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À La Une - Présidentielle

Le Liban est rentré dans le vide présidentiel

Les députés du 14 Mars ne participeront qu'aux séances électorales et boycotteront les réunions qui seraient convoquées pour légiférer.

Le président libanais Michel Sleiman a quitté le palais de Baabda le samedi 24 mai 2014 à 15h. Photo Dalati Nohra

Les députés libanais n'ont pas réussi à empêcher un vide à la tête de l'Etat, le mandat du président Michel Sleiman ayant pris fin dans la nuit du 24 au 25 mai à minuit. Dans une tentative de dernière minute, les députés du 14 Mars et plusieurs députés indépendants se sont rendus samedi soir au Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, pour marquer le coup et exprimer leur rejet du vide à la présidence de la République. Ils étaient présents dans l'hémicycle, pour le principe, mais la séance n'a pu se tenir faute de quorum.

"Nous sommes venus pour souligner la nécessité d'élire un nouveau chef de l'Etat, ont affirmé les députés du 14 Mars dans un communiqué diffusé samedi soir. Depuis la naissance du mouvement du 14 Mars, nous avons considéré la présidentielle comme étant une étape importante pour assurer les valeurs de la République qui est basée sur le pacte national, la Constitution et la démocratie parlementaire. Mais le camp adverse y a vu une opportunité pour saboter la République et la Constitution en éliminant le rôle du Parlement. L'élection d'un nouveau président est un devoir national et non pas une compétition, ajoute le texte du 14 Mars. Nous nous engageons à protéger l'accord de Taëf et à appliquer les résolutions internationales et la Déclaration de Baabda. Nous ne nous soumettrons ni au chantage ni à la pression et nous ferons face à toute tentative de vouloir déstabiliser la sécurité ou l'économie du pays". Les députés du 14 Mars ont enfin appelé tous les parlementaires à se rendre au Parlement pour élire un nouveau président. "Nous prenons très au sérieux le vide présidentiel et cette situation ne doit pas durer, ajoute le texte. Le rôle principal du Parlement est délire un nouveau chef de l'Etat".

(Repère : Les principaux points du mandat de Michel Sleiman)

Des députés du 14 Mars ont par ailleurs indiqué à L'Orient-Le Jour que les parlementaires du mouvement ne participeront qu'aux séances électorales et boycotteront les réunions qui seraient convoquées pour légiférer. La séance parlementaire consacrée à la grille des salaires, fixée par le président de la Chambre au mardi 27 mai, et que de nombreux juristes estiment contraire à la Constitution, devrait ainsi être reportée faute de quorum.

Interrogé par L'Orient-Le Jour, le député membre du Courant du Futur, Mohammad Kabbani, a affirmé que les forces du 14 Mars "essaient de trouver une formule pour régler le dossier de la grille des salaires avant la séance du 27 mai".


L'appel de Geagea

Le forcing nocturne du 14 Mars intervient suite à l'appel du leader des Forces libanaises et candidat à la présidentielle, Samir Geagea, qui a exhorté samedi les députés à engager une véritable course contre la montre pour élire un nouveau chef de l'Etat.

M. Geagea a par ailleurs salué le président sortant, tout en se disant "attristé" par les "attaques lancées par certaines parties" contre sa personne. Il a également critiqué le Hezbollah - sans le citer - affirmant que la situation "difficile" que traverse le Liban est due à "l'existence d'un Etat armé à l'intérieur de l'Etat libanais".


Samedi, vers midi, Michel Sleiman a prononcé son dernier discours à la nation en tant que président de la République libanaise, boycotté par le Hezbollah. C'est sur un appel au dialogue, seule solution selon lui pour surmonter tous les différends, que l'ancien président a entamé son discours au palais de Baabda. "J'ai toujours appelé au dialogue continu car c'est la seule solution à tous les différends. Ce qui nous rassemble est beaucoup plus important que ce qui nous sépare", a déclaré, devant un parterre de personnalités, l'ancien chef de l'État.

(Lire aussi : Au soir du mandat, une présidence régénérée à la tête d'un État exsangue)


Sleiman quitte Baabda

Revenant sur la vacance à la présidence, Michel Sleiman, qui a quitté le palais de Baabda samedi à 15h, a appelé le Parlement à élire sans délai un nouveau chef de l'État. "J'appelle le Parlement à élire un président sans délai pour ne pas avoir à supporter la responsabilité et les dangers de la vacance à la présidence, ce qui contrevient à la démocratie et au pacte national, a-t-il insisté. La vacance risque de porter atteinte à la vie politique d'autant qu'elle a été sciemment voulue à cause des clivages ou de desseins qui ne veulent pas la stabilité du Liban".


Réagissant au discours de l'ancien président, le député Kataëb Samy Gemayel a félicité et remercié le chef de l'Etat, dénonçant néanmoins le défaut de quorum à la Chambre lors des sessions électorales en vue de l'élection d'un successeur à Michel Sleiman. "Nous voulons un président ! Que ce soit pour élire Michel Aoun ou Amine Gemayel, les députés doivent venir à la séance électorale", a-t-il martelé.

"Après ce rendez-vous émouvant, je pense que Michel Sleiman va nous manquer", a déclaré, de son côté, le leader druze Walid Joumblatt, qui a été décoré samedi par le président de la médaille de l'ordre national du mérite.

(Lire aussi : Le vide politique, une culture nationale aux effets pervers, l'éclairage de Jeanine Jalkh)


Pour sa part, le député Ali Fayyad, membre du bloc du Hezbollah, a affirmé, samedi, que " le candidat qui ne soutient pas la résistance ne sera jamais élu président de la République". M. Fayyad a assuré que nul ne pourra "réduire l'ampleur des exploits de la résistance, qui reste la meilleure option pour libérer le territoire et préserver la souveraineté du Liban".
Les relations entre le président et le parti chiite se sont tendues avec les appels répétés du président sortant à l'établissement d'une stratégie de défense qui impliquerait l'intégration des armes du Hezbollah dans le cadre de la légalité.

 

Prié de commenter le discours d'adieu du président Sleiman, le député du bloc du Changement et de la réforme Alain Aoun a déclaré à L'Orient-Le Jour qu'il s'agit d'un "bon discours en général". "J'ai certainement apprécié la partie consacrée aux propositions d'amendements constitutionnels relatifs à la présidence de la République, ainsi que le point relatif au partenariat public-privé, même s'il aurait du l'insérer bien avant dans son programme", souligne le député, s'abstenant d'évoquer les points politiques forts du discours du président.

Soutenant, en réponse à une question, l'appel à l'élaboration d'une nouvelle stratégie de défense, réitéré par M. Sleiman, le député a affirmé qu'on "ne pourra pas sortir de la polémique sur les armes du Hezbollah avant de mettre au point une stratégie de défense avalisée par tous".

Maintenant que la vacance à la présidence de la République est confirmée, les prérogatives du chef de l'État continuent d'être exercées par le gouvernement. Le Conseil des ministres réuni assure les fonctions du président à titre "intérimaire". Le Liban a déjà connu un scénario de vacance à la présidence en 1988, en pleine guerre civile, et en 2007.


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Les députés libanais n'ont pas réussi à empêcher un vide à la tête de l'Etat, le mandat du président Michel Sleiman ayant pris fin dans la nuit du 24 au 25 mai à minuit. Dans une tentative de dernière minute, les députés du 14 Mars et plusieurs députés indépendants se sont rendus samedi soir au Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, pour marquer le coup et exprimer leur rejet du vide à la présidence de la République. Ils étaient présents dans l'hémicycle, pour le principe, mais la séance n'a pu se tenir faute de quorum."Nous sommes venus pour souligner la nécessité d'élire un nouveau chef de l'Etat, ont affirmé les députés du 14 Mars dans un communiqué diffusé samedi soir. Depuis la naissance du mouvement du 14 Mars, nous avons considéré la présidentielle comme étant une étape importante pour...
commentaires (5)

C'EST PLUTÔT : DANS LE VIDE "DÉMENTIEL" !!!

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 58, le 25 mai 2014

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Commentaires (5)

  • C'EST PLUTÔT : DANS LE VIDE "DÉMENTIEL" !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 58, le 25 mai 2014

  • Ce pays ? Un mensonge qui, accessoirement, les réunit tout autour d’un pin (douglas) maritime même pas Cédraie ; yâ wâïyléééh ! Arbre mort recouvert de termites et de lucioles. Un Vrai mensonge tissé d'insignifiances, enfoui sous des kilos de lait et de miel ; yîîîh ; en sus d'achttâh et de äassal : Un "pur" mensonge auquel aucune personne Non- niaise, profondément ne croit. Yâ hassratâââh !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 52, le 25 mai 2014

  • Jusqu'à la dernière minute j'avais espoir de l'entendre nous dire ce qu'il en a été des 3.5 milliards de usd des binsaouds à l'armée , payés soit disant cash à hollandouille ! ceci comme pour autre chose , il laisse le pays dans l'incertitude coupable !

    FRIK-A-FRAK

    11 h 53, le 25 mai 2014

  • LE PAYS NAVIGUE DANS LE VIDE... DES " VIDES " !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 40, le 25 mai 2014

  • Que Hassan Nasrallah et son affilié, Michel Aoun, sortent maintenant le Liban de cet inconnu où ils l'ont enfoui. Ils en sont les responsables.

    Halim Abou Chacra

    05 h 30, le 25 mai 2014

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