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La bonne nouvelle du lundi

Stephen Karam, le dramaturge qui cartonne à Broadway

Crise des déchets, attentats, coupures d'électricité, malaise social, clivages politiques accrus, tensions communautaires... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, « L'Orient-Le Jour » se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

Stephen Karam, étoile montante de la scène théâtrale américaine. Photo tirée de son site web

Il a les honneurs de la presse. Le New York Times et le New Yorker, pour ne citer que ces deux prestigieuses publications, lui ont déjà consacré plusieurs articles élogieux.
Il est également reconnu par ses pairs. Le 22 février, la Dramatists Guild of America lui attribuait le Horton Foote Playwriting Award, un prix doté de 25 000 dollars visant à récompenser un dramaturge dont le travail « cherche à sonder la nature ineffable de l'être humain ».
Quant au public, il est au rendez-vous. Depuis octobre 2015, sa dernière pièce, The Humans, dirigée par Joe Mantello, a cartonné off-Broadway et désormais on-Broadway au théâtre Helen Hayes.

À seulement 36 ans, le dramaturge Stephen Karam, dont le père est américano-libanais et la mère américano-irlandaise, s'est déjà fait un nom sur la scène US.
Dans The Humans, les histoires de famille ressurgissent lors du repas de Thanksgiving. Stephen Karam aborde ce sujet par le biais d'une famille américaine d'origine irlandaise qui, en dégustant la dinde, remâche ses heurs et malheurs. Le tout en un savant dosage, qui fait sa marque de fabrique, de comédie et de moments noirs. « M. Karam s'est spécialisé dans les comédies douloureuses qui ne devraient vraiment pas être aussi drôles qu'elles le sont », peut-on lire dans le New York Times, qui estime que la pièce est probablement la meilleure de la saison.

Autobiographie émotionnelle

Ce n'est pas la première fois que Stephen Karam fait parler de lui. En 2011, le jeune écrivain s'était déjà fait remarquer avec une pièce intitulée Sons of the Prophets. La trame était simple : les deux frères Douaihy (Joseph, 29 ans, et Charles, 18 ans), qui vivent dans une petite ville de Pennsylvanie, se retrouvent seuls après la mort de leur père dans un accident de voiture. Ils doivent alors prendre en charge leur vieil oncle Bill. Leur famille, qui a un lointain lien de parenté avec le grand penseur Gibran Khalil Gibran, avait émigré du Liban. Joseph, qui souffre d'un mal mystérieux, prend un emploi dans une maison d'édition pour pouvoir payer son assurance médicale. Il est homosexuel et sa vie est faite de luttes quotidiennes financières, morales et sociales. Pour sortir de son état de victime, il accepte de rédiger un livre sur l'histoire de sa famille.
Sons of the Prophets avait valu à Stephen Karam de remporter plusieurs prix et d'être finaliste de l'édition 2012 du prix Pulitzer pour une pièce de théâtre.

«Toutes les pièces sont profondément autobiographiques. Mais elles ne sont pas des autobiographies directes. Ce qui m'intéresse vraiment, c'est l'autobiographie émotionnelle », disait-il au New York Times en 2015, précisant ne pouvoir écrire que sur ce qui « lui fait profondément peur ou le perturbe vraiment ».
Ainsi, les vrais Douaihy étaient des voisins qui avaient deux filles, un peu plus âgées que lui. Toutes deux étaient lesbiennes. Cette situation dans une même famille l'avait frappé et inspiré.

De la Pennsylvanie à Zghorta

Dans une interview concernant Sons of the Prophets publiée sur le blog du Round About Theatre, il se présentait ainsi : « Je suis à moitié libanais. Mon grand-père et ses frères et sœurs étaient nés au Liban. Mes grands-parents sont venus aux États-Unis à l'âge de 20 ans, et mon grand-père, qui était tailleur, est décédé en parlant toujours un anglais cassé. J'ai été élevé dans le rite maronite, catholique, mais avec plus d'encens et de langue arabe. »

Les Karam se sont installés en Pennsylvanie, où Stephen est né.
Pour en savoir plus sur sa « moitié libanaise », il s'est rendu au Liban il y a quelques années, séjournant notamment dans le Nord, à Zghorta, ville d'origine de ses parents, Ehden et Becharré. Une « expérience de vie », comme il l'appelle, et qui lui fait découvrir que « le Liban a eu sa part de douleurs chroniques. Pendant des siècles, il a reçu des coups de tous les côtés. C'est aussi un pays qui a refusé de s'écrouler, se rebâtissant toujours et allant de l'avant. Le peuple libanais est incroyablement inspirant. De son histoire difficile est née une forte résilience », disait-il.

Sons of the Prophets explore la question des racines, au pays du Cèdre et chez l'Oncle Sam. The Humans évoque un processus similaire, mais avec un pendant irlandais. Stephen Karam semble toutefois aller au-delà des spécificités, pour atteindre l'essence même des êtres. Dans cet esprit, il vient d'écrire une adaptation de La Mouette de Tchekhov pour le metteur en scène et réalisateur Michael Mayer. Le film a été tourné l'été dernier avec en vedette Annette Bening.
Quelles que soient ses origines, la tourmente des relations humaines sied au fils du Liban.


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Il a les honneurs de la presse. Le New York Times et le New Yorker, pour ne citer que ces deux prestigieuses publications, lui ont déjà consacré plusieurs articles élogieux.
Il est également reconnu par ses pairs. Le 22 février, la Dramatists Guild of America lui attribuait le Horton Foote Playwriting Award, un prix doté de 25 000 dollars visant à récompenser un dramaturge dont...

commentaires (2)

C'EST UN HOMME, UN VRAI, MAIS SI ON LE COMPARE AVEC SLEIMAN 2 LE PRÉSIDENTIABLE, DEVINEZ ÇA DONNE QUOI ?

Gebran Eid

17 h 09, le 29 février 2016

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Commentaires (2)

  • C'EST UN HOMME, UN VRAI, MAIS SI ON LE COMPARE AVEC SLEIMAN 2 LE PRÉSIDENTIABLE, DEVINEZ ÇA DONNE QUOI ?

    Gebran Eid

    17 h 09, le 29 février 2016

  • Le jeune dramaturge libano-américain dit : "le Liban a eu sa part de douleurs chroniques". S'il revenait au Liban et se mettait bien au courant de ce qui se passe dans ce pays, il dirait sûrement : le Liban a constamment sa part de douleurs chroniques.

    Halim Abou Chacra

    11 h 45, le 29 février 2016