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Liban

Amnesty International : Les réfugiés syriens manquent cruellement de soins de santé au Liban

crise
OLJ
22/05/2014

Un grave déficit de soutien international a laissé de nombreux réfugiés syriens au Liban sans accès aux soins médicaux essentiels, selon un nouveau rapport d'Amnesty International rendu public hier. La situation est tellement désespérée que, dans certains cas, les réfugiés ont dû retourner en Syrie pour recevoir le traitement dont ils ont besoin.

Le rapport intitulé « Des choix déchirants : les réfugiés syriens en manque de soins de santé au Liban » identifie de graves lacunes dans la qualité des services médicaux offerts aux réfugiés. Dans certains cas, les réfugiés syriens, y compris ceux nécessitant un traitement d'urgence, n'ont pas été admis dans les hôpitaux.

« Le traitement hospitalier et des soins plus spécialisés pour les réfugiés syriens au Liban sont cruellement insuffisants, la situation est aggravée par une pénurie massive de fonds internationaux. Les réfugiés au Liban souffrent des conséquences directes de l'échec de la communauté internationale de financer entièrement le programme de secours des Nations unies au Liban », a déclaré Audrey Gaughran, directrice des dossiers thématiques mondiaux d'Amnesty International.


L'ONU a lancé un appel pour 1,7 milliard de dollars pour le Liban en 2014, dans le cadre d'un appel de 4,2 milliards de dollars pour les réfugiés syriens, mais seulement 17 % des fonds ont été obtenus.

 

(Pour mémoire : Le nombre de réfugiés syriens enregistrés au Liban auprès du HCR dépasse le million)



Le système de santé au Liban, fortement privatisé et coûteux, laisse de nombreux réfugiés dépendants des subventions de l'UNHCR. Mais en raison d'un manque de fonds, l'institution onusienne a été contrainte de présenter un ensemble de restrictions sur les critères d'éligibilité pour les personnes dans le besoin de soins hospitaliers. Même lorsque les réfugiés répondent à ces critères, la plupart doivent assurer eux-mêmes 25 % des coûts.

Les réfugiés syriens souffrant de graves problèmes de santé nécessitant des soins hospitaliers ou des traitements plus complexes sont souvent non traités. Aref, un garçon de 12 ans, qui avait subi de graves brûlures aux jambes, est parmi ceux qui ont été privés de soins d'hôpital. Son état s'est détérioré. Ses brûlures ont provoqué un choc septique et ses jambes ont été infectées. L'UNHCR n'a couvert son traitement que pendant cinq jours. Finalement, un médecin bénévole, ayant eu vent de l'affaire à travers un réseau de bienfaiteurs, a opéré Aref, qui a encore besoin de treize interventions chirurgicales.

 

(Lire aussi: L'ONU appelle les pays du monde à ouvrir leurs frontières aux réfugiés syriens)



« L'UNHCR et ses partenaires donnent la priorité aux soins de santé primaires et au traitement des situations d'urgence menaçant la vie. Les limitations actuelles en matière de soutien pour les soins hospitaliers prodigués aux réfugiés pourraient être atténuées si les fonds de secours sont améliorés », a souligné Mme Gaughran.

Nombre de réfugiés syriens vivant avec le cancer et d'autres maladies chroniques sont également incapables de se payer des traitements coûteux dont ils ont besoin au Liban. Un nombre croissant de familles fait face à des dettes écrasantes en raison de l'augmentation des coûts médicaux. Une réfugiée syrienne, Amal, doit faire le voyage en Syrie deux fois par semaine pour la dialyse, dont elle ne peut se permettre au Liban.

Certains cas d'abord relativement simples à traiter vont jusqu'à engager le pronostic vital en raison de complications causées par l'absence de traitement.

Le Liban accueille actuellement plus d'un million de réfugiés syriens enregistrés auprès de l'UNHCR. Leur nombre devrait atteindre 1,5 million d'ici à la fin de 2014, ce qui équivaut à un tiers de la population du pays avant le début guerre en Syrie.

 

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LE LIBAN N'A PAS INITIÉ LA GUERRE DE SYRIE... QUE CEUX QUI L'ONT FAIT Y POURVOIENT ARGENT, SOINS SOCIAUX ET MÉDICAUX ET TOUT LE NÉCESSAIRE... ET SUROUT : QU'ILS INDEMNISENT CE PAUVRE PAYS QU'ON APPELLE LE LIBAN ET SON PEUPLE !

Sabbagha Antoine

On ne peut être plus royalistes que le roi .Les libanais eux aussi souffrent de soins médicaux essentiels et un grand nombre est dans le grand besoin .

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