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Économie

Le propriétaire d’« as-Safir » repousse sa fermeture pour chercher des fonds

Médias

Talal Salmane, qui nie avoir reçu des promesses de financement depuis la semaine dernière, n'a pas encore décidé de la durée de cette prolongation. Selon nos informations, il devrait rencontrer ses salariés aujourd'hui pour discuter de leur avenir et du paiement d'éventuelles indemnités.

29/03/2016

Une lueur d'espoir pour les employés et les lecteurs d'as-Safir ? Prévue pour le vendredi 1er avril, la fermeture du quotidien libanais arabophone fondé en 1974 a été repoussée sine die.
« Compte tenu des nombreuses manifestations de soutien que nous avons reçues ces derniers jours, nous avons décidé de prendre un peu plus de temps pour réfléchir et chercher d'autres sources de financement », a indiqué hier le propriétaire du quotidien, Talal Salmane, joint par téléphone par L'Orient-Le Jour, confirmant une information livrée la veille dans le journal an-Nahar. « Nous avons décidé de poursuivre notre travail (...), même si cela ne sera que pour un mois ou deux », avait-il alors déclaré. M. Salmane a également confirmé que la conférence de presse qu'il était censé tenir demain sur l'avenir du journal a été annulée.

Mercredi dernier, la direction avait réuni les chefs de service pour les informer de l'arrêt de l'impression du journal le 31 mars et de la suspension temporaire de sa version Internet trilingue à la même date. La semaine précédente, l'ensemble des employés avaient également reçu une lettre les alertant d'un risque de suspension de l'impression, du fait d'une situation économique catastrophique. « Comme pour de très nombreux journaux au Liban, cela fait longtemps que les revenus apportés par les ventes et les abonnements ne suffisent plus », se désole M. Salmane, sans être en mesure d'indiquer les parts respectives de ces sources de revenu pour le journal ni leur évolution ces dernières années.
Selon l'institut Ipsos Mena, les dépenses publicitaires dans les journaux libanais – qui représentent l'essentiel de leurs revenus – ont baissé de 10,7 % entre 2014 et 2015, à 25 millions de dollars, soit environ 13 % des dépenses publicitaires totales au Liban.

 

(Pour mémoire : Deux grands titres de la presse libanaise menacés de ne plus paraître)

 

Besoin d'aides
Un contexte morose qui aurait conduit les directions d'autres journaux à se pencher sur l'avenir de leur titre. Il y a deux semaines, les employés d'al-Liwa' avaient ainsi reçu une lettre similaire à ceux d'as-Safir, qui les encourageait par ailleurs à présenter leur démission. Des rumeurs de suspension du journal avaient également circulé au quotidien an-Nahar, démenties par des salariés interrogés à cette occasion par L'Orient-Le Jour.
Face à cette situation, Talal Salmane affirme ne pas vouloir se contenter « de simples paroles de gentillesse de la part du gouvernement » et attendre de ce dernier des actions concrètes pour l'aider à redresser les finances de son journal. Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministre de l'Information Ramzi Jreige assure qu'il compte présenter au gouvernement une série de propositions pour soutenir la presse en difficulté. « Par exemple, on peut réfléchir à donner une subvention aux journaux dépendant du nombre de journaux vendus. On peut alléger les impôts, supprimer la taxe douanière sur le papier, sur les importations des journaux », explique-t-il. « Mais il faut que les organes de presse réfléchissent eux-mêmes sur comment réduire leurs dépenses et s'adapter aux évolutions », ajoute-t-il.

« Nous n'avons rien reçu »
En attendant, le propriétaire d'as-Safir affirme être toujours à la recherche « d'associés privés qui ont l'esprit du journalisme, mais il est difficile de les attirer dans le climat économique actuel... » Hormis la famille Salmane, le capital du journal est également détenu par l'homme d'affaires syro-américain Jamal Daniel (20 %) et par l'ancien Premier ministre Nagib Mikati (7 %). Répondant aux rumeurs selon lesquelles la décision de repousser la fermeture du quotidien serait liée à une promesse de financement de dernière minute, M. Salmane affirme « n'avoir rien reçu jusqu'à présent ». De même, il nie tout lien entre cette décision et sa rencontre la semaine dernière avec le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah. « Il est normal que je le rencontre de temps en temps, car c'est un ami », avance-t-il.
Le propriétaire d'as-Safir assure enfin que les employés seront traités « de manière équitable », et que leurs droits seront respectés en cas de fermeture définitive du journal. Plusieurs employés d'as-Safir ont toutefois confié, sous le couvert de l'anonymat, à L'Orient-Le Jour que des représentants des journalistes avaient appris vendredi, lors d'une réunion avec la direction, que leurs indemnités ne leur seraient pas versées au cas où le journal fermait ses portes. Ils indiquent aussi que la direction devrait se réunir sur ce sujet avec les salariés et leurs représentants, cet après-midi.

 

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