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Liban - La situation

L’Iran voudrait tant entrer dans la danse

Le chef du gouvernement a reçu hier la visite du chef du Conseil suprême de la sécurité nationale en Iran, Ali Chamkhani, qui a annoncé une aide à l’armée libanaise. Photo Dalati et Nohra

Exclue de la coalition arabo-internationale antijihadistes, la République islamique d'Iran s'efforce de rappeler à tout le monde qu'elle reste un acteur incontournable dans la région. Et pour ce faire, Téhéran reprend en quelque sorte le chemin de Beyrouth...
Y a-t-il quelque chose de mieux établi, en effet, que de sauter une énième fois à travers la fenêtre libanaise, fût-elle si petite, afin de mieux rebondir à chaque fois sur la scène régionale ?


Coup sur coup, deux hauts responsables iraniens se sont subitement intéressés au Liban ces jours derniers : ce sont d'abord le chef du conseil suprême de la Sécurité nationale en Iran, Ali Chamkhani, et ensuite le général Amir-Ali Hajizadeh, commandant des forces aérospatiales des gardiens de la révolution (pasdaran).
Le premier se trouvait hier à Beyrouth où il a été reçu tour à tour par le président de la Chambre, Nabih Berry, et le Premier ministre, Tammam Salam. À sa sortie du Grand Sérail, il a fait part à la presse de l'intention de son pays d'offrir des équipements militaires à l'armée libanaise à titre d'aide gracieuse.
On sait que par le passé, le Liban avait accueilli officiellement par le dédain des offres iraniennes de coopération militaire, essentiellement pour ne pas se trouver en violation avec le régime des sanctions internationales, mais aussi et surtout pour éviter toute remontrance de la part des États-Unis.


Aujourd'hui, la proposition iranienne consistant en un don gracieux ne tombe apparemment pas sous le coup des sanctions, ce qui a amené, semble-t-il, les autorités libanaises à lui faire un meilleur accueil. C'est ainsi qu'il a été décidé que le vice-président du Conseil et ministre de la Défense, Samir Mokbel, parte pour Téhéran à la fin de la semaine afin d'en étudier les modalités.
Il reste qu'à en croire des sources politiques généralement bien informées, la transaction est irréaliste et ne devrait logiquement pas avoir lieu au final – sauf s'il est question de broutilles –, car jamais Beyrouth n'oserait défier aussi ouvertement un refus occidental, et notamment américain, dans ce domaine. Pour ces sources, la démarche iranienne ne vise fondamentalement qu'à dire que la République islamique est toujours au cœur de la région et que la communauté internationale devrait s'en souvenir.


Mais ce sont surtout les propos du second responsable iranien, le général Hajizadeh, qui expriment encore davantage à la fois la nervosité de Téhéran et son absence totale de scrupules dès lors qu'il s'agit d'utiliser le Liban pour parvenir à ses fins.
Ces propos, rapportés hier par le quotidien al-Akhbar, sont une suite d'injures faites à l'indépendance et à la souveraineté de l'État libanais, ce qui ne les a pas empêchées de passer quasiment inaperçues.
S'il faut en croire le journal, le responsable iranien affirme que le Hezbollah libanais et les pasdaran iraniens sont une seule entité et que le premier a acquis des capacités techniques qui ont conduit l'armée d'élite du régime iranien à demander son aide, alors que « par le passé le Hezbollah avait l'habitude de dépendre des gardiens de la révolution dans certains domaines ».
Ce que le général Hajizadeh évite de préciser, c'est de savoir si l'ambassade d'Iran à Beyrouth a jamais demandé l'autorisation du gouvernement libanais pour une coopération aussi étroite entre deux formations paramilitaires, dont la principale occupation ne se limite guère à l'action sociale ou culturelle et qui sont censées relever chacune d'un État souverain.

 

(Lire aussi : Geagea : La tutelle syrienne a été remplacée par une tutelle iranienne via le Hezb)


Sur le plan interne, et alors que certaines sources font prudemment état depuis lundi d'avancées possibles dans le dossier des otages militaires, l'agence al-Markaziya affirmait hier détenir des informations selon lesquelles un groupe d'otages pourrait être libéré par les ravisseurs d'ici à la veille de la fête de l'Adha, c'est-à-dire avant samedi. En attendant, les parents d'otages, qui poursuivent leur action protestataire destinée à amener le gouvernement à composer avec les demandes des ravisseurs, ont tenté hier de fermer le point de passage frontalier de Masnaa, se heurtant aux forces de sécurité.


Et du côté de la vie politique, il convient de noter que celle-ci est censée reprendre timidement aujourd'hui, après des mois de paralysie, avec la séance prévue ce matin à la Chambre dans le cadre de ce qui a été appelé « état de nécessité législative ».
D'un commun accord entre les divers blocs parlementaires, à l'exception notable des Kataëb, qui doivent boycotter la réunion, il a été convenu de placer le dossier de la grille des salaires du public dans le cadre de cet « état de nécessité ». Et c'est ce sujet qui va essentiellement être traité aujourd'hui place de l'Étoile.
Grosso modo, et en dépit de quelques failles dans le système – qui provoquent entre autres la fronde des enseignants du privé, appelés à observer une grève aujourd'hui – le projet semble en bonne voie d'être avalisé.
On sait que cette issue a été rendue possible par l'espèce de marché conclu notamment entre d'une part le bloc du Futur et les Forces libanaises, et de l'autre le bloc de Nabih Berry. Aux termes de ce marché, M. Berry s'est rallié à l'idée d'une majoration d'un pour cent de la TVA et les deux formations du 14 Mars ont accepté de reprendre le chemin de la Chambre comme le voulait le chef du législatif.


Il reste toutefois quelques questions d'ordre politique à élucider pour savoir si ce déblocage va être suivi d'autres étapes jusqu'à parvenir à une solution à la crise présidentielle et à celle, corollaire, de la législature.
La réponse à l'une de ces questions est à trouver chez le chef du PSP, Walid Joumblatt. Outre le fait qu'il a adressé hier un message ultraconfidentiel au général Michel Aoun, dont rien n'a filtré jusqu'ici, nombre d'observateurs s'interrogent, en effet, sur les raisons qui poussent M. Joumblatt à faire de la surenchère en matière de financement de la grille des salaires sur... Fouad Siniora lui-même.
Aurait-il donc oublié le « S » du sigle de son parti pour se placer ainsi à la droite de celui qui incarne le milieu de la haute finance ? Ou bien aurait-il une quelconque doléance politique à monnayer ?
Les observateurs penchent plutôt pour la seconde option.

 

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Exclue de la coalition arabo-internationale antijihadistes, la République islamique d'Iran s'efforce de rappeler à tout le monde qu'elle reste un acteur incontournable dans la région. Et pour ce faire, Téhéran reprend en quelque sorte le chemin de Beyrouth...Y a-t-il quelque chose de mieux établi, en effet, que de sauter une énième fois à travers la fenêtre libanaise, fût-elle si...
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COMME CAVALIER... OU... CAVALIÈRE ?

LA LIBRE EXPRESSION

17 h 33, le 02 octobre 2014

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Commentaires (4)

  • COMME CAVALIER... OU... CAVALIÈRE ?

    LA LIBRE EXPRESSION

    17 h 33, le 02 octobre 2014

  • LA DANSE ÉTANT CELLE DU GRAND SATAN... DONC DIABOLIQUE... HONNIE ET 7ARAM... POURTANT LES AYATOLLAHS... CHANGEANT D'AVIS... VEULENT LA DANSER ... AHLAN WA SAHLAN AU CLUB DES GRANDS SATANS !

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 00, le 01 octobre 2014

  • Je ne vois pas ce qui pourrait nous empecher de recevoir une aide militaire de l'Iran NPR ? si on a besoin d'exemple sur l'efficacite de leurs armements , 2006 Sud Liban et la defaite des sio et 2014 Gaza et defaite des ces meme usurpateurs sont la pour prouver que l'aide est efficace contre les usurpateurs predateurs d'israel ! Pourquoi faire du chichi quand on voit que 3milliards et demi de usd n'ont pas pu nous parvenir , que les salafowahabites frappent a notre porte a coup de decapitations , que le hezb resistant fait le maximum , mais qu'il serait bienvenue de l'epauler , rappelez vous que dans l'histoire des liberations des peuples de l'injuste , seules les actions armees ont porte des fruits face a la barbarie . Merci l'iRAN DEJA POUR L'INTENTION !

    FRIK-A-FRAK

    12 h 42, le 01 octobre 2014

  • Nous n'irons plus aux bois Les lauriers sont coupés La belle aide iranienne que voilà la laiss'rons nous danser Entrez dans la danse messieurs les ministres , voyez comme on danse, Sautez, dansez,dans ce moyen orient en feu et embrassez qui vous voudrez.

    Sabbagha Antoine

    10 h 54, le 01 octobre 2014

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