Culture

Haro sur « l’inhumain »...

Festival de Byblos

Dans le cadre féerique du vieux port, Massive Attack a dédié son concert d'avant-hier à la paix et aux enfants de Gaza.

31/07/2014

Dès l'entrée en scène des artistes, le public a vite compris ce qu'il allait lui arriver. Il a vite compris qu'il allait devoir se donner corps et âme à cette heure et demie de musique. Et c'est avec délectation qu'il s'est abandonné au tourbillon ensorcelant de Massive Attack.
Dès les premières secondes de BattleBox, le groupe bristolien a plongé son public dans un vertige étourdissant. Sur un écran, derrière les musiciens, ont défilé tout au long du concert des codes, des logos, des messages l'un plus pénétrant que l'autre, qui sont venus remettre en question le système « as we know it ». Tout y est passé : le capitalisme, l'intervention en Irak, George Bush junior, la toute récente opération Protective Edge, la guerre syrienne, la désinformation, le manque de vie privée, John Kerry, l'hypocrisie des médias, champions pour détourner l'attention de ce qui se passe vraiment, la politique, qui berce par ses mensonges et rassure par sa quête de sécurité, et même le tristement fameux « Noun » des Nazaréens, signe de persécution des chrétiens.
Le groupe est venu rappeler, en s'appuyant sur des articles de la Constitution, que nous ne sommes peut-être pas aussi libres que nous croyons l'être, que nous ne sommes pas vraiment égaux devant la loi. Que tout n'est qu'illusion finalement.

 

« People vs Border »
À Byblos, l'heure était donc à la révolte. Un wake up call qui a bouleversé autant que secoué un public en délire. Dans Safe from Harm, le groupe a rappelé à la foule qu'elle avait la force de libérer le monde, d'en faire un lieu plus juste et plus paisible. Les Anglais ont également repris leurs plus grands tubes, Angel et Paradise Circus, ainsi qu'un Teardrop aux notes orientales. Et comme pour donner encore plus d'intensité à un show déjà électrifiant, deux batteurs marquaient le rythme en toute harmonie.
Ainsi, le temps d'une soirée, Robert del Naja, Grant Marshall, Tricky, Andrew Wolves, Martina Topley-Bird, Deborah Miller et leurs musiciens ont chanté pour ceux qui n'avaient plus de voix, pour ceux que l'on a si facilement oubliés. Ils ont dédié leur concert à la paix et aux enfants de Gaza, victimes innocentes d'un conflit des plus barbares. Le temps d'un match serré de « People vs Borders », « Desobedience vs Power » et de « Freedom vs Security », le groupe a clairement montré sa préférence.
Les idéalistes sont rentrés chez eux le cœur un peu moins lourd, réconfortés de voir qu'ils ne sont pas seuls dans leur lutte contre l'inhumain.

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Ainsi, le temps d'une soirée, Yîîîh, Robert, Grant, Tricky, Andrew, Martîna(h), Deborâhhh et leurs musiciennns ont chanté pour ceux qui n'avaient plus de voix, yâ harâm, pour ceux que l'on a facilement oubliés. Ils ont dédié leur concert à la paix et aux enfants de Gaza, évidemment, victimes innocentes d'un conflit des plus barbares." ! Juste une questionnn, please ! Plus "barbaaare" même que celui qui se déroule depuis trois ans, et non 20 jours, en Syrie ? Merci "les idéalistes qui sont rentrés chez eux le cœuuur un peu moins louuurd, réconfortés de voir qu'ils ne sont pas seuls dans leur luuutte contre l'inhumain" qui se passe à Gaza et non contre celui bien sûûûr qui se déroule en Syrie.

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