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Chirac-Juppé : une longue et rare amitié en politique

"J'ai toujours su qu'Alain Juppé serait au rendez-vous de son destin et de celui de la France", a déclaré l'ancien président jeudi.

L'ancien président français Jacques Chirac, et son ancien Premier-ministre Alain Juppé, en 2009. Jean-Pierre Muller/AFP/Archives

Mai 1976. Le Premier ministre Jacques Chirac cherche un énarque sachant écrire. On lui présente un jeune homme mince au front déjà dégarni, venu des Landes. Le premier entretien dure cinq minutes. "On me dit que vous voulez faire de la politique? J'espère au moins que vous savez tâter le cul des vaches."
Commentaire ultérieur d'Alain Juppé: "Je m'attendais à tout, sauf à ce genre de questions. Mais j'étais heureux".

Bien vite, le chef du gouvernement se rend compte que son collaborateur, bardé de diplômes, a aussi de solides avis sur le fond des dossiers. Et, lorsqu'il rompt avec le président Valéry Giscard d'Estaing en claquant la porte de Matignon, Alain Juppé l'accompagne dans l'aventure du RPR, créé fin 1976.

 

(Lire aussi : Pour Juppé, le match de 2017 « a commencé »)

 

Les deux hommes, aussi dissemblables que possible -l'un est remuant, l'autre "droit dans ses bottes-, vont entamer un compagnonnage politique de près de 40 ans, l'un au service de l'autre. Une rareté en politique. Le soutien affiché jeudi par le vieux lion affaibli à celui qu'il a toujours considéré comme son héritier n'est qu'une manifestation de plus de cette fidélité jamais trahie.

"J'ai toujours su qu'Alain Juppé serait au rendez-vous de son destin et de celui de la France", a déclaré l'ancien président de la République au Figaro daté de jeudi. "Peu de choses pouvaient me faire plus plaisir, pour moi-même, pour lui et surtout pour notre pays."

 

A partir de 1976, l'ancien normalien s'installe au cœur du système chiraquien, devient indispensable, irremplaçable. Il ne rend de comptes qu'à Chirac en personne, lequel ne jure que par lui. Il est tour à tour conseiller au cabinet du maire de Paris, directeur des finances de la ville, secrétaire général puis président du RPR, ministre et Premier ministre de 1995 à 1997...

En 1989, Alain Juppé ne participe pas à la fronde des rénovateurs que mènent d'autres quadras au sein du RPR, et l'année suivante, il contribue à repousser l'offensive lancée par Philippe Séguin et Charles Pasqua pour renverser la direction du parti. Jacques Chirac lui en sait gré. Tout comme il n'oublie pas qu'Alain Juppé l'a soutenu à la présidentielle de 1995, alors que beaucoup à droite, comme Nicolas Sarkozy, se pressaient chez Edouard Balladur. Malgré l'échec de la dissolution de 1997, largement dictée par la volonté élyséenne de "sauver le soldat Juppé", Jacques Chirac continue à ne pas lui économiser sa confiance.

 

(Lire aussi : La droite française reprend le Sénat ; le FN y entre et assure qu'« il n'y a plus qu'une seule porte à pousser : l'Élysée »)


'Cet homme-là est différent'

Dans ses mémoires (volume 2, 2011), Jacques Chirac ne tarit pas d'éloges: "Son soutien ne m'a pas fait défaut dans les périodes difficiles où mon destin présidentiel paraissait dans l'impasse. Cette fidélité est toujours allée de pair avec une grande franchise à mon égard. Ses points de vue sont toujours nets, directs, étayés, argumentés..."

Selon l'ex-chef de l'Etat, leur "relation a toujours ignoré le rapport de forces". "Nous n'avons jamais été rivaux." "Je l'aime beaucoup mais notre pudeur respective fait qu'on ne le dit pas", dit-il. En 1994, il désigne Alain Juppé, reconnu comme une des plus belles mécaniques intellectuelles de la droite française, "le meilleur d'entre nous", lors des journées parlementaires du RPR pour en faire son successeur à la tête du parti. Une formule appelée à un grand succès: pas un portrait d'Alain Juppé sans ce commentaire du "père" admiratif...

Le cadet n'est pas en reste: cette même année 1994, il revient sur l'émotion qui l'a envahi lors de la création du RPR. "J'écoutais cette voix qui ne m'était pas encore familière: la vôtre. Je me suis dit: +cet homme-là est différent. Son verbe communique l'enthousiasme+. Je vous ai suivi, je ne l'ai pas regretté."

 

(Lire aussi : Sarkozy président en 2017 : un rêve (in)accessible ?, l'analyse d'Anthony Samrani)

 

Et puis il y aura ce qu'Alain Juppé a pudiquement qualifié "d'épreuve": sa condamnation en appel en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et une année d'inéligibilité. Adjoint aux Finances lorsque Chirac était maire de Paris, il assume devant la justice un système opaque d'emplois de complaisance, payés par la municipalité au profit du parti présidentiel. Alain Juppé paye seul. Il est meurtri mais sa fidélité au président ne se dément pas. Jacques Chirac, très affecté par la décision du tribunal, lui renouvelle alors "son amitié, estime et respect".

Après ses déboires judiciaires, Alain Juppé reprend son siège de maire de Bordeaux en 2006 et se rallie à la candidature à la présidentielle de Nicolas Sarkozy, partenaire-rival pour le leadership de la droite. La prise de position, jeudi, de Jacques Chirac intervient quelques jours après une pique assassine de son épouse, Bernadette, contre Alain Juppé: "Il est très, très froid et il n'attire pas les gens", a-t-elle lâché en disant au contraire tout le bien qu'elle pense de Nicolas Sarkozy.

Piqué au vif, Alain Juppé a répliqué que Jacques Chirac lui avait récemment "confirmé son jugement, qu'(il) était +le meilleur d'entre nous+". Avant de souligner que lui rencontrait "tous les trois-quatre mois" l'ancien hôte de l'Elysée. Sous-entendu: contrairement à Nicolas Sarkozy, dont les relations avec Chirac - qu'il avait qualifié pendant son quinquennat de "roi fainéant" - sont de longue date exécrables.

 

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Mai 1976. Le Premier ministre Jacques Chirac cherche un énarque sachant écrire. On lui présente un jeune homme mince au front déjà dégarni, venu des Landes. Le premier entretien dure cinq minutes. "On me dit que vous voulez faire de la politique? J'espère au moins que vous savez tâter le cul des vaches."Commentaire ultérieur d'Alain Juppé: "Je m'attendais à tout, sauf à ce genre de questions. Mais j'étais heureux".
Bien vite, le chef du gouvernement se rend compte que son collaborateur, bardé de diplômes, a aussi de solides avis sur le fond des dossiers. Et, lorsqu'il rompt avec le président Valéry Giscard d'Estaing en claquant la porte de Matignon, Alain Juppé l'accompagne dans l'aventure du RPR, créé fin 1976.
 
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Les deux hommes, aussi...
commentaires (3)

Carlos Ghosn affirmait, mercredi matin, sur France Inter,que l’image de la France, dans le monde, n’était pas aussi ternie qu’on voulait bien le dire. Le patron de Renault/Nissan préserve ses arrières. La vérité est différente, et il va falloir, malheureusement, se faire une raison : aux yeux des opinions publiques mondiales, la France est devenue un vassal des Etats-Unis, un obligé de l’Allemagne, une sorte de République bananière baignant dans les affaires. La France, pays des droits de l’Homme ? La France, nation souveraine ? La France tolérante, accueillante, solidaire ? La France des conquêtes sociales ? La France des Lumières ? Une histoire, pour beaucoup, dans le monde, à ranger, aujourd’hui, au placard. Le putsch ultra libéral, mené par l’équipe Hollande/Valls, pour le compte du patronat, la mort lente de l’industrie et l’affaiblissement de la recherche, la paupérisation d’une grande partie de la population, l’accumulation des détournements de fric et de performances d’alcôves, où se débattent les droites et le parti socialiste, les héritiers du pétainisme affichant des ambitions alarmantes, tels sont quelques-uns des thèmes faisant la «Une» des commentaires sur la France, dans la presse internationale. Souvent accompagnés de commentaires assassins. La Présidence Sarkozy avait donné le signal. L’énervé à paillettes de Neuilly avait provoqué la risée, puis, la franche rigolade. Avec Hollande et Valls, la moquerie a laissé place à la stupéfaction, à l’inquiétude.

FRIK-A-FRAK

18 h 11, le 03 octobre 2014

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Commentaires (3)

  • Carlos Ghosn affirmait, mercredi matin, sur France Inter,que l’image de la France, dans le monde, n’était pas aussi ternie qu’on voulait bien le dire. Le patron de Renault/Nissan préserve ses arrières. La vérité est différente, et il va falloir, malheureusement, se faire une raison : aux yeux des opinions publiques mondiales, la France est devenue un vassal des Etats-Unis, un obligé de l’Allemagne, une sorte de République bananière baignant dans les affaires. La France, pays des droits de l’Homme ? La France, nation souveraine ? La France tolérante, accueillante, solidaire ? La France des conquêtes sociales ? La France des Lumières ? Une histoire, pour beaucoup, dans le monde, à ranger, aujourd’hui, au placard. Le putsch ultra libéral, mené par l’équipe Hollande/Valls, pour le compte du patronat, la mort lente de l’industrie et l’affaiblissement de la recherche, la paupérisation d’une grande partie de la population, l’accumulation des détournements de fric et de performances d’alcôves, où se débattent les droites et le parti socialiste, les héritiers du pétainisme affichant des ambitions alarmantes, tels sont quelques-uns des thèmes faisant la «Une» des commentaires sur la France, dans la presse internationale. Souvent accompagnés de commentaires assassins. La Présidence Sarkozy avait donné le signal. L’énervé à paillettes de Neuilly avait provoqué la risée, puis, la franche rigolade. Avec Hollande et Valls, la moquerie a laissé place à la stupéfaction, à l’inquiétude.

    FRIK-A-FRAK

    18 h 11, le 03 octobre 2014

  • CHIRAC DÉSIGNE ALAIN JUPPÉ, RECONNU COMME DES PLUS BELLES MÉCANIQUES INTELLECTUELLES DE LA DROITE FRANÇAISE. MOI JE DIS MÉCANIQUES OUI MAIS INTELLECTUELLES ! DE JUPPÉ ! NON. CE QUI PARAIT QUE CHIRAC COMMENCE À OUBLIER. IL OUBLIE QUE CELUI QUI MÉRITE AUJOURD'HUI CETTE APPELLATION " BELLES MÉCANIQUES INTELLECTUELLES " ET DU LOIN, C'EST SON FIDEL LE VRAI INTELLECTUEL MONSIEUR DOMINIQUE DE VILLEPIN. ET QUE C'EST LE SEUL ACTUELLEMENT QUI EST CAPABLE À NETTOYER LA FRANCE ET REDORER SON IMAGE DE MARC TERNIE.

    Gebran Eid

    13 h 32, le 03 octobre 2014

  • après un passage par la case prison pour protéger son bienfaiteur Chirac ... C'était deux combinards des magouilles de haute voltige de la Mairie de Paris jusqu'à l'Elysée

    FAKHOURI

    12 h 45, le 03 octobre 2014

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