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Liban

Loi électorale : le 19 juin, nouveau délai

Éclairage
04/05/2017

Le récent discours du secrétaire général du Hezbollah a servi de nouveau catalyseur au débat sur la loi électorale, en dépit des réactions mitigées qu'il a suscitées. Le leader chiite a indiqué que les puissances étrangères prêtent peu d'attention au Liban, lequel se trouve au bord du précipice.
Ce faisant, il s'est comme substitué aux diplomates qui avaient jusqu'à tout récemment pressé les parties à tenir les élections coûte que coûte, surtout qu'il existe une loi toujours en vigueur et modelable, le cas échéant. Ces appels avaient été assortis de mises en garde étrangères contre une crise institutionnelle si les délais ne sont pas honorés. Ces mises en garde ont résonné indirectement dans le discours de Hassan Nasrallah, et c'est sous cet angle que le discours est perçu favorablement par des milieux des Forces libanaises (FL).

Même si des milieux du 8 Mars retiennent surtout de ce discours sa critique du langage communautariste et du recours à la rue, c'est-à-dire du langage qu'avait fait sien le tandem chrétien, les milieux des FL préfèrent mettre l'accent sur « la souplesse » de ses propos « rassembleurs » et qui rassurent aussi bien les druzes que les chrétiens. Il s'agit pour ces mêmes milieux d'une « lueur d'espoir » à même d'éclairer la voie du consensus autour de la loi électorale. Les FL vont jusqu'à critiquer la méthode du vote qu'avaient envisagée le Courant patriotique libre et, possiblement, le courant du Futur, pour achever la réforme électorale.
Les Forces libanaises tentent de se démarquer de leurs alliés en défendant une position équidistante à l'égard du Hezbollah, d'une part, et du Courant patriotique libre, de l'autre. Aussi les milieux FL estiment-ils que M. Nasrallah a adressé un appel implicite au calme à Gebran Bassil, un souhait presque amical, le compromis étant la voie incontournable de la réforme électorale.

 

(Lire aussi : Une séance de « récapitulation électorale » aujourd'hui)

 

Sur le fond du débat, les milieux FL indiquent que le Hezbollah a fait une concession en renonçant à sa demande de la proportionnelle intégrale appliquée à la circonscription unique. C'est d'ailleurs la seule proposition que refusent les FL. Les milieux de ce parti disent n'avoir de veto sur aucun autre projet, et se disent ouverts à la proportionnelle sur base de circonscriptions restreintes. « Nous acceptons toute loi qui accorde cinquante sièges parlementaires à la composante chrétienne (comprendre aux partis chrétiens forts, NDLR). Et cela, quel que soit le mode de scrutin, mixte ou proportionnel », insistent les milieux FL, comme pour répondre à Hassan Nasrallah qui s'est dit ouvert à toute loi à même de calmer les appréhensions des druzes et des chrétiens.

Mais, au-delà des prises de position ouvertes, le débat a-t-il des chances sérieuses d'aboutir à une réforme électorale ? La séance du 15 mai, fixée à l'origine pour examiner l'approbation d'une nouvelle rallonge du mandat parlementaire, semble avoir été vidée de son objectif. Réagissant à la décision de factions chrétiennes et du courant du Futur de la boycotter si une nouvelle loi n'est pas trouvée entre-temps, le président de la Chambre a apaisé le débat en disant que cette séance ne sera que consensuelle. Résultat : sans une nouvelle loi avant le 15 mai, la séance n'aura aucun effet. « Elle n'est qu'un moyen comme un autre d'inciter les parties à une entente », selon les termes d'un ministre, qui précise que la véritable date butoir est désormais le 19 juin, date de l'expiration du mandat du Parlement.

Alors que des milieux ministériels se disent optimistes quant à la possibilité d'approuver une nouvelle loi « à la dernière minute », l'autre option serait de renouveler in extremis les délais de la loi de 1960. La première option comme la seconde semblent sécurisées par la disposition du chef de l'État à signer le décret d'ouverture d'une session extraordinaire du Parlement jusqu'au 19 juin, la session ordinaire expirant le 31 mai.

 

(Lire aussi : Le grand malentendu... La tribune de Samy Gemayel)

 

Quoi qu'il en soit, ce que doit dire le président de la République à l'ouverture du Conseil des ministres aujourd'hui à Baabda devrait permettre de réorienter le débat dans un sens ou dans l'autre. Des milieux politiques informés révèlent qu'une réunion tripartite pourrait se tenir à Baabda en marge du Conseil entre le chef de l'État, le Premier ministre et le président de la Chambre. Cette réunion pourrait s'élargir ensuite pour inclure des représentants du CPL, des FL et du Parti socialiste progressiste. L'objectif en serait de fixer ne serait-ce que les principes de la nouvelle loi électorale.

À en croire des sources du comité ad hoc qui avait été chargé d'élaborer une nouvelle loi, la réforme se limiterait désormais à une alternative : le mode de scrutin mixte, défendu alternativement par le CPL, les FL, le PSP et le courant du Futur, et la proportionnelle appliquée à treize circonscriptions. La seconde formule s'inspire du projet Mikati et serait propice à une réduction éventuelle de la taille des circonscriptions pour faciliter le consensus. Si la volonté y est, le débat devra au moins être tranché incessamment entre l'une et l'autre de ces deux formules.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE VIENS DE RENTRER DE MON SECOND VOYAGE EM TRENTE JOURS DANS LE PAYS. LE CONSTAT EST DES PLUS NEGATIFS. MALGRE LA GROGNE GENERALE CONTRE LA PRESENCE DES SYRIENS... MALGRE LA DECEPTION GENERALE POUR LE NON ACCORD SUR UNE LOI ELECTORALE... LES UNS SONT POUR BACHAR ET SES ACCESSOIRES ET LES AUTRES CONTRE... LES UNS SONT POUR LES LOIS MIXTES ET LES AUTRES POUR LES PROPORTIONNELLES... CHACUN POUR LA LOI TAILLEE A LA MESURE DES INTERETS DE SON PANURGE ... TOUS SONT DU MEME AVIS QUAND IL FAUT SUIVRE LE PANURGE HERITIER DES PANURGES DE SES PERES... ET S,IL Y A ELECTIONS LES MEMES PANURGES SERONT ELUS PAR LES MEMES MOUTONS... POURTANT TOUS PARLENT D,UN BON DEBARRAS GENERAL... MAIS DANS LE FOND CHACUN ENTEND DEBARRAS DES AUTRES NON DES SIENS.
CONSTATATIONS AIGRES DANS UN PAYS OU MES CONCITOYENS
SE VEULENT CIVILISES ET PRETENDUMENT DEMOCRATES !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

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Le Faucon Pèlerin

Appel aux Français et aux Libanais :

Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba, au moins vous êtes sûrs de n'avoir que 40 voleurs.

Jean d'Ormesson
Chahine Bouez

Irene Said

"...que les puissances étrangères prêtent peu d'attention au Liban..."
Pourquoi prêteraient-elles encore de l'attention à un pays avec des responsables incapables de s'entendre entre eux pour le bien de leur patrie ?
A quoi bon nous aider, alor que par expérience elles savent trop bien que ces aides disparaîtront en partie dans ls poches de nos dirigeants corrompus, et que rien ne sera fait pour mettre en oeuvre les projets et programmes pour les-quels ces puissances nous aident depuis des années ?
Messieurs Michel Aoun, Nabih Berry et Saad Hariri, jusqu'à quand cette mascarade ignoble de nouveaux délais pour établir une nouvelle loi électorale va-t-elle continuer ?
Irène Saïd

George Khoury

bande de voleurs

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