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Edouard Philippe chargé de former un nouveau gouvernement pour engager les réformes

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Le remaniement devrait être d'ampleur limitée, selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

OLJ/AFP
19/06/2017

Le Premier ministre français, Edouard Philippe, a été chargé lundi par Emmanuel Macron de former un nouveau gouvernement d'ici mercredi soir, au lendemain des législatives qui ont accordé une franche majorité au président centriste, lui permettant d'engager ses chantiers de réformes.

Formalité classique après un scrutin législatif, le Premier ministre a démissionné mais a été reconduit aussitôt dans ses fonctions par le président qui l'a chargé de former une nouvelle équipe. Le remaniement devrait être d'ampleur limitée, selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.
Le nouveau gouvernement ne comprendra toutefois pas un proche d'Emmanuel Macron, le ministre de la Cohésion territoriale Richard Ferrand, visé par une enquête préliminaire de la justice dans une affaire immobilière.

Après avoir réussi son pari d'un grand renouvellement politique, avec notamment la fin du bipartisme droite gauche, Emmanuel Macron, le plus jeune président de France à 39 ans, entend s'atteler à ses nouvelles priorités sur le plan intérieur : moralisation de la vie politique, réforme du droit du travail et renforcement de l'arsenal antiterroriste.

Le parti présidentiel la République en marche (REM) et sa formation alliée du MoDem (centriste) ont obtenu dimanche une large majorité absolue à l'Assemblée, balayant les autres partis en emportant 350 des 577 sièges (dont 308 pour REM seul).
Laminé, le parti socialiste n'obtient que 30 élus contre 284 dans l'Assemblée sortante. Les Républicains (droite) parviennent à en conserver 112 (130 avec leurs alliés centristes). Déçu dans ses ambitions, le parti d'extrême droite Front national conquiert néanmoins 8 sièges (contre 2 auparavant), dont un pour sa présidente Marine Le Pen.

Les électeurs ont-ils pour autant donné un blanc-seing au président pour conduire ses réformes? Pas tout à fait, relève la presse, en raison de l'abstention historique ayant marqué l'élection (57% au second tour), perçue comme le refus d'une "carte blanche" au nouvel exécutif.

 

(Lire aussi : Macron a toutes les cartes mais pas de blanc-seing, selon la presse)

 


"Nous obtenons une majorité nette mais en même temps les Français n'ont pas voulu signer de chèque en blanc", a admis Christophe Castaner.

"Le peuple est entré en grève générale civique", a lancé le héraut de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, élu à Marseille (sud) et dont le parti vieux d'un an à peine, La France insoumise, a obtenu 17 sièges.

Plusieurs rassemblements, de quelques centaines de personnes, ont eu lieu lundi dans le pays, à l'appel notamment de syndicats et d'associations, pour dénoncer les prochaines réformes de l'exécutif, accusé comme à Paris de vouloir procéder à un "plan de destruction sociale massive". A Lyon (centre-est) ils étaient 300 à demander : "face aux ordonnances, défendons nos conquêtes sociales!".

L'élection législative a consacré les jeunes partis et les nouveaux venus en politique : 91% des nouveaux députés REM et 100% de ceux de la France insoumise n'ont jamais siégé à l'Assemblée nationale.
Sur les 345 députés candidats à la réélection seuls 140 ont passé la rampe. Et parmi les députés figurent maintenant 224 femmes, un nombre record.

 

(Repère : L'Assemblée française s'offre un nouveau visage, rajeuni, renouvelé, féminisé)

 

Agenda européen
"Seule l'abstention record vient ternir une victoire qu'aucun commentateur n'a anticipée en début de campagne", analysait lundi le quotidien de gauche Libération.
"En deux élections et quatre tours de scrutin, la révolution En marche!, à laquelle personne ne voulait croire, a déferlé sur la France comme un tsunami", a commenté le journal de droite Le Figaro.

Pour le constitutionnaliste Didier Maus, "on a tiré contre tout ce qui représentait un système antérieur et on essaie autre chose".

Dans cette configuration, le chef de l'État, qui "marche sur l'eau" selon The Economist, a les coudées franches pour lancer de délicates réformes d'inspiration libérale-sociale.

En réussissant son dernier pari - le contrôle de l'Assemblée - Emmanuel Macron, voit sa position renforcée au niveau européen, à la veille d'un Conseil européen et alors que commencent les négociations sur le Brexit.
Cet Européen convaincu, prônant "une France forte dans une Europe forte" doit participer à Bruxelles à ce Conseil des 22 et 23 juin consacré à des questions clefs comme les migrations, la sécurité, la défense... Il a rencontré ces derniers jours plusieurs dirigeants européens pour discuter de la relance de l'Union, dans les domaines des droits sociaux, de la directive des travailleurs détachés ou de la gouvernance de la zone euro.

 

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