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À La Une - Liban

Amnesty dénonce les restrictions à l'entrée au Liban pour les réfugiés palestiniens de Syrie

L'ONG souligne les conditions "extrêmement difficiles, voire impossibles à remplir".

Un réfugié palestinien originaire du camp de Yarmouk en Syrie, brandissant son passeport devant les bureaux de l'Unrwa à Beyrouth. AFP/Anwar Amro

Amnesty International a de nouveau dénoncé mardi le refus des autorités libanaises de laisser entrer au Liban des réfugiés palestiniens en provenance de Syrie en raison des restrictions renforcées aux frontières.

"En refusant l'entrée à une mère et son enfant nouveau-né, parmi d'autres personnes, les autorités libanaises ont montré un mépris effrayant pour les droits des réfugiés qui fuient un conflit sanglant. Absolument personne tentant de se réfugier pour fuir un conflit ne doit se voir refuser l'entrée sur un territoire. En faisant cela, le Liban passe outre à ses obligations découlant du droit international", déclare Sherif Elsayed-Ali, responsable du programme Droits des réfugiés et des migrants d'Amnesty International, dans une synthèse publiée mardi et intitulée "Denied refuge : Palestinians from Syria seeking safety in Lebanon".

Début mai, Human Rights Watch (HRW) et une agence de l'ONU avaient déjà exprimé leur inquiétude face au refoulement par le Liban de Palestiniens fuyant la guerre en Syrie. Quelques semaines plus tard, huit organisations de défense des droits de l'homme avaient cosigné une déclaration de solidarité avec les réfugiés palestiniens de Syrie, dans le cadre de laquelle elles appelaient les autorités libanaises à "mettre immédiatement un terme aux expulsions vers la Syrie".

 

(Pour mémoire : Amnesty International : Les réfugiés syriens manquent cruellement de soins de santé au Liban)

 

Le 21 mai, la direction de la Sûreté générale libanaise avait appelé les réfugiés palestiniens de Syrie qui ont trouvé refuge au Liban à se présenter aux bureaux de la Sûreté générale pour régulariser leur situation. Un délai d'un mois leur avait été fixé à partir du 22 mai. Aux termes des nouvelles conditions d'entrée du Liban, les réfugiés palestiniens de Syrie doivent prouver qu'ils remplissent certaines conditions de séjour temporaire au Liban ou transitent par ce pays. "En réalité, affirme Amnesty International, ces conditions sont extrêmement difficiles, voire impossibles à remplir pour les réfugiés".

Selon un document confidentiel obtenu par l'ONG, il serait également question d'"instructions aux compagnies aériennes utilisant le principal aéroport de Beyrouth de ne pas transporter au Liban de voyageurs qui sont des réfugiés palestiniens de Syrie, quels que soient les papiers en leur possession".

 

(Lire aussi : « Facilité ONG », un financement français pour répondre à la crise syrienne au Liban)

 

'Respecter le principe de non-discrimination'

"Aucune personne qui cherche un lieu d'accueil sûr pour fuir la crise syrienne ne devrait être renvoyée de force en Syrie. Tous les réfugiés doivent être autorisés à séjourner au Liban sans craindre d'être arrêtés ou expulsés", souligne Sherif Elsayed Ali.

"Les personnes qui ont réussi à franchir la frontière libanaise en sécurité font toujours face à une incertitude considérable", estime en outre l'ONG. Selon les informations reçues par Amnesty International, certains réfugiés palestiniens au Liban ne sont pas autorisés à renouveler leur visa ou leur permis de séjour temporaire, si bien qu'ils se retrouvent dans une situation de vide juridique et risquent une arrestation et une expulsion.

"Il arrive que des personnes s'aperçoivent qu'elles ne possèdent pas les documents nécessaires pour obtenir ou renouveler un visa et – en désespoir de cause – retournent en Syrie pour se les procurer. D'autres réfugiés ont évoqué des difficultés à payer les frais associés au renouvellement de visas", note également l'ONG.

En conséquence de quoi, Amnesty International appelle les autorités libanaises à veiller à ce que tous les réfugiés de Syrie puissent entrer au Liban et solliciter l'asile, et rappelle que "les conditions d'entrée ne doivent empêcher personne de solliciter l'asile et doivent respecter le principe de non-discrimination".

 

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