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Liban

Rachana, Smar Jbeil, Eddé et Basbina : la douceur verte des montagnes de Batroun

Quoi faire ce week-end

Le tourisme rural est une des priorités de « L'Orient-Le Jour ». À partir d'aujourd'hui, ses lecteurs retrouveront chaque vendredi une nouvelle rubrique qui lui est dédiée : « Quoi faire ce week-end ».

07/04/2017

Partez tôt le matin de Beyrouth pour éviter les embouteillages. Il serait bon de ne pas quitter la capitale après 10h du matin. Ne prenez pas de petit-déjeuner, vous le ferez plus tard, dans un charmant village face à une vieille église. Mettez le cap sur Batroun.

La promenade est belle au printemps avec une nature aux couleurs douces et variées : des arbres aux différentes tonalités vertes, des glycines en fleur et des champs clairsemés de cyclamens et de coquelicots. Le paysage mêle le plat de la mer, la rondeur des petites montagnes et les angles des champs cultivés en terrasse. Sur l'autoroute, juste avant d'arriver au barrage de l'armée de Kfarabida, bifurquez à droite. Vous trouverez une plaque bleue avec une dizaine de noms marquant les divers domaines viticoles de Batroun.
Maintenant, vous pouvez changer d'avis : soit vous faites la route des vins, soit vous continuez tout droit vers les magnifiques plages du caza, soit vous nous suivez hors des sentiers battus.

Le premier village qui se présente à vous est Rachana, celui des sculpteurs Michel, Youssef et Alfred Basbous. Surplombant la grande bleue, Rachana tient son nom de l'araméen et signifie « moi, la tête ». Ses rues sont bordées de sculptures en métal ou en pierre. Les frères Basbous ont également mis en place un musée de plein air qui abrite des centaines d'œuvres que l'on découvre au fil d'une promenade à pied.

Reprenez la voiture et mettez le cap sur Smar Jbeil. Oui, c'est bien un village du caza de Batroun, et cela signifie en araméen le « gardien de Jbeil ». Située à 500 mètres d'altitude, la localité présente plusieurs petits joyaux. Garez votre voiture sur la place du village. Il est temps de prendre le petit déjeuner. Furn el-Saha, la boulangerie de la place, offre sur sa terrasse devant le parvis de l'église Mar Nohra, toutes sortes de manakish, de la labneh et même du beyd b awarma (œufs brouillés au lard), et, bien sûr, du café.

Le saint patron de Smar Jbeil est Mar Nohra, patron de la vue et de la vision, Nohra signifiant « lumière » en araméen. Martyr chrétien, il a été exécuté au IIIe siècle, et la légende veut que les Romains l'aient décapité à Smar Jbeil et aient jeté sa tête dans un puits à quelques centaines de mètres de la vieille église de la place du village. Cette église vaut certes le détour. Demandez au curé de vous ouvrir la sacristie, une équipe de l'Association pour la restauration et l'étude des fresques médiévales au Liban (AREFML) vient d‎‎‎‎'y découvrir une fresque cachée sous plusieurs couches de peinture.

Toujours sur la place du village, vous trouverez une vieille église médiévale qui a perdu son toit mais dont les petits bancs sont ombragés par un immense chêne. Dédiée à Notre-Dame de la Délivrance, elle a été construite peu avant l'arrivée des croisés dans la région.
Quittez à pied la place du village. En face, se trouve une épicerie qui vend des produits du terroir, Min Beytna (de notre maison). Vous pouvez acheter de l'huile d'olive, du savon, de l'arak, de la mélasse, de la confiture d'ortie ou de figues, ou encore des câpres libanaises.


(Pour mémoire : Découvrir Jbeil autrement)

 

Fresques médiévales
Revenez sur vos pas, regagnez la place du village et montez à pied ou en voiture vers la citadelle de Smar Jbeil. Construite à la base par les Phéniciens, elle a également été occupée par les Romains et les croisés. Ayant une vue stratégique sur le littoral, elle a servi de caserne aux soldats de l'occupation syrienne durant trente ans. L'accès à la citadelle est libre, essayez de vous faire guider par un habitant. Restaurée depuis quelques années, elle accueille en été un festival annuel organisé par la municipalité.

Quittez Smar Jbeil et prenez la route qui vous ramène vers la ville de Batroun. Au bout de quelques minutes, vous serez à Eddé (le village situé à Batroun et non son homonyme du caza de Jbeil). Eddé présente plusieurs vieilles églises. L'une d'elle, dédiée à Mar Saba, « sage » en araméen, est presque minuscule mais elle présente plusieurs fresques médiévales du XIIe et du XIIIe siècles, belles à couper le souffle. On peut distinguer sur les murs des fragments d'une dormition de la Vierge, d'une Vierge en majesté, d'une crucifixion, d'un saint Georges... La restauration a été effectuée par une équipe moscovite en coopération avec l'AFERML.

Fatigués ? Il est temps de se reposer. Ne descendez pas vers la mer, faites demi-tour, remontez quelques kilomètres et rendez-vous au lieu-dit de Basbina, qui abrite le domaine d'Ixsir. Il est temps de prendre un – ou plusieurs – verres de vin et de manger des plats conçus par Nicolas Audi (à la carte en semaine, buffet en week-end). S'il fait beau, mangez sur la terrasse, admirez la beauté des montagnes rondes et verdoyantes de Batroun et méditez sur l'histoire des maronites au Liban ou encore le rôle des croisades en Orient.

 

Pour mémoire

La « Réserve du toit de l'Orient » pour sauvegarder un espace vierge

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Hyam Kahi

Merci pour cette belle initiative....

Le Faucon Pèlerin

C'est beau de vanter toutes ces beautés du Liban, mais faites-le à voix basse afin de ne pas éveiller l'appétit des ogres entrepreneurs qui viendraient le démolir.
Quant aux coquelicots, marguerites et autres fleurs des champs, ils me rappellent ceux de mon village natal, Sarba, ensevelis à jamais sous le béton et l'asphalte.

Marionet

Je connais Eddé et sa ravissante église médiévale. Très belles fresques en effet. Et il y a plusieurs domaines viticoles dans la région, pas que Ixsir.

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