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Lucien Bou Rjeily à L'OLJ : Mardi, "on a clairement voulu amputer le mouvement +Vous Puez !+"

Liban

"Les organisateurs se réuniront sous peu pour décider des prochaines démarches", affirme l'activiste.

02/09/2015

Il est le personnage principal d'une des images frappantes de l'opération inédite d'occupation, par les militants du collectif de la société civile "Vous puez!", du ministère de l'Environnement, au centre-ville de Beyrouth mardi. C'est le tee-shirt déchiré, porté par deux camarades, après l'opération d'évacuation musclée par les forces de l'ordre, que Lucien Bou Rjeily est sorti du ministère, mardi soir, après y avoir passé plusieurs heures avec ses camarades de "Vous puez!", pour exiger la démission du ministre Mohammad Machnouk.

Sorti de l’hôpital, où il a été traité, Lucien Bou Rjeily, réalisateur, revient pour L'Orient-Le Jour sur les événements de mardi.

"La démarche de mardi était parfaitement organisée par le collectif "Vous Puez !", affirme le jeune réalisateur. Le timing de l'opération, lancée mardi vers 13h, avait en en effet suscité des questions alors que le collectif avait lancé samedi, dans le cadre de la manifestation massive de protestation contre l'incurie du gouvernement, un ultimatum qui s'achevait mercredi à 18h. Parmi les demandes attachées à cet ultimatum, la démission du ministre, mais aussi des législatives et les résultats de l'enquête sur les violences policières le week-end précédent.

 

Reprenant le film des faits de la veille, Lucien Bou Rjeily raconte : "Ils (les agents de l'ordre) nous ont d'abord bloqué l'accès aux toilettes. Ils ont ensuite interdit l'entrée de nourriture et d'eau. Puis ils ont coupé la climatisation et fermé les fenêtres. Puis, ils nous ont totalement encerclés. Nous avons toutefois continué à scander nos slogans de manière pacifique, tout en veillant à ne pas endommager les lieux. Lorsque les policiers ont voulu nous déloger, ils ont chassé tous les journalistes et ont même coupé les câbles électriques pour empêcher toute retransmission en direct. Ils voulaient cacher les preuves de leur crime".

 

(Lire aussi : L'escalade, et après ?)

 

L'opération d’évacuation à commencé autour de 18h30. Pendant cette opération, assure M. Bou Rjeily, "ils (les forces de l'ordre) nous ont frappés. Ils nous ont donné des coups de pieds, ils tentaient de briser la chaîne humaine que nous avions formée. Dès qu'un activiste cédait et lâchait la main de son camarade, il était traîné par les policiers. S'il tentait de résister, on le battait à nouveau. Même les femmes ont reçu des coups et des insultes". Le réalisateur affirme avoir reçu des coups dans le cou, sur le dos et au niveau de l'épaule. "Si mon ami Hassan Sleit n'était pas intervenu pour me protéger, je ne sais pas ce qu'il serait advenu de moi", poursuit-il, assurant que les forces de l'ordre prononçaient les noms des organisateurs du collectif. "On a clairement voulu amputer le mouvement +Vous Puez !+", déclare-t-il, avant d'ajouter : "On a tenté de me tuer et je porterai plainte pour cela contre ceux qui ont ordonné l'évacuation par la force, et ceux qui l'ont exécutée".

 

(Lire aussi : Entre « chaos constructif » et « chaos destructeur », la situation par Fady Noun)

 

Alors que de nombreuses critiques ont été émises sur l'occupation d'un ministère, le jeune activiste répond que "le ministère est un lieu public qui appartient au peuple libanais tout entier".

Interrogé sur ce que le collectif compte faire, après cette opération, Lucien Bou Rjeily déclare ne pas vouloir donner de détails, mais affirme que "les organisateurs se réuniront sous peu pour décider des prochaines démarches".

 

La campagne de protestation a commencé avec la crise des ordures provoquée le 17 juillet par la fermeture de la décharge de Naamé (Liban-sud) et l'amoncellement des déchets dans les rues. Mais au-delà de la crise des déchets, la mobilisation illustre le ras-le-bol de la population face à la corruption endémique, à la paralysie des institutions politiques et au délabrement des services publiques, 25 ans après la fin de la guerre civile.
Depuis la première manifestation, organisée le 22 août dans le cadre de ce mouvement, le gouvernement miné par ses divisions n'a pris aucune décision pour répondre aux exigences des protestataires, et le ministre Machnouk a refusé de démissionner.

Mercredi, le calme était revenu et le ministre Mohammad Machnouk s'est rendu comme tous les jours à son bureau.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L'AMPUTER DE QUOI ? DES DÉCHÊTS QU'IL SEMBLE CONTENIR ET QUI CLAIRONNENT DES SLOGANS POLITIQUES CHERS À DES PARTIS ET DES BLOCS DE TOUT GENRE ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE SUIS DU MÊME AVIS !

Bery tus

"le ministère est un lieu public qui appartient au peuple libanais tout entier".

VAS APPRENDRE LES COURS CIVIQUE ET APRES ON PARLERA !!

justement MR COMME IL APPARTIENT A TOUT LE MONDE, ALORS PERSONNE N'A LE DROIT DE SE L'APPROPRIER COMME VOUS L'AVEZ FAIT !!

SVP PUBLIER SINON CA SERT A RIEN QUE L'ON COMMENTE ...

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