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En Syrie, l'économie a fait un bond en arrière de 30 ans

Eclairage

"La Syrie ne sera plus jamais la même, son économie sera plus modeste, sa population moins nombreuse".

OLJ/AFP
23/11/2014

Le conflit brutal qui déchire la Syrie depuis près de quatre ans a fait revenir trois décennies en arrière l'économie de ce pays, qui pourrait bien ne jamais s'en remettre, estiment des experts.

Avec une inflation à deux chiffres, la moitié de la population au chômage, des échanges avec l'extérieur réduits à peau de chagrin et des infrastructures en majorité détruites, la Syrie est économiquement en ruines.
"Le pays a perdu une décennie en termes d'indice de développement humain et son économie est revenue à son niveau des années 80", affirme Bassel Kaghadou, chargé par les Nations unies de réfléchir aux façons de reconstruire l'économie et la société syriennes. "La Syrie ne sera plus jamais la même, son économie sera plus modeste, sa population moins nombreuse", assure-t-il.

(Lire aussi : Les exportations ont chuté de 90% depuis le début de la crise)


Depuis le début en 2011 de la guerre civile, "le PIB s'est contracté de plus de 40%", selon May Khamis, responsable du Fonds monétaire international (FMI) au Moyen-Orient. "La production pétrolière est quasiment à l'arrêt, l'inflation est passée de 4% en juin 2011 à plus de 120% en août 2013 et avoisinait les 50% en mai 2014", explique-t-elle.

Les sanctions économiques internationales, qui ont notamment ciblé les secteurs bancaire et pétrolier, ont fragilisé un pays où près de la moitié de la population a dû quitter ses foyers et dont le territoire est fragmenté en plusieurs zones d'influences: régime, rebelles modérés ou islamistes et jihadistes comme le Front Al-Nosra et le groupe Etat islamique.

Outre le côté sécuritaire, beaucoup de sociétés étrangères ont décidé de ne plus travailler dans un pays mis au ban de la communauté internationale afin de ne pas ternir leur image, selon Jihad Yazigi, rédacteur en chef du site d'informations économiques The Syria Report. "Elles ont peur des conséquences, par exemple sur leurs activités aux Etats-Unis", dit-il.

(Pour mémoire : Le secteur industriel public syrien subit une perte de 1,2 milliard de dollars)

"Nourriture et armes"

Le gouvernement n'a en outre plus de revenus "importants", analyse M. Yazigi. Pour s'adapter, le régime a mis en place des mesures drastiques d'économies, supprimant nombre de subventions. Le prix du pain a bondi de 70%, ceux du riz et du sucre ont doublé. Le coût de l'électricité et de l'eau a également explosé, selon Jihad Yazigi.

"Le gouvernement n'importe plus que ce qu'il considère comme le strict nécessaire: de la nourriture et des armes", souligne un économiste spécialisé sur la Syrie, sous couvert de l'anonymat. Selon lui, le régime s'en remet à de riches hommes d'affaires pour payer la solde des miliciens pro-gouvernementaux et acheter du pétrole à l'étranger afin de fournir des entreprises privées.
Une économie parallèle s'est en outre développée et les actes de pillage par des milices pro-régime se sont multipliés.

(Pour mémoire : À qui profite économiquement le conflit syrien ?)

A court terme, M. Yazigi prévoit la poursuite du déclin de l'économie mais pense que le gouvernement parviendra à rester à flot avec l'aide de ses alliés russes et iraniens. L'an passé, Téhéran a ainsi ouvert deux lignes de crédit pour un total de 4,6 milliards de dollars afin que Damas finance des importations d'énergie et de blé.

Pour le programme des Nations unies dirigé par Bassel Kaghadou, il faudrait au moins une décennie pour reconstruire. Or des facteurs majeurs vont compliquer ce processus, notamment l'"énorme perte en capital humain" consécutive à la fuite de nombreux habitants et à l'interruption forcée de l'éducation et la formation de toute une génération.
Alors qu'un règlement du conflit semble encore loin, M. Kaghadou n'est guère optimiste: "Chaque jour qui passe complique les choses".


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Ali Farhat

Bravo! On vient de découvrir l'eau chaude-là! Dans toutes les guerres, les états font un bond en arrière à tous les niveaux où se ramifient simultanement des voies économiques parallèles. Ensuite en temps paix, Des grands pas en avant se réalisent en un temps record car c'est dans nature humaine et surtout m-orientale que de renaitre plus fort de ses cendres. En 2006 les criminels sionistes et leurs immoraux et mafieux accolytes avaient déclaré de ramener le Liban 30 ans en arrière, aujourd'hui, le Liban possède une économies meilleure qu'en 2006, notre démocratie n'est plus en danger qu'en 2006 et les banques ne savent plus ou mettre les sous. En plus nous possedons desormais des armes et des missiles en mesure de foutre la chiasse en hebreu a quiconque oserait encore éffleurer dans ses pensées ces genres d'absurdités... Idem sera un jour la Syrie.. je pense alors les copins directs et indictes des sio-occidentaux, "lacheurs" dans leur nature intrinsèque, auront des vrais soucis à se faire.

CBG

Le pire est que la civilisation humaine y a fait un bond en arrière de 30000 ans...ET c'est à notre poreuse frontière....

M.V.

et nous pauvres libanais ... il y a 30 ans (1984) nous étions occupé par le reste des milices palestiniennes and Co. , l'armée syrienne et leurs comparses de service locaux et les résidus miliciens de l'invasion israélienne ....

Fady Challita

C'etait la Bonne Nouvelle du dimanche? :))

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

C'EST LA LOI DU TALION !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Tant mieux, cela leur a ainsi appris que celui qui brûle et pille le Grand-Liban sera lui aussi brûlé et pillé....

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