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Liban - Crise des déchets

Chehayeb appelle les associations et les experts à lui proposer des solutions

Les ordures jonchent toujours les routes dans les diverses régions. Le fleuve de Bisri est le dernier site en date à être pollué à grande échelle.

M. Chehayeb recevant Mme Kaag en son bureau. Photo Ani

Pour sa première journée de travail à la tête d'une commission d'experts pour régler la crise des déchets, le ministre de l'Agriculture, Akram Chehayeb, a appelé hier les experts et les associations spécialisés dans les questions environnementales à lui proposer des solutions avant aujourd'hui midi. Les suggestions doivent être remises au bureau du ministre au centre-ville, immeuble Sehnaoui, ou envoyées à l'adresse mail suivante :
[email protected].

Dans un communiqué du ministère de l'Agriculture, il est précisé que « la commission a discuté des moyens de réaliser une gestion durable du dossier des déchets, en prenant en compte les dimensions technico-scientifiques, institutionnelles et financières, en faveur de la meilleure gestion possible des points de vue scientifique, environnemental, sanitaire et financier.
Selon des sources citées par la MTV, le rapport de M. Chehayeb sera présenté vendredi au Premier ministre, il sera purement « technique » et nécessitera une séance du Conseil des ministres pour l'adoption des décrets indispensables.

Comme pour répondre à cet appel, le président de l'Association des industriels, Fady Gemayel, a plaidé hier en faveur d'une participation des industriels à cette nouvelle commission, mettant en garde contre leur marginalisation, « surtout que l'association a une vision complète, fondée sur le tri, le recyclage, le compostage, le "waste to energy" et la production d'énergie, avec le moins d'enfouissement possible en décharge ». Il a réitéré « le refus de l'association de tout accord ou appel d'offres qui tend à adopter l'incinération totale comme solution à la crise des déchets, sachant que non moins de 30 % des déchets peuvent être recyclés ». Il s'est aussi déclaré hostile à l'exportation des déchets. Ces deux perspectives porteraient un coup fatal à l'industrie de recyclage au Liban, a-t-il soutenu. M. Gemayel exprime notamment des craintes concernant l'adoption de l'incinération comme solution à long terme, une intention que ne cache pas le gouvernement, qui a pris une décision en ce sens datant de 2010.

M. Chehayeb a par ailleurs discuté des options disponibles pour le traitement de la crise des déchets avec Sigrid Kaag, représentante du secrétaire général des Nations unies au Liban. Mme Kaag a espéré « l'adoption de solutions adaptées à la réalité libanaise et conformes aux aspirations des Libanais ».

Des rats dans les maisons...
Entre-temps, rien ne semble arrêter la catastrophe écologique en cours. Hier, une grande quantité de déchets a été découverte près du village de Amatour, aux abords du fleuve de Bisri, entre les cazas du Chouf et de Jezzine. Ce déversement d'ordures cause la pollution de ce cours d'eau, qui est un affluent du fleuve Awali. Une enquête a été ouverte pour connaître la provenance de ces ordures.

D'autre part, des habitants de Jal el-Dib ont appelé la municipalité à « intensifier les efforts de collecte des ordures dans les rues », se plaignant de « la présence de rats dans leurs maisons et de la prolifération de moustiques ». Ils se sont dit « prêts à manifester devant le siège de la municipalité, si celle-ci ne nettoie pas les rues dans les deux jours ». Ils ont également demandé à la municipalité « d'arrêter de brûler les ordures, notamment à côté des poteaux électriques, ce qui menace la sécurité des habitants ».

Par ailleurs, une photo qui circule sur les réseaux sociaux, provenant de la page du collectif « Vous Puez ! », montre le fleuve de Beyrouth entièrement submergé de déchets. « Que se passera-t-il quand il commencera à pleuvoir ? Faudra-t-il également prévoir des inondations ? » lit-on sur la page d'un internaute.

Au sujet des traitements chaotiques constatés au niveau de certaines municipalités, le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a proposé, après avoir été reçu par le Premier ministre Tammam Salam, que « des comités locaux soient organisés au niveau des caïmacams dans tous les cazas, afin de mettre un terme aux traitements improvisés et primaires auxquels ont recours certaines municipalités et qui augmentent les risques sanitaires ». Il a dit qu'il allait, à la demande du Premier ministre, envoyer des messages dans ce sens aux caïmacams.

 

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