies par M. Le Drian lorsqu'il était ministre de la Défense avec le président égyptien Abdel Fattab al-Sissi, entend jouer un rôle de premier plan pour juguler la crise.

L'Egypte, menacée par le chaos libyen à ses frontières, soutient sur le terrain le maréchal Khalifa Haftar, qui conteste l'autorité du gouvernement de Fayez al-Sarraj installé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale. Paris entend désormais prendre en compte "la réalité du terrain" (et les succès militaires de Haftar, considéré comme un rempart contre les groupes terroristes) pour pousser une solution politique.


(Lire aussi : Paris, le « messager » européen du Golfe ?)

 

Concernant la Syrie, la France est concentrée sur la chute de Raqqa, le fief du groupe Etat islamique où ont été planifiés les attentats en France et où se trouveraient encore des dizaines de jihadistes français.
Paris veut jouer "le pragmatisme" avec Moscou, allié indéfectible de Damas, et "entrer dans le dossier avec un seul principe: assurer la sécurité des Français", selon la source gouvernementale. "On change d'approche. On a besoin d'une solution politique, mais on commence par éradiquer l'Etat islamique".

Lors de sa rencontre à Versailles fin mai avec le président russe Vladimir Poutine, Emmanuel Macron a proposé de renforcer le partenariat avec la Russie pour "gagner la guerre contre le terrorisme" en Syrie. Il a certes évoqué la nécessité d'une "transition politique" dans ce pays ravagé par six ans de guerre, mais en restant très flou, et en évitant d'aborder le sort du président syrien Bachar el-Assad.

La France a longtemps réclamé à cor et à cri le départ du président syrien. Cette doctrine s'était atténuée depuis les attentats de 2015, mais, comme le constate Monzer Makhous, un responsable de l'opposition syrienne en exil, "la problématique Assad n'est plus la priorité".
Cette approche fait grincer quelques dents au Quai d'Orsay, où "la vision très défense" du nouveau locataire "n'est pas forcément dans la tradition de la maison", selon un diplomate.
"On ne fait pas de la diplomatie en faisant uniquement du sécuritaire, c'est une vision un peu réductrice", remarque un autre.

"L'Elysée est très à l'écoute des préoccupations des ONG", nuance de son côté un responsable humanitaire, qui s'interroge cependant sur la vision française à long terme de la résolution des crises au Moyen-Orient et en Afrique.

 

Lire aussi
Avec Macron et Le Drian, une nouvelle impulsion dans les rapports franco-libanais

Emmanuel Macron, ou la politique autrement

Lire aussi à la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Un peu plus de Médéa AZOURI

Parce qu’il y a hommes et hommes...

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.