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Moyen Orient et Monde - Décryptage - Repère

Qui contrôle la banlieue de Damas ?

Depuis le début de la révolution syrienne en 2011, Damas est un point stratégique et le bastion des forces du régime de Bachar el-Assad. Si dans la banlieue de la ville sont implantés différents groupes rebelles, le président syrien n'a encore jamais perdu son emprise sur la capitale. État des lieux.

En juillet 2012, un peu plus d'un an après le début du mouvement de révolte contre le régime de Bachar el-Assad, les rebelles lancent leur première offensive réelle contre la capitale. Après deux semaines de combats, l'armée régulière parvient à les repousser. Huit mois plus tard, les rebelles mènent une nouvelle attaque contre Damas, l'armée syrienne lance une contre-offensive et finit par encercler la Ghouta. Cette banlieue de Damas est toujours assiégée aujourd'hui.
Plus de quatre ans après le début de la révolte, les différents groupes insurgés sont toujours cantonnés aux régions périphériques de la ville à l'exception de quelques poches de résistance dans les quartiers damascènes de Qaboun et al-Hajar al-Aswad.

Étouffer par la faim
En mai 2014, la commission d'enquête de l'Onu sur les violations des droits de l'homme en Syrie avait dénoncé le recours, par le régime, aux sièges des villes et à la famine comme méthode de guerre. Évoquant « plus de 250 000 personnes soumises à un siège en Syrie », les auteurs du rapport soulignaient que « le gouvernement emploie la technique du siège, instrumentalisant les besoins fondamentaux d'eau, de nourriture, d'abri et de soins médicaux comme éléments de sa stratégie ». Une stratégie qui pose les assiégés face à une alternative : la famine ou la reddition.
Dans ce rapport, qui est en fait un document précédent mis à jour sur la période allant de juillet 2013 au 20 janvier 2014, sont mentionnées des opérations militaires pour assiéger des quartiers ou des zones dans la campagne autour de la capitale, notamment dans la Ghouta, à Darayya, à Moadamiye al-Sham, et contre le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk. (Le rapport indiquait également que des groupes d'opposition utilisaient aussi cette stratégie, notamment dans la province d'Alep.)
En 2014, la stratégie de siège a porté ses fruits pour le régime. Certaines localités près de Damas comme Yalda ou encore Babbila, assiégées et affamées depuis des mois, ont fini par se rendre aux forces loyalistes. Les combattants, trop épuisés, ont été forcés de négocier sous peine de voir les habitants de ces villes mourir sous leurs yeux. Généralement, l'accord entre les rebelles et l'armée prévoit de rendre aux civils leur liberté de circuler et de leur faire parvenir des convois de nourriture. En échange, les insurgés doivent abandonner toutes leurs armes lourdes.
Aujourd'hui, les zones de Darayya, Yarmouk et de la Ghouta orientale sont tenues par les rebelles, mais toujours assiégées par le régime. Selon un rapport de SNAP (Syria Needs Analysis Project) mis à jour en janvier 2015, plus de 200 000 civils vivraient encore dans les régions assiégées par le régime. Des régions où les coupures d'électricité, l'absence d'eau courante, les pénuries de nourriture et le manque de soins médicaux sont devenus le quotidien de populations exsangues.

Des rebelles fragmentés
Parmi les groupes rebelles, Jaish el-Islam est le plus puissant. Commandé par Zahran Alloush, il est notamment présent à Douma, une zone stratégique assiégée que les différentes factions rebelles se disputent.
Sont également présents autour de Damas le Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, et le groupe État islamique.
L'Armée syrienne libre combat également dans les faubourgs de Damas. Mais, « comme dans le reste du pays, elle est en retrait face aux avancées du Front al-Nosra et du groupe État islamique », affirment Raphaël Lefèvre et Mario Abou Zeid, des chercheurs du Carnegie Middle East Center. Les luttes au sein de la rébellion, la radicalisation des combattants et l'arrivée du groupe État islamique ont complexifié un peu plus encore les rapports de force autour de la capitale.

Quid de l'hégémonie du régime ?
En ce début d'année, les rebelles, notamment ceux de Jaish el-Islam ont accentué la pression sur Damas. Le 5 février, des tirs d'obus rebelles ont touché le cœur de la ville. Quelques jours plus tôt, un bus de pèlerins chiites, à bord duquel se trouvaient des Libanais, était visé par un attentat meurtrier revendiqué par le Front al-Nosra.
Mais pour Fabrice Balanche, géographe, maître de conférence à l'université Lyon 2 et spécialiste de la Syrie, il est clair qu'aujourd'hui « l'emprise du gouvernement syrien sur Damas n'est pas menacée ». En effet Bachar el-Assad a concentré ses meilleures forces sur la capitale et celles-ci sont soutenues par un dispositif de sécurité hors du commun qui permet au régime d'isoler les territoires rebelles.

En juillet 2012, un peu plus d'un an après le début du mouvement de révolte contre le régime de Bachar el-Assad, les rebelles lancent leur première offensive réelle contre la capitale. Après deux semaines de combats, l'armée régulière parvient à les repousser. Huit mois plus tard, les rebelles mènent une nouvelle attaque contre Damas, l'armée syrienne lance une contre-offensive et...
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