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Liban

Grille des salaires : les organismes économiques et les comités des parents montent au créneau

Comme prévu, le Parlement tiendra aujourd'hui une séance plénière pour plancher sur les « lois de nécessité » portant, en priorité, sur la nouvelle échelle des salaires des fonctionnaires de la fonction publique et des enseignants, conformément à une formule de compromis convenue sur ce plan entre une grande partie du 14 Mars – à l'exception des Kataëb – et le 8 Mars, principalement le chef du législatif, Nabih Berry. Cette entente a toutefois été rejetée, pour des considérations diamétralement opposées, par les organismes économiques et les comités des parents des écoles privées, d'une part, ainsi que par le syndicat des enseignants des écoles privées, qui a appelé à une grève générale aujourd'hui, d'autre part.
Le compromis négocié entre les Forces libanaises et le courant du Futur, représentés par Georges Adwan et Fouad Siniora, d'une part, et le président de la Chambre, d'autre part, prévoit d'avaliser la nouvelle échelle des salaires, mais échelonnée sur deux ans et sans effet rétroactif. Cette augmentation devrait s'appliquer aux enseignants, à la différence que les professeurs des écoles privées ne devraient pas profiter des six échelons accordés à leurs collègues du public.
Les dépenses publiques qui résulteront de ce réajustement seront couvertes par une augmentation de la TVA de 1 %, une augmentation de 2 % des impôts sur les bénéfices des banques (de 15 à 17 %), le doublement des frais des notaires, une hausse des impôts sur les ventes foncières, une taxe sur les investissements dans les biens-fonds maritimes, et une augmentation des frais de timbres sur les factures de téléphone et les permis de conduire (voir L'Orient-Le Jour du 30 septembre).
Sauf surprise de dernière heure, ce projet devrait être approuvé à une confortable majorité de près de 90 voix. Le sondage établi hier en fin de soirée prévoyait un vote favorable des blocs parlementaires du courant du Futur, des Forces libanaises, des indépendants du 14 Mars, de Nabih Berry, du Hezbollah, du courant aouniste et du Rassemblement démocratique de M. Walid Joumblatt.
Quelques incertitudes persistent toutefois en raison des réserves exprimées par plus d'un bloc parlementaire au sujet de certains points du compromis. Le bloc de Walid Joumblatt est ainsi favorable à une hausse de la TVA de 2 %, alors que le bloc aouniste s'est prononcé contre toute hausse de la TVA. Autre clause qui demeure en suspens : la décision de ne pas accorder les six échelons aux enseignants des écoles privées. Certains députés du courant du Futur et du bloc aouniste contestent le fait que les enseignants du public et du secteur privé ne soient traités sur un même pied d'égalité pour ce qui a trait aux six échelons. Cette question a été hier soir au centre d'une réunion qu'une délégation du syndicat des enseignants des écoles privées a tenue à Bkerké avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï.

Communiqué de Bkerké et des comités des parents
En fin de soirée, le secrétariat général du patriarcat maronite devait publier un communiqué soulignant que « le patriarche Raï déplore que certaines parties lui attribuent une position tantôt favorable ou tantôt défavorable concernant ce que le Parlement s'apprête à décider au sujet de la grille des salaires des enseignants des écoles privées ». « Le patriarche n'est nullement informé de cette question, ni de près ni de loin, affirme le communiqué de Bkerké. C'est le secrétariat général des écoles catholiques qui suit l'affaire avec les parties concernées. Il a déjà défini sa position sur ce plan, en accord avec la fédération des institutions pédagogiques privées, en prenant en considération les droits des enseignants, les moyens dont disposent les parents et la pérennité des institutions pédagogiques. »
De leur côté, les comités des parents des écoles catholiques, orthodoxes et évangéliques ont tenu une réunion extraordinaire en présence du secrétaire général des écoles catholiques, le père Azar, et du représentant du patriarche maronite, Mgr Samir Mazloum. Les participants à la réunion ont réaffirmé à cette occasion que les comités des parents réclament à nouveau que la législation relative aux écoles privées soit séparée de celle des écoles publiques, de même qu'ils refusent toute augmentation des scolarités, menaçant en outre de ne pas payer les frais scolaires si les enseignants observent une grève ouverte.
Auparavant dans la journée, le syndicat des enseignants des écoles privées avait organisé dans différentes régions des assemblées générales au cours desquelles les enseignants ont approuvé une motion de grève générale qui sera observée aujourd'hui, mercredi, dans la quasi-totalité des établissements scolaires privés. Le syndicat a appelé dans ce cadre à un rassemblement à la place Riad el-Solh pendant la séance parlementaire plénière, place de l'Étoile. Ce mouvement de protestation a pour but essentiellement d'obtenir que les six échelons soient accordés aux enseignants du privé.

Les organismes économiques
Autre voix contestatrice : celle des organismes économiques qui ont tenu hier une réunion extraordinaire afin de discuter de la formule de compromis relative à la nouvelle échelle des salaires.
Le communiqué publié à l'issue des débats commence par contester le principe de la tenue de séances parlementaires pour « légiférer au sujet des lois de nécessité ». « Quelle nécessité prime sur l'élection d'un président de la République ? se sont interrogés les organismes économiques. La vacance au niveau de la présidence de la République constitue une menace directe pour l'État. Les organismes économiques soulignent que le marché conclu entre les forces politiques, comme par enchantement, ne vise nullement à octroyer leurs droits au comité de coordination syndicale, aux ouvriers et aux militaires, car les amendements prévus par le nouveau projet de la grille des salaires porteront préjudice aux droits des employés ainsi qu'à l'économie nationale, ce qui aboutira à une véritable catastrophe financière, économique et sociale que les forces politiques ne semblent pas avoir pris en considération. »
Après avoir relevé que les chiffres prévus dans le nouveau projet sur la grille des salaires « n'assurent pas l'équilibre entre les dépenses et les recettes », les organismes économiques réitèrent leur « refus catégorique des augmentations d'impôts prévues dans le projet proposé, d'autant que ces augmentations ne contribueront pas à résoudre la crise, mais provoqueront une crise encore plus grave ». « Les forces politiques mettent en danger le pays et la population en approuvant la nouvelle grille des salaires », poursuit le communiqué.
En conclusion, les organismes économiques soulignent que « l'approbation de l'échelle des salaires dans ces circonstances délicates fera perdre au pays son immunité économique (...), d'autant que la plupart des indices économiques sont en baisse continue et que le taux de croissance est tombé au-dessous de 1,5 pour cent ».

Comme prévu, le Parlement tiendra aujourd'hui une séance plénière pour plancher sur les « lois de nécessité » portant, en priorité, sur la nouvelle échelle des salaires des fonctionnaires de la fonction publique et des enseignants, conformément à une formule de compromis convenue sur ce plan entre une grande partie du 14 Mars – à l'exception des Kataëb – et le 8 Mars,...

commentaires (3)

PRIÈRE LIRE : LEYCH MA SAALTONA. MERCI.

LA LIBRE EXPRESSION

17 h 55, le 01 octobre 2014

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Commentaires (3)

  • PRIÈRE LIRE : LEYCH MA SAALTONA. MERCI.

    LA LIBRE EXPRESSION

    17 h 55, le 01 octobre 2014

  • LE CAMÉLÉONOGOUPILISME EN ACTIVITÉ ! LES COUREURS DU MARATHON SUR LA VOIE DE LA GRÈCE PLUS ABRUTIS QUE JAMAIS... ET LES ORGANISMES ÉCONOMIQUES ET AUTRES : 3ALA DAL3ONA... 3ALA DAL3ONA... LEYCH MA SAALTOUNE ?

    LA LIBRE EXPRESSION

    14 h 06, le 01 octobre 2014

  • Amateurisme, gabégie et "se foutre du monde" caractérisent cette ADM (association de malfaiteurs) qui décide pour nous SANS nous demander notre avis. A quand le grand balai ?

    Tabet Karim

    08 h 59, le 01 octobre 2014

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