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Liban

Législatives : le patriarche Raï marque sa préférence pour le projet de Marwan Charbel

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Le chef de l'Église maronite a pris l'avion pour Rome, où il transmettra au pape François une invitation officielle à visiter le Liban.

OLJ
03/05/2017

Le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a ouvertement exprimé sa préférence hier pour le projet de loi électorale mis au point par l'ancien ministre de l'Intérieur Marwan Charbel et adopté par le gouvernement Nagib Mikati.

Le chef de l'Église maronite a fait part de cette position avant son départ pour Rome, où il participera aux travaux de la commission pontificale des communications sociales dont il fait partie et prendra en charge ses nouvelles fonctions de membre du tribunal de la rote (tribunal de grande instance) romaine.
« Je ne suis pas en faveur de la loi de 1960, a réaffirmé le patriarche, interrogé par la presse au salon d'honneur de l'aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth. J'ai seulement dit que faute de promulgation d'une nouvelle loi, et dans le cas où le mandat de la Chambre actuelle s'écoulerait sans qu'une nouvelle loi électorale soit votée, la loi en vigueur est là et rien ne justifie en pareil cas que le mandat de la Chambre soit prorogé, au nom de la continuité des institutions. » « Toutefois, a repris le patriarche, j'ai depuis lors écouté les explications du président Hussein Husseini (ancien président de la Chambre), qui considère que la loi électorale de 1960 est invalide parce que, votée sous le mandat du président Fouad Chéhab (1958-1964), elle a été amendée à l'époque de la présence syrienne au Liban, et son esprit n'est plus compatible avec l'esprit du projet initial. »

Et le chef de l'Église maronite d'enchaîner : « M. Husseini a ajouté, et là-dessus aussi je suis d'accord, qu'entre tous les projets de loi électorale élaborés – il en existe plus de 25 –, un seul est véritablement légitime, celui que le ministre de l'Intérieur de l'époque, Marwan Charbel, a élaboré sous le gouvernement de Nagib Mikati ; et sa légitimité, il la doit au fait qu'il a été voté par le gouvernement et envoyé au Parlement, mais qu'il n'a plus été soumis au vote de cette Chambre. »
« Je ne dis pas que je suis pour la loi de 1960, a repris le patriarche, mais je dis : évitons la prorogation (du mandat de la Chambre) et évitons le vide (un pays sans Chambre des députés). Mais ce n'est pas à moi de me prononcer sur la proportionnelle ou sur toute autre formule ; c'est aux différents blocs politiques et parlementaires. À ces derniers, nous conseillons de voter pour la loi électorale qui accordera la valeur qu'elle mérite à la voix des Libanais, selon le principe que le peuple est la source de tous les pouvoirs, et que c'est lui qui demande des comptes aux députés. L'autre principe que nous défendons, c'est que tout Libanais a le droit se présenter aux élections. Trouvons donc la loi électorale qui garantit le respect de ces deux principes, et rejetons tout le reste. »

 

(Lire aussi : Nasrallah se pose en arbitre suprême : Le consensus sinon le chaos)

 

Qu'arrivera-t-il si les délais s'écoulent sans que cette nouvelle loi soit trouvée ? À cette question rhétorique, le patriarche maronite a répondu : « L'arbitre sera la Constitution. Le président doit faire ce que lui dicte la Constitution. »

Par ailleurs, le patriarche a annoncé qu'il va transmettre au pape François une invitation officielle à visiter le Liban de la part de l'assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban. Il est de coutume, a-t-il expliqué, après toute invitation adressée par les autorités civiles d'un pays au souverain pontife, de la faire suivre d'une seconde invitation des autorités religieuses de ce pays.

Le patriarche s'est par ailleurs expliqué sur son absence du Caire, lors de la récente visite au Caire du pape François (28-29 avril). Et de préciser que des engagements pris antérieurement à la décision d'effectuer cette visite l'en ont empêché : une réunion de tous les séminaristes se préparant au sacerdoce au Liban, ainsi que la célébration du jubilé d'or de l'école Cadmus, à Tyr. Il a précisé qu'une délégation épiscopale présidée par Mgr Boulos Matar et comprenant les évêques Boulos Sayah et Georges Chihan (évêque maronite d'Égypte) l'a représenté aux diverses cérémonies qui ont marqué la visite papale.

 

(Lire aussi : Le Conseil des ministres se réunira sans entériner une réforme électorale)

 

Lors de son voyage à Rome, le patriarche sera accompagné aux réunions de la commission pontificale des communications sociales par Walid Ghayad, responsable de la communication au siège patriarcal.
Par ailleurs, le patriarche Raï a reçu lundi une délégation de députés et d'hommes d'affaires brésiliens d'origine libanaise, venus participer au congrès de la diaspora libanaise organisé à l'initiative du ministère des Affaires étrangères. La délégation était accompagnée de l'évêque maronite du Liban au Brésil, Edgar Madi, de l'ambassadeur du Brésil au Liban, Georges Kadri, du directeur exécutif du Parlement au Brésil Khalil Karam et du responsable de la Fondation maronite dans le monde au Brésil, Milad Khoury.

 

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VOUS ETES BERGER DES ESPRITS CAD DES AMES ET NON PANURGE DES MOUTONS...

Marie Claude Hélou Saadé

Nous aimerions répondre à ceux qui soutiennent que «la loi de 1960 est invalide parce que, votée sous le mandat du président Fouad Chéhab (1958-1964), elle a été amendée à l'époque de la présence syrienne au Liban, et son esprit n'est plus compatible avec l'esprit du projet initial» que seule une loi peut en abroger une autre. La « validité » d’une loi ne se mesure pas par rapport à son degré de compatibilité avec l’esprit d’une loi antérieure. C’est un non-sens juridique. La loi de 1960 est la loi en vigueur. C’est dommage que le Patriarche ait adopté ce point de vue sans s’assurer de sa juridicité.

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