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À La Une - Diplomatie

Paris voit une "fenêtre d'opportunité" avec Moscou sur la Syrie

"Nous sommes doublement réalistes. Le réalisme, c'est de ne pas faire du départ de Bachar el-Assad un préalable à la négociation. Le réalisme, c'est aussi de ne pas faire croire qu'il puisse y avoir une solution du conflit autour de lui", déclare Jean-Yves Le Drian.

Des combattants rebelles tirant contre des positions des forces gouvernementales syriennes à Qouneitra, le 28 juin 2017. Photo AFP / Mohamad ABAZEED

La France estime qu'il existe "une fenêtre d'opportunité" avec la Russie pour avancer de concert dans le règlement du conflit syrien, déclare dans Le Monde de jeudi Jean-Yves Le Drian, qui invite au "réalisme" sur le sort de Bachar el-Assad.

Le chef de la diplomatie française, qui donne sa première interview depuis son entrée en fonctions le 17 mai après cinq années à la Défense, a amorcé un rapprochement avec les Russes lors d'une visite à Moscou le 20 juin dernier, sous le sceau de la lutte antiterroriste, l'une des priorités d'Emmanuel Macron.

Jean-Yves Le Drian avait alors salué un nouvel "esprit de confiance" dans les relations bilatérales, parachevant le tournant amorcé fin mai par le président français qui a affiché sa volonté de rompre avec la défiance des dernières années en invitant Vladimir Poutine à Versailles.

"Je ne peux pas entrer dans les détails mais je pense qu'il y a, avec la Russie, une fenêtre d'opportunité en ce moment", déclare le ministre des Affaires étrangères dans Le Monde. "Comme tout le monde, les Russes sont conscients qu'il n'y a pas de solution militaire", explique Jean-Yves Le Drian.

"Avec une nouvelle méthode consistant à établir une base de principes robustes et incontestables, sans établir de préalables rhétoriques mais en créant de nouvelles passerelles entre les différents acteurs, on doit pouvoir avancer", ajoute-t-il sans autres précisions.

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, avait mis en exergue le 20 juin "une compréhension mutuelle de la situation" en Syrie, mais aucune mesure concrète n'est pour l'heure avancée.

Paris et Moscou prônent une solution politique au conflit sur la base de la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité de l'Onu, laquelle réaffirme que le seul moyen de régler durablement la crise est un processus politique ouvert, conduit par les Syriens, en accord avec les dispositions de l'accord de Genève du 30 juin 2012.

 

(Pour mémoire : Les déclarations de Macron sur la Syrie le « décrédibilisent aux yeux d'une grande partie de ceux qui croyaient à son rôle »)

 

"Groupe de contact"
Jean-Yves Le Drian ne fait pas mention de ce cadre de négociations dans l'interview mais confirme l'"aggiornamento" énoncé par Emmanuel Macron le 21 juin dans un entretien à la presse européenne, au grand dam de l'opposition syrienne.

Le président français a écarté officiellement la destitution de Bachar el-Assad comme un préalable à tout règlement politique, en ligne avec le Kremlin, au nom du "pragmatisme".

En ajoutant que personne ne lui avait présenté de "successeur légitime" au dirigeant syrien, il a en outre paru jeter un doute sur les négociations de Genève entre les dirigeants de Damas et l'opposition syrienne. "Ça brouille le message", concède un diplomate.

"Nous sommes doublement réalistes. Le réalisme, c'est de ne pas faire du départ de Bachar el-Assad un préalable à la négociation. Le réalisme, c'est aussi de ne pas faire croire qu'il puisse y avoir une solution du conflit autour de lui", justifie Jean-Yves Le Drian.

 

(Lire aussi : Virage ? Mirage ? L'édito de Issa Goraieb)

 

A la question de savoir si les Russes partagent cette approche, le ministre répond, lapidaire : "Vous avez entendu les Russes dire que Bachar el-Assad représente l'avenir de la Syrie?"

"Il faut (...) explorer toutes les voies du dialogue et mettre en œuvre un processus de transition avec tous ceux qui adhèrent" à quatre principes posés par la France : lutte contre "tous les terrorismes", interdiction de la fabrication ou de l'emploi d'armes chimiques, accès à l'aide humanitaire, solution politique "inclusive", dit-il.

Paris réfléchit à la création d'un "groupe de contact" d'une dizaine de pays pour débloquer la situation, dit-on de source diplomatique française.

En "pactisant" avec la Russie, la France tire aussi les conséquences du désengagement des Etats-Unis du processus. "Les Américains disent : 'Pour l'instant on fait la guerre contre l'Etat islamique, après on verra'", observe un diplomate.

Quant aux Russes, "ils n'ont pas d'autre chose à se mettre sous la dent que les Français", constate non sans cynisme un diplomate européen.

 

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IL Y A CONNIVENCE... ET LA FRANCE VIENT DE REJOINDRE LES DEUX AUTRES... QUEL GENRE DE CONNIVENCE ? ON LE SAURA... LES MARCHANDAGES REGIONAUX, MALGRE TOUT CE QU,ON VOIT ET L,ON ENTEND, VONT BON TRAIN ! C,EST POURQUOI CERTAINS DE CHEZ NOUS ESSAYENT DE PRENDRE LE PAYS ET LE PEUPLE EN OTAGE POUR S,EN PREMUNIR CONTRE ...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

22 h 16, le 29 juin 2017

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Commentaires (1)

  • IL Y A CONNIVENCE... ET LA FRANCE VIENT DE REJOINDRE LES DEUX AUTRES... QUEL GENRE DE CONNIVENCE ? ON LE SAURA... LES MARCHANDAGES REGIONAUX, MALGRE TOUT CE QU,ON VOIT ET L,ON ENTEND, VONT BON TRAIN ! C,EST POURQUOI CERTAINS DE CHEZ NOUS ESSAYENT DE PRENDRE LE PAYS ET LE PEUPLE EN OTAGE POUR S,EN PREMUNIR CONTRE ...

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