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Les larmes de Chris Gunness

Gaza - Vidéo

Le porte-parole de l'Unrwa s'effondre en pleine interview.

OLJ/Agences
31/07/2014

 

 

 

Christopher Gunness a craqué. Devant les caméras d'Al-Jazeera, le porte-parole de l'Unrwa s'est effondré en larmes mercredi, incapable d'aller plus loin. Ancien journaliste pour la BBC, M. Gunness s'est effondré alors qu'il commençait à décrire le coût humain de l'offensive israélienne contre la bande de Gaza. "Les droits des Palestiniens, même quand il s'agit d'enfants, sont totalement bafoués et ceci est révoltant", dit-il, avant de s'arrêter. Pendant quelques secondes, il essaie de contrôler ses émotions. En vain.

 

Quelques heures plus tôt, seize Palestiniens avaient été tués par deux obus qui ont frappé de plein fouet une école de l'ONU à Jabaliya (nord de la bande de Gaza) où s'étaient abrités environ 3.000 Gazaouis. L'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a clairement accusé l'armée israélienne d'être responsable du drame de son école, déplorant la mort d'enfants "tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe". L'armée israélienne a émis l'hypothèse de tirs du Hamas.

L'allié américain, tout en réaffirmant le droit d'Israël à se défendre, a condamné ce bombardement. Mais l'administration américaine a aussi accepté une demande de livraison de munitions, le Pentagone répétant l'engagement de Washington à "garantir la sécurité d'Israël".

 

 

Jeudi, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a accusé Israël de défier délibérément le droit international dans sa guerre contre le Hamas. Lors de sa dernière conférence de presse à Genève avant la fin de son mandat de six ans, Mme Pillay a condamné les attaques menées par l'armée israélienne à Gaza contre des maisons, des écoles, des hôpitaux et des centres de l'ONU. "Aucune d'entre elles ne semble être accidentelle. "Il est absolument incontestable que les principes de proportionnalité et de précaution ont été ignorés" par Israël, a déclaré Navi Pillay. "Nous ne pouvons pas tolérer cette impunité", a-t-elle ajouté. 

 

Interviewé plus tard par The Independent, M. Gunness a expliqué que "parfois, les larmes sont plus éloquentes que les mots. Mais mes larmes ne sont rien à côté de celles du peuple de Gaza". "Ce qui se passe à Gaza, surtout avec les enfants, est une insulte à notre humanité à tous. Si ceci était arrivé en Grande Bretagne, le Conseil de sécurité serait en réunion urgente. Cette injustice me brise le cœur", a-t-il encore déclaré.

 

 

 

Au total, plus de 1.370 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive israélienne le 8 juillet, en grande majorité des civils et quelque 7.700 blessés, ont indiqué les secours locaux. Plus de 245 enfants figurent parmi les morts selon l'Unicef.

Côté israélien, 56 soldats ont été tués, et trois civils, dont un ouvrier agricole thaïlandais.

 

(Voir aussi : 30 juillet 2014 : une journée dans la bande de Gaza)

 

De nombreux civils palestiniens se sont réfugiés dans des écoles de l'UNRWA notamment à Jabaliya après avoir été avertis par l'armée israélienne que le quartier ou la localité où ils résident risquait de subir des bombardements massifs.

Chassés de chez eux par les combats, près de 180.000 habitants du territoire palestinien vivent dans des conditions très précaires dans 83 écoles gérées par l'Unrwa. Plusieurs de ces établissements ont été touchés par les combats. Le 24 juillet, un obus israélien est tombé dans la cour d'un de ces établissements à Beit Hanoun et une quinzaine de Palestiniens y ont péri. L'armée israélienne a affirmé toutefois que ce n'est pas son obus qui les a tués.

"C'est la sixième fois que nos écoles sont touchées par des frappes israéliennes", a souligné Chris Gunness. "L'Unrwa est débordée à Gaza. Nous avons atteint un point de rupture. Nos employés sont tués, nos abris sont bondés de réfugiés. Nous ne savons pas quand cela finira. Nous avons pris en charge 225.178 personnes déplacées dans 86 abris. Mais la bande de Gaza est en train d'être détruite. Et quand la guerre sera finie, où donc iront tous ces gens ?", a-t-il ajouté. 

 

L'Unrwa, qui avait dénoncé lundi dans un communiqué l'utilisation par des combattants palestiniens d'une école de l'ONU pour cacher des armes et munitions, a précisé mardi à l'AFP qu'il ne s'agissait pas de l'école de Jabaliya frappée dans la nuit. "Nous avons parlé hier (mardi) d'une école dans le centre de Gaza, Jabaliya (où a eu lieu la frappe de la nuit) est au nord", a expliqué Chris Gunness.

 

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