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Moyen Orient et Monde

Opposants farouches à el-Qaëda, les houthis peuvent jouer un rôle dans la lutte contre le terrorisme

Trois questions à

Khaled Fattah, chercheur au centre Carnegie pour le Moyen-Orient et spécialiste du Yémen.

26/09/2014

Le temps d'un week-end, les rebelles chiites ont pris le contrôle quasi total de Sanaa. Le chef des houthis Abdel Malek al-Houthi a même crié « victoire » tout en se posant en rassembleur de toutes les composantes du pays. Pour L'Orient-Le Jour, Khaled Fattah, chercheur au centre Carnegie pour le Moyen-Orient et expert en la question yéménite, revient sur les nouvelles dynamiques au Yémen.

 

Comment le gouvernement yéménite en est-il arrivé à cette situation ?
C'est la loyauté divisée et la démoralisation de nombreux membres de l'armée yéménite qui ont mené à un effondrement militaire et qui ont permis aux houthis cette victoire fulgurante. La crise actuelle au Yémen n'est pas motivée par des raisons sectaires ou idéologiques. Au contraire, elle prend ses racines dans la quête des élites pour le règlement de comptes, pour le pouvoir politique et le gain matériel dans des temps d'incertitude et de forte érosion de l'État.
Le sectarisme violent n'est pas habituel dans la société yéménite. C'est plutôt des liens tribaux et régionaux qui ont traditionnellement été plus puissants que ceux de l'ethnicité et l'appartenance religieuse. Le Yémen ne connaît donc pas vraiment les divisions et les hostilités sectaires tranchantes que l'on retrouve par exemple en Irak. Il y a une absence d'héritage historique de conflits ou guerres sectaires qui ont posé une menace sérieuse pour le tissu social yéménite.

 

Contrairement à 2011, les houthis ont été inclus dans le processus de paix signé dimanche sous l'égide de l'Onu. Pourquoi ont-ils alors décidé d'intensifier leurs combats dans et autour de la capitale ?
En fait, la chute brutale de Sanaa aux mains des houthis a commencé en juillet, quand les rebelles ont saisi des bâtiments gouvernementaux et militaires dans la ville de Amran, à 50 km au nord de Sanaa. Amran est la base de la famille tribale yéménite la plus puissante : les al-Ahmar. C'est aussi un bastion des pro-Frère musulmans et d'unités militaires salafistes.
Le clash entre les houthis chiites et les salafistes sunnites remonte à seulement quelques décennies et est étroitement associé à l'établissement d'une poche salafiste dans la province de Saada, fief des houthis et le centre spirituel de l'école de pensée zaïdite.
La victoire rapide des houthis contre les Frères musulmans et les camps salafistes au Yémen a créé de nouvelles dynamiques qui exigent des ajustements non seulement dans la structure gouvernementale du Yémen, mais aussi dans les calculs géopolitiques régionaux.

 

Quels sont les acteurs qui vont devoir composer avec la nouvelle donne yéménite ?
Riyad, en particulier, est le premier acteur extérieur à être affecté par la nouvelle réalité émergente. Pour sécuriser sa frontière poreuse de 1 800 km avec le Yémen, le royaume saoudien va devoir établir une relation stratégique avec le groupe des houthis. La frontière montagneuse saoudo-yéménite est l'anneau le plus dangereux dans la chaîne de la sécurité nationale saoudienne car elle constitue un point de passage idéal pour les jihadistes radicaux, les armes et drogues de contrebande.
Washington, d'autre part, doit prendre en considération deux choses. La première, un gouvernement central qui ne répond pas aux besoins de base du peuple yéménite ne sera pas en mesure de vaincre el-Qaëda ou encore limiter la croissance des poches de violence. La seconde, le groupe des houthis est un acteur militaire et sociopolitique puissant qui ne peut être ignoré. En tant qu'opposants farouches à el-Qaëda et combattants tribaux très habiles avec des capacités impressionnantes de tactiques de guérilla, les houthis peuvent jouer un rôle dans les efforts de la lutte contre le terrorisme.

 

Pour mémoire

Qui sont les rebelles houthis de Saada à Sanaa ?

Quand les houthis confortent l'influence de l'Iran chiite en terre sunnite

Arabia infelix, le point de Christian Merville

 

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LE JEU IRANIEN A COMMENCÉ ! LES GRANDS JEUX DE LA COALITION COMMENCENT ! LE RUSSE A ROUSPÉTÉ, A FAIT UN FAUX PAS ET PUIS IL AVALA SA SALIVE ! ET LA SOEUR PROPOSE DÉJÀ DE CONSTITUER UN GOUVERNEMENT DÉMOCRATIQUE... TIQUE ! TIQUE ! TIQUE ! YAMMOOOO(U) SLAYMAN... TIQUE ! TIQUE ! TIQUE ! 3A2LIK WEYN KÈNE ? TIQUE ! TIQUE ! TIQUE ! KÈN BIL 7A2LÉ 3AM YIRMI BARAMIL OU NAR 3AL NÈSS...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

L'IRAN PEUT JOUER UN GRAND RÔLE DANS LE DÉNOUEMENT DES CRISES IRAQUIENNE ET SYRIENNE. C'EST CE QU'A DÉCLARÉ LE PREMIER MINISTRE BRITANNIQUE... ET NON SEULEMENT LUI MAIS DES RESPONSABLES AMÉRICAINS AUSSI. LA ROUE TOURNE ET LA DONNE CHANGE AUX GRÉS DU DÉROULEMENT DES CHOSES. UN JOUR LES UNS EN-HAUT ET L'AUTRE JOUR EN BAS... ET AINSI DE SUITE... LES GAGNANTS ? TOUJOURS LES MÊMES !

Ma Fi Metlo

Querelle entre Sunnites et Chiites : la querelles entre les Sunnites et les Chiites n’est pas une véritable guerre interconfessionnelles, mais un projet américano-israélien réalisé par les dirigeants de l’Arabie saoudite, dont le but est d’affaiblir le soutien populaire arabe à l’Iran et au Hezbollah libanais.
4- Rivalité entre Moscou et Washington : cette rivalité rappelle la guerre froide. Depuis l’effondrement de l’ex-Union soviétique, jamais les relations entre la Russie et les Etats-Unis ne se ont jamais autant dégradées. Les crises syrienne et ukrainienne ont poussé les deux grandes puissances à recourir aux tactiques de l’époque de la guerre froide.5- Rivalité entre le Qatar et l’Arabie saoudite : ces deux pays wahhabites sont entrés dans une rivalité très intense, pour diverses raisons. Les deux pays prétendent représenter le monde musulman. Le Qatar est un farouche défenseur des Frères musulmans et de plusieurs groupes radicaux extrémistes. L’Arabie saoudite défend les courants salafistes et plusieurs autres groupes radicaux armés. La guerre entre Daesh et le Front Al-Nosra est une conséquence de la rivalité entre le Qatar et l’Arabie saoudite.
6- Rivalité entre le Hezbollah et le Courant du Futur : ces deux courants libanais sont actifs, sur la scène de la guerre, en Syrie. Le Courant du Futur, (soutenu par l’Occident et l’Arabie saoudite), coopère avec plusieurs groupes radicaux salafistes.
7- Rivalité entre les représentants de l’identité islamique .

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