Le président américain Barack Obama, lors de sa visite au commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale (Centcom), à Tampa en Floride, le 17 septembre 2014. Joe Raedle/Getty Images/AFP
Le président des Etats-Unis Barack Obama a réaffirmé mercredi avec force que les soldats américains en Irak ne participeraient pas à des missions de combat dans la lutte contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI). "Les forces américaines qui ont été déployées en Irak n'ont pas et n'auront pas de mission de combat", a déclaré M. Obama depuis le commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale (Centcom), à Tampa en Floride.
Une certaine confusion a été créée mardi à Washington par une déclaration du général Martin Dempsey, le plus haut gradé américain, qui a suggéré que des conseiller militaires pourraient être envoyés au combat en Irak. Son porte-parole, le colonel Ed Thomas, est ensuite revenu sur ces propos, affirmant que le général ne pensait "pas qu'il y ait un besoin militaire (qui justifie) que nos conseillers accompagnent au combat les soldats irakiens".
Les déclarations de M. Obama interviennent alors que le président, qui a dévoilé la semaine dernière sa stratégie contre l'EI, a rencontré mercredi le général Lloyd Austin, chef du Commandement central pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale dans son quartier général à Tampa, en Floride.
Un peu plus de deux ans et demi après le retrait des derniers soldats américains d'Irak, Barack Obama a régulièrement affirmé qu'il n'y renverrait aucune troupe américaine au combat. Les responsables américains ont par ailleurs indiqué mardi leur détermination à viser les "sanctuaires" de l'EI en Syrie, où les extrémistes sunnites se sont emparés de larges secteurs à la faveur de la guerre civile. Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a annoncé que la campagne aérienne viserait "ses centres de commandement, ses capacités logistiques et ses infrastructures" dans ce pays où le conflit s'est compliqué avec l'arrivée de l'EI.
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Combats près de Bagdad
Sur le terrain, des troupes d'élite irakiennes ont combattu les jihadistes près de Bagdad avec le soutien de l'aviation des Etats-Unis, alors que le président Obama devait discuter avec ses généraux de sa nouvelle stratégie pour "détruire" le groupe de l'EI.
Des avions de chasse américains ont frappé trois cibles de l'EI au sud de Bagdad, tuant au moins quatre jihadistes, selon l'armée irakienne et des chefs tribaux. Ces frappes étaient destinées à soutenir l'armée irakienne, engagée dans des combats avec l'EI depuis mardi dans le secteur de Faadhiliya, à moins de 50 km au sud de Bagdad.
Les soldats "ont combattu jusqu'au milieu de la nuit mais ne sont pas parvenus à y pénétrer", a indiqué un chef de la tribu des Janabi, en précisant qu'ils faisaient partie de la "Golden Brigade", réputée pour être la meilleure force du pays.
La région de Jurf al-Sakhr est considérée comme un secteur clé car située entre Fallouja, une ville à majorité sunnite à l'ouest de Bagdad tenue par l'EI, et Kerbala et Najaf, deux villes saintes chiites, au sud de la capitale. Elle est désormais devenue une cible dans la campagne de frappes aériennes américaines, qui se sont étendues depuis le début de la semaine après avoir visé le nord et l'ouest de l'Irak depuis le 8 août.
A Ramadi, chef-lieu de la province occidentale d'Al-Anbar, où l'armée irakienne affronte également les jihadistes de l'EI, sept personnes sont mortes et un pont stratégique a été détruit dans un attentat suicide à la voiture piégée. Cinq personnes ont également été blessées dans l'attentat qui s'est produit dans l'après-midi, a déclaré à l'AFP Mahmoud al-Wazan, colonel de police. Les victimes seraient apparemment des civils, a-t-il précisé. Selon M. Wazan, l'explosion a détruit le pont Albou Faraj sur l'Euphrate, dans un quartier nord de la ville située à quelque 100 kilomètres à l'ouest de Bagdad.
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Le Qatar nie tout soutien aux jihadistes
Lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, l'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, a, par ailleurs, rejeté mercredi à Berlin les soupçons de financement de groupes islamistes radicaux. "Le Qatar n'a jamais soutenu de groupes extrémistes", a déclaré le dirigeant qatari. Mme. Merkel a estimé de son côté ne pas avoir de raison de mettre en doute ses propos. "Ce qui se passe en Irak et en Syrie, c'est de l'extrémisme et de tels groupes sont en partie soutenus de l'étranger, mais le Qatar n'a jamais et ne soutiendra jamais d'organisations terroristes", a dit cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani.
50 morts en Syrie
En Syrie, des raids de l'aviation militaire syrienne ont fait près de 50 morts en deux jours à Talbissé (centre), une localité rebelle assiégée depuis deux ans, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Mardi, l'EI avait abattu un avion militaire syrien qui était en train de bombarder Raqqa (nord), le bastion du groupe jihadiste en Syrie, selon cette même ONG.
L'EI sème la terreur dans les territoires conquis en Syrie et en Irak, se livrant à toutes sortes d'exactions. Il a récemment décapité deux journalistes américains et un humanitaire britannique. Les pays occidentaux sont de plus en plus inquiets de la montée en puissance de ce groupe sunnite radical, craignant que leurs ressortissants partis combattre dans ses rangs ne constituent un danger potentiel une fois revenus au pays. Les députés français ont ainsi approuvé mardi l'interdiction administrative de sortie du territoire visant à empêcher le départ de candidats au jihad en Syrie et en Irak, l'une des mesures clé d'un projet de loi sur la lutte contre le terrorisme.
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12 h 10, le 18 septembre 2014