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Cinema- - Bilan

Cannes, tout comme Beyrouth, vitrine du 7e art libanais

Cette année, plus que les années précédentes, le cinéma local a fait preuve d'énergie et de grand dynamisme sur la Croisette. Retour sur une 69e édition réussie avec les principaux « acteurs » du pavillon du Liban.

Maya de Freige, directrice de la Fondation Liban Cinéma, devant le pavillon libanais. Photo DR

Maya de Freige
(Fondation Liban Cinéma) : « Un pari gagné »
« Depuis ma prise en charge de la FLC, j'avais fait le pari de faire avancer la machine cinématographique et aujourd'hui ce pari a pris forme », a avoué Maya de Freige. Installée au pavillon libanais, qui s'anime au passage de tous les professionnels du 7e art, libanais ou étrangers, elle semble ravie du déroulement de cette édition sur la Croisette. « C'était magnifique, dira-t-elle encore. Il y a eu un tel dynamisme, une telle vitalité qui se sont traduits tout au long du festival. » Et de reprendre : « Il est certain que cela est dû aux talents qui existent au Liban mais aussi à la conjugaison d'efforts de plusieurs associations ou organismes libanais qui les ont encadrés, soutenus, structurés. » « Je crois, ajoute-t-elle, que le fait de travailler tous ensemble, secteur public et secteur privé, a doublé, voire multiplié, nos chances de parvenir à ces résultats. »
« Nous avons beaucoup œuvré tout au long de l'année pour sensibiliser le secteur public et le pousser à soutenir notre participation à Cannes. Aujourd'hui Idal, dans le cadre de sa mission pour soutenir la promotion, est en train d'appuyer fortement le secteur cinéma tant dans sa participation à l'étranger qu'à l'intérieur des frontières. »

Par ailleurs, la directrice de la FLC s'est dit satisfaite de l'initiative de la Banque du Liban qui représente un soutien supplémentaire. À travers la circulaire 416 récemment émise, la BDL donne aux banques la possibilité d'octroyer des prêts bonifiés aux producteurs de créations audiovisuelles et théâtrales, avec les conditions suivantes : un plafond de trois millions de dollars à rembourser sur une durée de 16 ans, avec deux ans de grâce et des taux débiteurs dérisoires. Cette circulaire va contribuer à dynamiser l'investissement dans ce secteur en créant un écosystème favorable, ajoute Maya de Freige. Par ailleurs, nous devons travailler avec les banques pour leur montrer l'intérêt et la portée de cette circulaire-là. »

(Pour mémoire : La « Tramontane » de Vatché Boulghourjian a soufflé sur la Croisette)

 

Et après Cannes ?
« De retour au Liban, la Fondation Liban Cinéma s'attellera à revoir les contacts qui ont été tissés au cours de ce festival. C'est un travail de longue haleine, dira encore la directrice de la FLC. Et puis, il y a ce projet de "Lebanon Factory" qui se profile pour la prochaine édition. Mis en place par la Quinzaine des réalisateurs, il nous a été confié via Abbout Productions. Il vise à sélectionner quatre réalisateurs libanais qui auront planché durant toute l'année sur leur écriture de film. Ces mêmes réalisateurs devront collaborer avec d'autres cinéastes étrangers préalablement choisis par la Quinzaine afin de réaliser un film. » La Fondation Liban Cinéma, poursuit Mme de Freige, s'associe à ce projet qui fera du Liban le point de mire de la soixante-dixième édition cannoise. « Le travail de la FLC ne s'arrête donc pas quand Cannes prend fin, mais il s'alimente des retombées positives afin de se poursuivre à l'intérieur des frontières libanaises. »
« Je suis contente, conclut Maya de Freige, parce que d'abord tous les efforts sont fédérés, que ce soit de la part d'Idal, de l'Office du tourisme ou de notre part pour rehausser le cinéma libanais et parce que, ensuite, pour la première fois, le ministère de la Culture, par un accord de coopération signé avec la Fondation Liban Cinéma, lui reconnaît un rôle à part, et à ce titre, la charge de missions spécifiques. »

Serge Akl
(Office du tourisme du Liban à Paris) : « Un long chemin parcouru »
« Cannes n'est pas seulement un festival international de cinéma, mais c'est aussi un marché très important du film. Il est donc essentiel pour les cinéastes libanais d'y accéder facilement afin de venir proposer leurs œuvres. C'est une industrie qui représente une grande ouverture économique à l'échelle mondiale, précise Serge Akl. Si j'ai choisi le Festival de Cannes, c'est parce qu'il n'était pas normal que le cinéma libanais ne soit pas représenté à ce rendez-vous international incontournable, qui vise à protéger les intérêts des cinéastes. Il est à rappeler que tous les pays ne sont pas représentés à Cannes. C'est donc une double fierté pour le Liban d'affirmer sa présence. C'est en 2005 que cet organisme crée, en collaboration avec la Fondation Liban Cinéma, le pavillon libanais. Soutenu par le ministère du Tourisme, l'Office du tourisme y tiendra un rôle opérationnel et d'organisation aux côtés de la FLC. »

« À Cannes, je suis en charge, dira Serge Akl, d'une part de la communication du cinéma libanais et de l'autre de la promotion du territoire libanais, en tant que site de tournage. Nous ne nous occupons pas de l'aspect production de films, d'ateliers d'écriture, par contre notre rôle se limite à développer un produit culturel fini dans sa communication et l'aider dans les médias. » « Le ministère du Tourisme a apporté son soutien à ce pavillon qui n'a cessé de grandir avec le temps. Un bureau de presse avec Zeina Toutounji comme attachée a été mis en place et Tony el-Hage est le seul photographe dépendant d'un pavillon, présent sur les marches. Il photographie non seulement les cinéastes libanais, mais aussi les stars habillées par les designers libanais. » « Le festival nous a accueillis à bras ouverts en 2005, poursuit Serge Akl. Il nous a appuyés et conseillés. Cette année, nous avons encadré d'une manière supplémentaire les films en sélection et nous en avons soutenu certains à venir à Cannes tout comme Idal a contribué à la venue des cinéastes libanais au festival . Nous avons également organisé des déjeuners professionnels. »

Ainsi, l'Office du tourisme s'est associé avec Abbout Productions pour organiser un déjeuner réunissant les équipes française et libanaise du film Tramontane. Cette rencontre sur la plage de l'Annexe a été suivie par un autre déjeuner en l'honneur du film de Mounia Akl, qui faisait partie de la sélection de Cinéfondation. Et par un troisième à l'occasion de la sélection du film de Wissam Charaf dans la section Acid. En clôture, une soirée a été organisée pour honorer le cinéma libanais en collaboration avec l'Office du tourisme, Idal, la FLC, Abbout productions et ...né à Beyrouth. « Depuis 2007, ajoute Serge Akl, une telle chose n'avait plus été faite mais la concentration de films libanais était si importante qu'une fête s'imposait. »


(Pour mémoire : Le pavillon libanais affirme sa présence à Cannes)

 

Et après Cannes ?
Lorsque le festival se termine, Serge Akl reprend ses activités habituelles et, s'agissant du cinéma, il s'occupe de la promotion du Liban en tant que site de tournage, à savoir prendre en charge les professionnels du cinéma et organiser des voyages. Par ailleurs, étant donné que nombre des films libanais sont une coproduction française, l'Office du tourisme aide en général le distributeur à lancer le film et à organiser des avant-premières.
« De retour de Cannes, on continue à développer notre site 35 mm fromBeirut (www.35mmfrombeirut.com) et à l'alimenter. On va présenter également notre film de promotion commandé à Philippe Aractingi et à sa boîte de production Fantascope. Un film de huit minutes où l'on explique au public et aux professionnels étrangers l'intérêt qu'ils ont de venir tourner au Liban ; trois autres minifilms d'une minute seront consacrés aux réseaux sociaux. Aujourd'hui, nous sommes heureux de voir qu'outre la FLC, d'autres partenaires se greffent comme le ministère de la Culture ou Idal. Ce petit projet de Liban à Cannes qui avait commencé à 2005 avec juste un petit pavillon vide se remplit cette année de multiples projets. »

Nabil A. Itani
(Président-directeur général d'Idal) : « Et si Beyrouth devenait une ville de cinéma ? »
Idal est un service public pour le développement des investissements au Liban. Cette autorité travaille sur deux plans. Elle encourage d'abord les investisseurs à miser au Liban sur des secteurs en voie de développement. Et promeut ensuite ces secteurs de production et les fait connaître au monde entier. Les médias font partie des huit secteurs identifiés dans la loi sur l'investissement numéro 360 sur base de laquelle a été créé Idal. « Nous avons assisté ces derniers temps à un essor dans le secteur du cinéma. Ce qui nous a poussés à l'observer de plus près, surtout que les activités des organismes étaient nombreuses.

Le 7e art libanais jouit d'un grand potentiel tant dans la création que dans la structure logistique qui l'encadre : une liberté d'action, un pays accueillant, des communications faciles... Tous ces facteurs font de lui un secteur prometteur. Le Liban peut être un centre cinématographique du M-O. Nous avons commencé par faire un accord d'entente avec la Fondation Liban Cinéma dont les objectifs ressemblaient aux nôtres concernant le développement du cinéma au Liban. Pour élaborer cette étude, l'équipe a eu besoin de toutes les informations nécessaires données par la FLC. »

« Si, l'année dernière, poursuit M. Itani, notre démarche était timide, cette année, elle était plus audacieuse. Plus qu'une dizaine de films ont été projetés soit dans la sélection, soit au marché. Plus ce secteur assurera une visibilité, plus l'État l'appuiera. Il doit y avoir coordination entre les secteurs public et privé car Idal est prêt à assurer des facilités tant sur les taxes que sur les permis de filmer. Et de conclure : « Il y avait d'abord des activités individuelles, aujourd'hui le travail est collectif, ce qui permet d'assurer de bonnes fondations au secteur au niveau des lois ou décrets. Les obstacles sont nombreux mais nous les faisons tomber peu à peu. En tant que plateforme d'investissements, nous avons à collaborer avec les ministères , non à prendre leur place. »

 

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