Des centaines de Kurdes turcs et syriens ont abattu hier la barrière qui sépare les deux pays près de Mursitpinar avec l’intention d’y rejoindre les forces kurdes qui combattent les jihadistes autour de Aïn al-Arab/ Bulent Kilic/AFP
La guerre que mènent les États-Unis contre le groupe État islamique (EI) ne contribuera en rien au maintien au pouvoir du président syrien Bachar el-Assad, a assuré hier le secrétaire d'État américain John Kerry.
Depuis qu'elle a lancé mardi ses premières frappes contre les jihadistes de l'EI en Syrie, l'administration américaine affirme qu'elle n'en a pas pour autant mis sous l'éteignoir la lutte contre le régime de Damas et le départ souhaité du président Assad. D'autant que la Syrie a salué les bombardements américains et de pays arabes sur son territoire, dans le cadre du combat contre « les terroristes » ultraradicaux sunnites. John Kerry réagissait à des propos du Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi dans le New York Times selon lesquels Washington lui aurait assuré que les frappes en Syrie ne viseraient pas le régime de Damas. « Nous ne sommes pas du même côté qu'Assad. Il est même l'aimant qui a attiré des combattants étrangers de dizaines de pays » venus se battre dans les rangs de l'EI, a argumenté le ministre américain actuellement à l'Assemblée générale de l'Onu à New York.
Dans ce contexte, la coalition conduite par Washington a mené hier de nouveaux raids en Syrie contre des installations pétrolières aux mains des jihadistes de l'EI, interrompant leurs lucratives opérations de pompage. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les États-Unis et leurs alliés arabes ont lancé jeudi soir et vendredi matin de nouvelles frappes contre les installations pétrolières prises par l'EI dans la province de Deir el-Zor, dans l'est de la Syrie. Des raids ont en outre visé hier un centre de commandement de l'EI près d'al-Mayadine dans la même province, ainsi que des installations pétrolières et une base de l'EI dans la province de Hassaka, a précisé l'OSDH.
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Des militants ont indiqué que le pompage dans six champs pétrolifères contrôlés par l'EI dans la province de Deir el-Zor avait été stoppé par peur des frappes. « Il n'y a plus d'intermédiaires ni de clients allant dans les champs car ils ont peur des frappes », a assuré Rayan al-Furati. « Avant, il fallait attendre quatre jours pour être servi tant la demande était forte », a-t-il précisé.
Le Pentagone a de son côté confirmé des raids en Syrie qui ont détruit des chars du groupe à Deir el-Zor, ainsi qu'en Irak contre des positions de l'EI dans la région de Kirkouk et à l'ouest de Bagdad.
Depuis leur début mardi, les frappes en Syrie ont tué 141 jihadistes, parmi lesquels 129 étrangers dont 84 affiliés à l'EI, selon l'OSDH. Des raids aériens qui ont désorganisé les structures de commandement du groupe jihadiste et réduit ses capacités logistiques, a déclaré hier le général Martin Dempsey, chef d'état-major interarmes américain. Un de ces raids a d'ailleurs tué hier un chef important de l'EI, le premier depuis le début de l'offensive aérienne. M. Dempsey a également estimé que les rebelles syriens antijihadistes devraient mobiliser au sol entre 12 000 et 15 000 hommes pour reprendre les zones toujours contrôlées par l'EI dans l'est de la Syrie.
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Le prix de la guerre
Par ailleurs, et toujours en chiffres, la guerre menée des airs par les États-Unis et leurs alliés contre l'EI devrait dépasser le milliard de dollars par mois pour Washington. Le Pentagone a estimé le mois dernier que l'opération menée en Irak depuis le 8 août coûte en moyenne 7,5 millions de dollars par jour aux États-Unis. Mais les responsables de la défense reconnaissent eux-mêmes que cette estimation reste dans le bas de la fourchette, d'autant plus qu'elle a été réalisée avant que le président Barack Obama n'ordonne d'étendre la campagne de frappes aériennes à la Syrie. Si l'on prend donc en compte les frappes au-dessus de la Syrie, l'utilisation d'un matériel de défense ultrasophistiqué et le coût de ne serait-ce qu'un petit contingent de soldats américains en Irak, le montant pourrait grimper, selon certains experts, à plus de 10 milliards de dollars par an. « Je pense que l'on peut parler d'un nombre de milliards à deux chiffres », commente Jim Haslik du centre de réflexion Atlantic Council.
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La première nuit des frappes aériennes contre l'EI en Syrie mardi à l'aube, les États-Unis ont tiré 47 missiles de croisière Tomahawk depuis des navires de surface et déployé plusieurs avions de chasse F-22 Raptor ultrasophistiqués. Chaque missile coûte environ 1,5 million de dollars et les F-22 quelque 68 000 dollars par heure de vol. Et même si Barack Obama a promis de ne pas envoyer de troupes au sol, quelque 1 600 soldats sont actuellement en Irak pour assurer la protection des diplomates américains, conseiller les forces irakiennes et coordonner les attaques aériennes. La plupart des analystes s'attendent à ce que ce chiffre augmente à mesure que la guerre continue, entraînant de facto une hausse des coûts.
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Obama face à l'État islamique


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IL LES A ATTIRÉ... OUI ! MAIS QUI LES ONT ENVOYÉS ?
08 h 27, le 28 septembre 2014