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La presse libanaise unanime : Le premier tour passé, le vide à la présidence pointe son nez

Revue de presse
Rita SASSINE | OLJ
24/04/2014

Au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle au Liban qui, sans surprise, n'a pas débouché sur l'élection d'un nouveau chef de l'Etat, la presse libanaise doutait à l'unanimité de la possibilité de voir un candidat élu à la magistrature suprême la semaine prochaine.

Lors de la séance électorale mercredi, aucun des candidats en lice n'a réussi à recueillir les voix nécessaires pour être élu : le leader des Forces libanaises Samir Geagea, soutenu par le 14 Mars, a obtenu 48 voix face à 52 votes blancs du 8 Mars. Le candidat de Walid Joumblatt, Henri Hélou, a de son côté recueilli 16 voix. Une deuxième séance a été fixée par le président du Parlement, Nabih Berry, à mercredi prochain. 

 

Un pari relevé
Si Samir Geagea n'est pas parvenu à être élu à la Magistrature suprême, il a quand même "réussi à mener une bataille politique conformément aux normes de la course à la présidence au Liban alors que, par le passé, l'opération (électorale, ndlr) était dictée par le régime syrien ou planifiée derrière des portes régionales closes", relève Rajeh Khoury, l'éditorialiste d'An-Nahar, proche du 14 Mars.

 

(Voir : Qu'attendez-vous du prochain président ? Les Libanais, à travers le pays, répondent)

 

Selon M. Khoury, le 14 Mars a relevé le pari et réussi à unifier ses rangs alors que le 8 Mars misait sur des divisions radicales après l'annonce par le leader des FL de sa candidature avant que la Coalition ne prenne sa décision.

Entre le 8 et le 14 Mars, Walid Joumblatt a réussi à imposer un troisième choix centriste en nommant Henri Hélou comme candidat à la présidence. A ce sujet, Rajeh Khoury note que "s'il parvient à maintenir les 16 voix données à Henri Hélou, Joumblatt sera, lui, le président, pas celui qui sera élu".

 

"Ni vainqueur ni vaincu"
Dans les colonnes d'al-Akhbar, Nicolas Nassif estime, pour sa part, que la séance électorale de mercredi n'a produit "ni vainqueur ni vaincu". Pour l'éditorialiste du quotidien proche du Hezbollah, il s'est avéré que ni le 14 Mars (à travers Samir Geagea), ni le 8 Mars, ni Walid Joumblatt ne sont capables d'imposer leur candidat et d'obtenir la majorité absolue (65 députés, ndlr).

Dans ce contexte, M. Nassif s'attend à ce qu'à partir du deuxième tour, prévu le 30 avril, Nabih Berry se voit contraint d'enchaîner les convocations de séances, jusqu'à ce que le quorum de 86 députés soit atteint. "Le boycott de l'Assemblée sera probablement l'unique arme efficace pour faire en sorte qu'elle ne se réunisse pas avant un accord sur un président et non sur un candidat". 

 

Priorité aux échéances régionales
Un avis partagé par la journaliste du quotidien al-Mustaqbal, Rouba Kabbara. Avec la fin du premier tour de l'élection, place aux véritables concertations visant à parvenir à un nom consensuel capable de garantir le quorum requis pour la prochaine séance, estime-t-elle. Cela ne sera néanmoins "pas facile en l'absence d'indications sur un accord régional et international allant au-delà de la préservation de la sécurité (au Liban)", indique Mme Kabbara.

 

(Repère : Qui, quand, comment... Le manuel de l'élection présidentielle libanaise)

 

Ecarter l'éventualité d'un vide à la présidence, une option qui menace la stabilité voulue à l'échelle internationale, n'est aujourd'hui pas prioritaire, selon la journaliste. Les yeux sont désormais tournés vers d'autres échéances électorales dans la région, que ce soit en Egypte, en Irak ou en Syrie, et vers un éventuel accord final, prévu en juillet, sur le dossier nucléaire iranien, explique-t-elle.    

Pour Rouba Kabbara, la leçon la plus importante à tirer de la séance de mercredi est la suivante : "Les forces du 14 Mars réunies ainsi que les forces du 8 Mars et leurs alliés contrôlent le quorum requis pour les séances prochaines. Le rôle de Walid Joumblatt se limitant à faire pencher la balance en faveur d'une des deux parties."


Le Liban au congélateur
"Le Parlement libanais n'a pas réussi à élire un nouveau président au premier tour et il n'aura probablement pas plus de chance lors des prochains tours", écrit également l'éditorialiste d'as-Safir, Ghassan el-Ayache. "Le Liban pourrait se diriger vers un vide à la présidence en attendant un consensus international autour du nom du nouveau chef de l'Etat", estime-t-il.

Le journaliste dénonce l'incapacité de la classe politique libanaise à exercer son indépendance même si on lui laisse la liberté de choisir un président "pur produit libanais". Selon lui, les forces régionales et internationales ont actuellement d'autres priorités et veulent, en attendant, mettre le Liban au "congélateur".

Les échéances présidentielles presque simultanées au Liban, en Syrie et en Egypte "constituent un point de départ vers des changements radicaux dans la région, si la communauté régionale veut un changement", note encore le journaliste. "Notre région aspire au salut et à la fin des conflits, de la pauvreté et de la famine, écrit M. el-Ayache. Trois élections présidentielles auront lieu en une courte période de temps; mais l'après-élections ne sera pas mieux."

 

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES "VIDES" NOUS ONT PLONGÉ DANS LE VIDE !

Alex. K.L.

Si vraiment on arrive à un vide présidentiel, c'est que nos députés n'ont rien compris et ne méritent pas la confiance du peuple Libanais, pour les prochaines élections il faudrait qu'ils soient élus par les Syriens directement....
Le Liban a besoin d'un président fort, courageux et qui a des principes, une personne qui ne prend pas la fuite quand le pays aura besoin de lui, un président qui met les intérêts du Liban et des Libanais avant tout autre intérêt, un président qui fait face aux confrontations et qui dit se qu'il pense, un président rassembleur avec un grand cœur et direct.
C'était vraiment un geste honteux de la part des députés élus par le peuple de sortir d'un assemblé de cette importance et de tourner le dos à leur devoir.
Réveillez vous Chers élus, il n'y a que les Libanais pour les Libanais.

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