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Liban - Attentats de Qaa

Le Liban officiel craint une nouvelle vague d’opérations terroristes

La réunion ad hoc du Sérail met en garde contre l'autosécurité.

Des habitantes de Qaa se sont armées pour défendre leur village. Les autorités se sont inquiétées de l’autosécurité. Photo AFP

En l'absence d'un président de la République, le Conseil supérieur de la défense n'a pas pu se réunir, consécutivement aux attentats-suicides, lundi dans Qaa, comme c'est le cas à chaque fois qu'un incident de sécurité grave secoue ou menace le pays. À sa place, deux réunions de sécurité se sont tenues. La première a eu lieu le matin à Yarzé, en présence du ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, du commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, des directeurs généraux des FSI, de la Sûreté générale et du service des renseignements de l'armée, les généraux Ibrahim Basbous, Abbas Ibrahim et Camille Daher, ainsi que du secrétaire général du Conseil central de sécurité, le général Élias Khoury.

Elle a été suivie dans l'après-midi d'une autre, qui s'est tenue au Sérail sous la présidence du chef du gouvernement, Tammam Salam, en présence du secrétaire général du Conseil supérieur de la défense, le général Mohammad Kheir, du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sacre Sacre, et du chef du service des renseignements auprès des FSI, le général Imad Osman, en plus de tous les participants à la réunion de Yarzé.

Les deux réunions ont été consacrées à l'examen des premiers éléments de l'enquête ouverte après les huit attaques-suicides de Qaa, ainsi que de leurs implications. Le bilan dressé plus tard dans le communiqué est foncièrement négatif et franchement alarmiste, puisqu'il considère que « ces attaques, de par leur nature, révèlent une transformation qualitative du niveau de la guerre lancée par les organisations terroristes contre l'État et le peuple libanais et peuvent être indicatrices d'une nouvelle étape, encore plus féroce, dans le cadre de la confrontation engagée avec le terrorisme ».
« La responsabilité nationale exige d'alerter les Libanais sur les dangers éventuels. Il n'est pas exclu que ces attaques soient le prélude d'une nouvelle vague d'opérations terroristes, compte tenu des informations obtenues, que les services de sécurité se chargent de suivre », poursuit le communiqué qui précise que les personnes réunies « ont pris connaissance des premiers éléments de l'enquête, ainsi que des mesures prises par l'armée et les forces de sécurité dans le Qaa et dans son périmètre, et dans le reste des régions libanaises ».

 

(Lire aussi : À Qaa, l'armée ratisse les alentours et les habitant(e)s portent les armes)

 

Qui les a envoyés ?
De sources informées, l'hypothèse selon laquelle les kamikazes seraient venus du camp de réfugiés situé dans les terres agricoles du village, appelées Macharih el-Qaa, a été écartée, comme l'a répété à plusieurs reprises le ministre de l'Intérieur. Les officiels ont également exclu que les attaques soient une riposte à la destruction par les habitants de Qaa des habitations en dur que des réfugiés syriens avaient fait construire dans leur camp, partant du principe qu'un tel acte ne peut pas justifier une attaque menée par huit kamikazes, à quelques heures d'intervalle, contre le même village.

Conformément aux informations obtenues, une femme figurait parmi les assaillants, dont la plupart ont été identifiés. De sources informées, on apprend que parmi les kamikazes, et selon les premiers éléments de l'enquête qui se poursuit, trois au moins étaient entrés de façon légale au Liban et sont ainsi enregistrés auprès de la Sûreté générale. En d'autres termes, ces terroristes ne s'étaient pas infiltrés à travers le jurd au Liban, ce qui a soulevé des questions quant à la partie qui aurait pu les embrigader et les envoyer au Liban ou aux motivations des attaques, au point que dans certains milieux on s'est posé la question de savoir si le régime syrien n'était pas, peut-être, derrière ces opérations, dont l'une des conséquences directes a été que les habitants de Qaa ont décidé d'assurer eux-mêmes la sécurité du village.

 

(Voir aussi : A Qaa, hommes et femmes prennent les armes pour se défendre : les images)

 

« Sécurité préventive »
Ainsi, les armes ont immédiatement proliféré au niveau de la population et les partis se sont empressés de multiplier les patrouilles. Le Hezbollah, qui a annulé les célébrations prévues pour la Nuit du destin (Laylet el-Qadr), a notamment a établi des check-points volants dans plusieurs points de la Békaa Est, selon des témoins oculaires, pendant que le député Antoine Zahra révélait à la presse que les Forces libanaises, le PSNS et les Brigades de la résistance (branche armée du Hezbollah) avaient lancé des patrouilles communes dans les régions jugées à risques.

Cette « sécurité préventive » mise en place se justifie par la crainte de nouvelles attaques. À son arrivée au Sérail, le général Abbas Ibrahim a reconnu que les services de sécurité étaient en possession d'informations sur des attentats éventuels, « obtenues grâce aux aveux de personnes arrêtées dans le cadre de la chasse aux terroristes lancée par les services d'ordre ».

 

(Lire aussi : Qaa : l'équilibre de la terreur rompu ?)

 

Toujours est-il que les personnes réunies au Sérail ont insisté sur le fait que les attaques de Qaa ne doivent « en aucun cas servir de prétexte à l'autosécurité », même si elles ont affirmé « comprendre parfaitement les inquiétudes des habitants du village ». « Ces attentats doivent les pousser ainsi que les habitants des localités voisines et du reste des Libanais à consolider leur attachement à la mission des forces de l'ordre qui sont, seules, habilitées à veiller sur la sécurité de la population », selon le communiqué.

Celles-ci ont mené hier, sur plusieurs points du territoire, des perquisitions dans des camps des réfugiés syriens, et établi des barrages de contrôle. Elles ont arrêté 124 Syriens sans papiers dans le Akkar et plusieurs autres dans le secteur de Marjeyoun, qui a imposé aux réfugiés un couvre-feu à partir de 19h.
Il reste que cet alarmisme a alimenté hier, et continuera probablement de le faire, les rumeurs les plus folles sur des cibles éventuelles de nouveaux attentats.

 

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En l'absence d'un président de la République, le Conseil supérieur de la défense n'a pas pu se réunir, consécutivement aux attentats-suicides, lundi dans Qaa, comme c'est le cas à chaque fois qu'un incident de sécurité grave secoue ou menace le pays. À sa place, deux réunions de sécurité se sont tenues. La première a eu lieu le matin à Yarzé, en présence du ministre de...
commentaires (3)

JE PROPOSE : COOPERATION URGENTE DE TOUS LES CITOYENS AVEC L,ARMEE NATIONALE ET LE HEZBOLLAH !!! OUI... LE HEZBOLLAH... VOUS AVEZ BIEN LU !!!!!!!!!!

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

21 h 46, le 29 juin 2016

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Commentaires (3)

  • JE PROPOSE : COOPERATION URGENTE DE TOUS LES CITOYENS AVEC L,ARMEE NATIONALE ET LE HEZBOLLAH !!! OUI... LE HEZBOLLAH... VOUS AVEZ BIEN LU !!!!!!!!!!

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    21 h 46, le 29 juin 2016

  • "...ces attentats doivent les pousser à consolider leur attachement à la mission des forces de l'ordre...qui sont seules habilitées à veiller sur la sécurité de la population !!!" Nous, on veut bien nous "attacher" à la mission des forces de l'ordre! Et nous leur sommes reconnaissants pour leur dévouement et leur efficacité ! Mais...nos RESPONSABLES...eux, sont-ils autant "attachés" à la mission de ces forces de sécurité ? Pourquoi réagissent-ils toujours après les attentats ? Que faisaient-ils avant ? Cette réunion, hier à Yarzé d'une dizaine de " hauts responsables" n'aurait-elle pas du avoir lieu avant, puisqu'ils étaient déjà au courant des dangers qui menacent maintenant partout le Liban ? 10'452 km2 sont-ils aussi difficiles à surveiller ? Pour quand l'expulsion immédiate de tous les soi-disant réfugiés syriens qui ont envahi illégalement notre pays et parmi les-quels se trouvent certainement de futurs poseurs de bombes, porteurs de ceintures d'explosifs etc. ? Ne sommes-nous pas un pays souverain, après tout ? Prenons exemple sur certains pays comme la Hongrie et la Pologne, qui ont tout simplement fermé leurs frontières, et ne le regrettent certainement pas, au vu de ce qui se passe par exemple chez nous ! Arrêtons de ressentir de la culpabilite envers des gens qui, eux, n'en ont pas pour tuer des innocents ! Irène Saïd

    Irene Said

    14 h 17, le 29 juin 2016

  • Respect et Courage ! les femmes sont l'avenir de l'homme ...pas de cette m..rd. d'obscurantistes islamikaze...

    M.V.

    08 h 11, le 29 juin 2016

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