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Liban - Trois questions à...

« Nous ne pouvons pas nous permettre de dilapider notre indépendance et notre démocratie »

Melhem Khalaf, président d'Offre-Joie.

La marche de samedi avait pour slogan « Vous avez annulé les festivités mais nous sommes l'indépendance ». Que voulez-vous dire ?
En marchant samedi jusqu'à Baabda, nous avons voulu dire que l'indépendance n'est pas limitée à une date ou à une cérémonie officielle. Si les politiciens ont échoué, sommes-nous liés à cet échec en tant que libanais ? Nous sommes indépendants du désespoir, de la violence, de la corruption, Nous sommes un pays qui a son histoire, son trésor humain, sa diversité, un message à offrir au monde. Nous sommes au-delà de l'échec politique.

Quel message avez-vous voulu offrir samedi ? Était-ce un appel à l'élection d'un président ?
Le problème aujourd'hui n'est pas uniquement lié à la vacance présidentielle, mais au danger qui menace tous les principes premiers de la démocratie au Liban en passant, notamment, par la vacance présidentielle et la prorogation du mandat de la Chambre. Le message que nous avons voulu transmettre est que nous ne pouvons pas nous permettre de dilapider notre indépendance. Notre indépendance qui a créé une démocratie dont les principes sont aujourd'hui malheureusement bafoués avec un laisser-aller fou. L'on nous dit que, sans président, nous sommes un corps sans tête. Mais le corps existe-il vraiment ? Il est temps de se reprendre et de changer les choses. En commençant, d'abord, par avouer avec modestie et humilité que nous avons échoué. Ce n'est pas chaque jour que l'on voit les avocats dans la rue. C'est un signe important qui devrait nous alerter sur l'importance du respect des lois, et c'est dire que la démocratie est en danger et qu'il faut préserver ses principes premiers et élever le discours politique loin des tiraillements. C'est également un message d'espérance.

D'où puisez-vous cette espérance, et la société civile est-elle réellement capable de jouer ce rôle de « levier du changement », comme vous l'appelez ?
Samedi, des jeunes, des scouts, des avocats, des hommes religieux, des activistes sont venus de partout, à l'image du Liban, pour participer à cette marche qui, à mon avis, a constitué un tournant dans le mouvement de la société civile. Et si l'on veut que cette dernière participe à l'ancrage des principes de la société de demain, il est nécessaire de changer d'attitude à son égard et de tenter de donner une image différente que celle de la simplicité qu'on veut lui donner pour la ridiculiser. Cette marche représente le Liban, le vrai, celui des hommes, et il n'y avait pas qu'Offre-Joie qui y était représentée, mais bien toute la société civile dont nous faisons partie. Quant à l'espérance, nous n'avons pas le droit de ne pas être à la hauteur de ce que les gens attendent de nous face au danger. Nous savons que les horizons sont bloqués, que la situation est grave. Que la classe politique a échoué et qu'elle ne veut pas reconnaitre son échec. Mais nous ne pouvons pas désespérer. Nous allons dépasser cet échec, même si nous travaillons avec la force de la goutte d'eau. La responsabilité est grande mais il faut réussir ce pays, il faut réussir le Liban et ce vivre-ensemble qui reste l'unique réponse face à tous les intégrismes régionaux. On aime le Liban et notre souffle sera plus long que le leur.

 

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