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Moyen Orient et Monde

La Russie dément avoir bombardé des hôpitaux dans le nord de la Syrie

Humanitaire

Alors que l'on parle de 50 victimes, MSF, dont le personnel soignant a été touché, affirme que le bilan humain pourrait s'alourdir.

17/02/2016

Le Kremlin a démenti hier les accusations de bombardements par l'aviation russe d'hôpitaux dans le nord de la Syrie qui ont fait près de 50 morts. « Encore une fois, nous démentons catégoriquement de telles allégations d'autant plus que ceux qui font de telles déclarations ne parviennent jamais à les prouver », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, au lendemain de bombardements meurtriers ayant touché deux écoles et cinq hôpitaux, dont deux soutenus par Médecins sans frontières (MSF).

Contactée par L'Orient-le Jour, l'association répond : « MSF est convaincu que l'hôpital a été détruit par la coalition menée par le régime syrien (dont la Russie). Nous pensons que c'était une attaque ciblée dans la mesure où l'hôpital a été touché de manière répétée sur une période d'environ 90 minutes. » Dans une interview accordée au quotidien français Le Monde, le médecin syrien Obaida el-Moufti estime que « les hôpitaux sont ciblés afin de faire fuir les populations pour libérer les zones des populations civiles. Car les populations qui ont un hôpital dans les environs sont rassurées et se stabilisent aux alentours ».

Ces attaques ont été fermement condamnées par l'Onu, l'Union européenne (UE), la France et les États-Unis. Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a tonné contre « des violations flagrantes du droit international », sans attribuer la responsabilité des tirs de missiles. Devant l'Assemblée nationale hier, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a estimé que l'urgence était « à la protection des populations civiles ». Les bombardements visant des écoles et des hôpitaux « constituent des violations flagrantes du droit international, a-t-il répété. Les travailleurs humanitaires paient le prix fort de leur engagement sur le terrain et doivent être salués. » La Turquie a, pour sa part, dénoncé hier les bombardements « barbares » et « lâches » de l'aviation russe et accusé Moscou de « ne faire aucune distinction entre les civils, les enfants et les militaires ». Il s'agit d'une « campagne d'information agressive contre la Russie, menée dans les principaux médias internationaux », a dénoncé auprès des agences de presse russes le porte-parole du ministère de la Défense, le général Igor Konachenkov, en déplacement à Lattaquié.

« 5 membres du personnel ont été tués »
Directement impliqué dans les attaques, MSF explique à L'Orient-Le Jour que le nombre de victimes peut encore augmenter. « À Maarret el-Naaman (Nord), 7 patients, dont 1 enfant et 1 gardien, ont été tués dans l'attaque. Au cours des prochains jours, le bilan est susceptible de s'accroître. » Mais le personnel soignant n'a pas non plus été épargné : « Lorsque l'attaque a eu lieu, 25 membres du personnel étaient à l'hôpital, la mort de 5 membres du personnel a été confirmée. Trois ont été récupérés dans les décombres avec des blessures, deux restent disparus. Les 15 autres membres du personnel – à l'hôpital au moment de l'attaque – ont survécu. »

Selon Massimiliano Rebaudengo, chef de mission pour MSF en Syrie, c'est au total 40 000 personnes qui seront indirectement victimes de l'attaque de Maarret el-Naaman, en étant privées de soins dans une zone active du conflit. Se voulant rassurant, MSF refuse de baisser les bras. « Le soutien que nous offrons aux 152 structures restantes en Syrie va se poursuivre, et nous allons continuer à faire tourner les six installations qui sont en place aujourd'hui à Idleb, Alep, entre autres. Ce soutien offert par MSF aux hôpitaux en Syrie peut aller d'un approvisionnement régulier de matériel médical à un appui complet. Dans ce cas, MSF prend en charge les salaires et tous les frais de fonctionnement de l'hôpital. »

 

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