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Liban

Samir Frangié, défenseur de la paix, à l’honneur une fois de plus

Distinction

Au campus de l'innovation et du sport de l'USJ, rue de Damas, le prix Hani-Fahs pour le dialogue et le pluralisme remis à l'ancien député.

02/12/2016

À l'heure où la planète fait face à une terrible vague d'extrémisme et de rejet de l'autre, l'ancien député Samir Frangié, maître à penser du vivre-ensemble et parangon de la démocratie, était hier une fois de plus à l'honneur, recevant la première édition du prix Hani-Fahs, du nom de l'uléma chiite décédé en septembre 2014, une figure incontournable en son temps du dialogue islamo-chrétien.

Lancé en avril dernier, le prix Hani-Fahs pour le dialogue et le pluralisme est censé être attribué chaque année à une personnalité physique ou morale qui se sera illustrée dans la défense du pluralisme et du dialogue interreligieux.

En présence de nombreuses personnalités, dont des députés du Rassemblement démocratique et du courant du Futur, de Taymour et Dalia Walid Joumblatt ainsi que de l'ambassadeur de France, Emmanuel Bonne, la cérémonie de remise du prix s'est déroulée au campus de l'innovation et du sport de l'Université Saint-Joseph, à la rue de Damas.

Mais Samir Frangié n'était pas hier le seul primé par l'Académie Hani Fahs. Au cours de la cérémonie, le Dr Antoine Courban, professeur à l'USJ, a remis le prix de la recherche scientifique à deux étudiantes, Riyam Ghanem et Rabab Khatib, pour leur travail sur le dialogue, la pensée religieuse et le pluralisme. L'ancien ambassadeur Khaled Ziadé a, de son côté, remis à l'association irakienne Masarat le prix de la défense du pluralisme.

 

(Pour mémoire : Le prix Hani Fahs, pour perpétuer la pensée modérée face à l’extrémisme)

 

Sous la bannière de la modération
« Samir Frangié, fils du Liban-Nord, reçoit aujourd'hui le prix Hani-Fahs, un uléma chiite du Liban-Sud », a lancé le père Salim Daccache, recteur de l'USJ. « Tous deux ont lutté pour la paix au Liban et au Moyen-Orient. À l'instar de l'uléma Hani Fahs, Samir Hamid Frangié est parvenu à transcender les divisions, ses causes et ses motifs, afin de mieux percevoir le gros plan », a-t-il poursuivi.

Pour Hassan Nazem, directeur de la Chaire Unesco de l'Université al-Koufa, en Irak, « la pensée de Hani Fahs a permis de traiter, de manière approfondie, la problématique du conflit sectaire. La pensée de Hani Fahs est celle qui nie détenir le monopole de la vérité et qui effectue une autocritique sévère avant de se livrer à la critique de la pensée des autres », a-t-il dit.

Antoine Messarra, directeur de la Chaire Unesco pour l'étude comparée des religions, de la méditation et du dialogue de l'USJ, a abondé dans le même sens : « À l'image de Hani Fahs, l'académie qui porte son nom est le prolongement de sa pensée et de son parcours. Le prix, quant à lui, vise à l'établissement d'un pacte pour le dialogue et l'ouverture. »

 

(Pour mémoire : Hani Fahs, le génie de la modération...)

 

« Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin d'œuvrer pour la paix, la diversité et les valeurs du vivre-ensemble », a estimé Haïdar Abdelmajid el-Kho'i, un dignitaire irakien.
« Hani Fahs lui-même remet le prix aujourd'hui à Samir Frangié », a affirmé l'uléma chiite Mohammad Hassan el-Amine avant de remettre à M. Frangié la distinction. « Hani Fahs est loin d'être modéré. Il est un extrémiste dans la défense de la beauté, de l'amour et de la modération qui n'est guère pour lui synonyme de centrisme, mais plutôt d'apogée », a-t-il déclaré.

Samir Frangié, pour sa part, s'est remémoré les différentes étapes du parcours qu'il a vécu en compagnie de Hani Fahs : « Avec lui, nous avons œuvré depuis 1992 pour "le Liban du vivre-ensemble", pour "le Levant du vivre-ensemble" et pour "la Méditerranée du vivre-ensemble", et pour un univers du vivre-ensemble en paix et dignité et en justice. »
« Ces étapes ne sont que des preuves à l'appui qui confirment la noblesse de son éthique et son courage, dans une époque où l'extrémisme bat son plein et tourne à la démence », a-t-il renchéri. Et de conclure : « Le monde post-guerres mondiales a bien fait d'inventer le prix Nobel pour la paix. Je pense, mes amis, qu'en ce moment, nous avons besoin d'un prix corollaire, le prix Nobel pour la modération. »

 

 

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