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Cinéma

Quand Farhadi pose le couple face au mensonge...

À l’affiche
C.K. | OLJ
30/03/2017

Après Une séparation (oscar du meilleur film étranger en 2012) et deux autres expériences à l'étranger, notamment Le passé présenté à Cannes en 2013, Asghar Farhadi revient à Téhéran pour tourner Le Client*. Ce film qui a clôturé la 69e édition cannoise avait reçu le prix d'interprétation masculine et le prix du scénario.
Un film toujours dans le style du cinéaste iranien qui nous surprend dans son sens de l'ellipse renouvelé, remodelé, dans son épure qui nous emmène dans un monde mystérieux presque labyrinthique d'où l'on sort toujours sonné. Farhadi dépeint dans ce film le monde du théâtre où les gens « cultivés » sont supposés être modernes et ouverts d'esprit jusqu'à ce qu'un incident vienne fissurer toute cette façade et que l'on s'aperçoive que ces comédiens ne sont que des marionnettes qui ne tiennent pas leur destin en main. Mais il dépeint aussi la société iranienne teintée d'hypocrisie.
Emad (Shahab Hosseini) et Rana (Taraneh Alidoosti) sont jeunes et beaux. On les voit répéter au début du film La mort d'un commis voyageur, d'Arthur Miller. Ils s'aiment et rien ne semble pouvoir les atteindre, mais à la suite de la destruction de leur immeuble, ils sont obligés de déménager dans une autre maison dont l'environnement apparaît suspect. À partir de ce déménagement (très symbolique) où les comédiens perdent la stabilité et le confort de leur ancienne demeure, les fondations commencent à s'ébranler sans que les deux protagonistes ne s'en rendent compte. Ce n'est qu'au moment de l'incident ultime que la bâtisse conjugale, déjà affaiblie et mise à l'épreuve, se brise, tout comme leur immeuble. Les masques tombent, la comédie s'arrête. On est dans le jeu réel. Chacun des personnages s'enferme dans sa petite cellule d'hypocrisie, de mensonge, de peur et d'angoisse, et la mauvaise communication s'installe. Asghar Farhadi sait filmer les huis clos humains, les rapports corrompus, viciés, les relations souvent sans issue, l'emprisonnement des mots, le cloisonnement des sentiments et les émotions qui somnolent en chacun de nous. Tant dans Une séparation que dans Le client, il ne propose jamais de finale. Car il n'y en a pas. Il laisse le spectateur donner sa propre finale, sa vision. Qui peut être démultipliée.

* Le film est présenté au Metropolis, Sofil, Achrahieh.

 

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