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Économie

Grille des salaires : entre bras de fer et dialogue de sourds

Liban - Social

Les syndicats ne décolèrent pas : les deux semaines supplémentaires accordées pour étudier le projet de loi sur la grille des salaires ne sont pas les bienvenues et le ministre de l'Éducation prend très au sérieux leurs menaces de boycott des examens officiels.

OLJ
17/04/2014

À l'issue d'une réunion hier après-midi avec une délégation du Comité de coordination syndicale (CCS), le ministre de l'Éducation Élias Bou Saab a espéré que le dossier sur la nouvelle grille des salaires sera résolu dans deux semaines. « Sinon, l'année scolaire et les examens officiels seront véritablement en danger », a-t-il averti lors d'une conférence de presse commune avec la délégation du CCS. Son intervention a eu lieu au lendemain du vote par le Parlement de l'ajournement pour une période de quinze jours de l'approbation de la nouvelle grille des salaires afin de permettre à une commission ad hoc de réexaminer le dossier du financement de cette grille. Selon le ministre, l'examen approfondi des moyens de financer la grille aurait dû avoir lieu depuis longtemps. « Nous avons un délai de deux semaines pour parvenir à une solution », a-t-il insisté.
Élias Bou Saab a souligné la légitimité des revendications du secteur public, précisant que l'article concernant l'effet rétroactif est actuellement examiné. « Nous devons prendre en considération les écoles privées ainsi que la situation des enseignants et des parents, a-t-il néanmoins ajouté. Nous ne pouvons pas fermer des institutions qui ne pourraient pas payer l'augmentation des salaires. »

 

(Lire aussi : Nouvelle mise en garde de Sleiman contre des taxes supplémentaires pour financer la grille des salaires)

 

Les syndicats font monter la pression
Plus tôt dans la journée, le président du CCS, Hanna Gharib, déclarait lors d'une conférence de presse donnée place Riad el-Solh que « la bataille est ouverte et elle concerne tous les pauvres », dénonçant la tournure que prennent les événements. « Nous payons le prix quand ils (les politiciens, NDLR) ne sont pas d'accord et même quand ils sont d'accord », a-t-il martelé. M. Gharib a rejeté les arguments selon lesquels l'économie en général, et le secteur bancaire en particulier, souffriraient de l'adoption de la nouvelle grille des salaires.
Il a brandi une nouvelle fois la menace d'une escalade sous forme de grève ouverte et de boycott des examens officiels et a annoncé que le 29 avril sera une journée de grève générale accompagnée d'une grande manifestation. En cas de stagnation dans les travaux de la commission ad hoc, M. Gharib a annoncé des mesures de contestation « surprenantes et inédites ».
Le président du syndicat des enseignants des écoles privées, Nehmé Mahfoud, a de son côté espéré ne pas arriver à la suspension des examens officiels. « Nous nous attendons à une bonne performance de la part de la commission ad hoc dans le délai convenu (de deux semaines). Nous adopterons les mesures convenables en fonction des résultats », a-t-il indiqué.

 

(Lire aussi : Kanaan : « Un projet de loi monstrueux »)


Plusieurs rassemblements de protestation ont par ailleurs eu lieu hier à travers le Liban, notamment près du sérail de Zahlé et du sérail de Tripoli et une grande partie des établissements scolaires publics et privés ont fermé leurs portes. Un sit-in a eu lieu devant le ministère de l'Éducation où plusieurs représentants syndicaux ont réitéré leur refus « des compromis au niveau des droits acquis », décrivant la journée de mardi, marquée par le vote au Parlement, comme « une journée de l'injustice » et « une journée noire ». Les contractuels de l'Université libanaise (UL) avaient également organisé un sit-in sur la route du palais présidentiel de Baabda, où se tenait un Conseil des ministres. Les manifestants réclament d'être intégrés au cadre.


De leur côté, les organismes économiques se sont dit « soulagés de la sage décision des députés d'ajourner de deux semaine l'approbation de la grille des salaires pour approfondir l'étude de ses moyens de financement ». « Il est crucial de prendre en considération l'avis du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, ainsi que les avertissements et recommandations du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), tout en gardant à l'esprit la nécessité d'entreprendre de profondes réformes dans l'administration publique », indique un communiqué des organismes économiques.

 

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Le gril des salaires !

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