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Liban - La situation

Début d’un « long blocage » de l’exécutif et du règlement de la crise des déchets

Photo Sami Ayad

À travers l'escalade verbale entre le Hezbollah et le courant du Futur, ces derniers jours, c'est tout le bras de fer irano-saoudien dans la région qui fait irruption sur la scène locale.
Dans l'attente des développements en Syrie, le Futur tient à assurer la bonne marche, ne serait-ce qu'a minima, des institutions, notamment du gouvernement, au risque de dénaturer le paysage constitutionnel libanais. Pour sa part, le Hezbollah préfère l'immobilisme, un choix tactique qui s'est consolidé avec l'intervention russe en Syrie, et l'échec, au Liban, du compromis sur les nominations sécuritaires. Le résultat tangible est « un blocage de l'exécutif qui promet de durer », selon des sources concordantes.

« Le Hezbollah débloquera le gouvernement lorsque l'ordre du jour prendra en compte les dossiers liés à la crise actuelle (les nominations sécuritaires, ndlr), et plus précisément lorsque le Futur aura décidé de dialoguer avec notre allié, le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun », déclare ainsi à L'Orient-Le Jour le député Nawwar Sahili, en réponse à une question. M. Sahili reproche au Futur de « se focaliser sur la marginalisation de notre allié, au point de le contredire s'il affirme que la nuit est noire ».
Le député Ahmad Fatfat affirme pour sa part, toujours à L'OLJ que « le Futur est prêt à dialoguer avec le général Aoun, et a toujours eu la volonté de le faire », tant que ce dernier ne confond pas « dialogue et chantage ». Il précise en outre, en réponse à une question, que le leader du courant du Futur ne s'est jamais rétracté quant à son appui au compromis qui devait conduire à l'avancement du général Chamel Roukoz, contrairement aux allégations des pôles du Hezbollah et du Courant patriotique libre (CPL).

Pour le Futur, d'une manière générale, le Hezbollah et le CPL attendent les développements régionaux qu'ils « croient être en leur faveur ». Une attitude confirmée par des sources diplomatiques arabes à Paris, citées par l'agence d'informations al-Markaziya : commentant la tournée effectuée au cours des derniers jours par l'ambassadeur d'Égypte, Badreddine Zayed, auprès de différentes autorités libanaises (Fouad Siniora, Michel Aoun, Samir Geagea et Samy Gemayel), de nature à paver la voie à une initiative de son pays en vue de débloquer la présidentielle, ces sources ont affirmé que « les efforts de l'ambassadeur se sont heurtés à l'obstacle de la détermination du général Michel Aoun, qui tient jusqu'au bout à maintenir sa candidature à la présidentielle et qui croit fermement que l'intervention russe en Syrie lui ouvrira les portes de Baabda ». Toujours selon ces sources, « le Hezbollah pourrait encore faire preuve de plus d'intransigeance, étant plus que jamais attaché à l'élection d'un président qui endosse clairement le projet de la résistance ». Et les sources de conclure : « Le 8 Mars ne s'est pas montré enclin à élire un président consensuel. »

(Lire aussi : Le ton continue de monter entre le Hezbollah et le Futur)

 

Chehayeb menace
« L'intransigeance » du Hezbollah se concrétise sur le dossier des déchets, dont la solution est « bloquée », confie une source ministérielle proche du dossier à L'OLJ. L'option de l'exportation, pourtant extrêmement coûteuse (200 dollars US / tonne), serait à nouveau envisagée. Le ministre Akram Chehayeb menace et prévoit de suspendre incessamment ses efforts pour la mise en œuvre de sa solution. Il attendrait en effet « des réponses claires et définitives » de la part des différentes parties politiques, précisément le Hezbollah, sur les sites des décharges.

Prié de préciser les raisons du refus, par son parti, d'approuver l'aménagement de l'un des trois sites qu'il avait lui-même proposé (et dont au moins deux ont été jugés valables par le Conseil du développement et de la reconstruction, selon des sources ministérielles), le député Nawwar Sahili explique que les sites en question « ne répondent pas aux critères géologiques et recèlent notamment de nombreuses sources d'eau ». « Nous sommes entièrement coopératifs pour une solution, mais que cette solution ne se fasse pas au détriment des citoyens, ni sur des bases communautaires », ajoute-t-il. Il juge « illogique » de vouloir aménager un site dans la Békaa en contrepartie de l'aménagement d'un site dans le Akkar.
Pourtant, le Hezbollah n'a-t-il pas refusé, « pour des motifs de sécurité », l'aménagement d'un site dans le Qaa (à majorité chrétienne) ? Le député répond par la négative et rappelle que « les zones sécuritaires de la Békaa sont connues ». Il confie enfin, qu'à défaut d'une solution de décharge « dans la ville, qui rassurerait les citoyens », le plus adéquat serait d'opter pour un terrain « entre les frontières libanaises et syriennes, après Masnaa ». Une solution qu' « approuvent les autorités syriennes », dit-il.

À Srar, dans le Akkar, des manifestants ont une nouvelle fois fait irruption hier sur le site et imposé par la force l'arrêt des travaux d'aménagement de la décharge. L'empoignade a fait deux blessés.
En dépit de tout, l'impératif d'éviter l'enlisement irréversible du pays dans le chaos demeure : la perspective de la tenue d'une réunion parlementaire d'urgence pour approuver les crédits de la Banque mondiale a été confirmée hier encore par plus d'un député ; et le « principe » du dialogue Hezbollah-Futur est toujours de rigueur, assure Ahmad Fatfat à L'OLJ.

 

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commentaires (5)

Le "parti de Dieu" dialogue avec tout le monde sous direction des mollahs sauf avec les libanais qu'ils veulent vendre aux mollahs et les soumettre à la joute syrienne

FAKHOURI

14 h 46, le 22 octobre 2015

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Commentaires (5)

  • Le "parti de Dieu" dialogue avec tout le monde sous direction des mollahs sauf avec les libanais qu'ils veulent vendre aux mollahs et les soumettre à la joute syrienne

    FAKHOURI

    14 h 46, le 22 octobre 2015

  • CRISE DES DECHETS "...le plus adéquat serait d'opter pour un terrain entre les frontières libanaises et syriennes après Masnaa. Une solution qu'approuvent les autorités syriennes..." Mais bien sûr, les autorités syriennes, alliées à celles de Téheran, ne rêvent que de cela: remettre les pieds au Liban, ne serait-ce, pour commencer, que leurs orteils...quitte à les tremper dans nos déchets !!! Alors, "parti de DIEU", vous dialoguez de préférence avec les Libanais ou avec les autorités syriennes ??? Irène Saïd

    Irene Said

    09 h 11, le 22 octobre 2015

  • ILS SE RIENT D'EUX-MÊMES TOUS LES VAURIENS CROYANT SE RIRE DU PEUPLE LIBANAIS... SUKLEEN FAITES LE JOB... DÉBARRASSEZ LE PAYS...

    LA LIBRE EXPRESSION

    07 h 50, le 22 octobre 2015

  • " Le Hezbollah débloquera le gouvernement lorsque..." Cela signifie donc que c'est bien lui qui le bloque. Merci à Mr Sahili de cet aveu très clair.

    Yves Prevost

    06 h 53, le 22 octobre 2015

  • LA SITUATION Tous les acteurs de la République et toute leur inefficacité au point mort. On croyait en effet avoir trouvé une décharge sunnite pour les déchets et on espérait en face la concession par le Hezbollah d'une décharge chiite. Ce dernier cependant continue de préférer le blocage du gouvernement, des déchets et des décharges, dans l'intérêt de son allié, le général Aoun. Or toute l'attention de celui-ci maintenant est pour l'immense effet positif qu'aura la guerre sainte de Poutine en Syrie en faveur de sa candidature éternelle à la présidence de la République.

    Halim Abou Chacra

    03 h 47, le 22 octobre 2015

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