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Économie

Chammas qualifie d’« orgie fiscale » le financement de la grille des salaires

Liban

Les organismes économiques ont présenté hier un document incluant 36 raisons de s'opposer aux moyens de financement de la grille des salaires tels qu'ils figurent aujourd'hui entre les mains du Parlement.

01/04/2014

« Le projet de loi sur la grille des salaires des fonctionnaires poursuit son parcours surréaliste, passant du gouvernement au Parlement, aux commissions parlementaires mixtes et à la sous-commission, sans tenir compte de la situation catastrophique du pays ni de ses conséquences sur le paysage socio-économique ».

C'est sans détour que le président de l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB), Nicolas Chammas, a entamé la conférence de presse organisée hier à la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB). Il a exposé en détail les 36 points du rapport rédigé par l'ACB et entériné par les organismes économiques, qui dénonce les moyens de financement de la grille des salaires.
« La veille de sa démission et pour des motifs purement populistes, le gouvernement a commis une grave erreur en transférant le projet de loi au Parlement, sans se soucier des répercussions explosives sur le Trésor public et l'économie », a accusé M. Chammas. Il a pointé du doigt la dégradation politico-sécuritaire, l'explosion du nombre de réfugiés syriens et la fragilité économique et financière qui se sont accentuées ces derniers mois « et qui rendent d'autant plus dangereux ce projet de loi ».

 

Une légitimité contestée du Parlement et de la sous-commission
Le président de l'ACB s'est attaqué en premier lieu à la légitimité du Parlement, qui, rappelons-le, avait prorogé son mandat il y a près d'un an, « et dont les prérogatives ne sont pas claires ». « La sous-commission parlementaire en charge du dossier de la grille des salaires est sortie de son mandat d'approbation ou de validation d'un texte, en y intégrant des changements majeurs et en prenant des décisions qui n'incombent pas au législatif », a-t-il affirmé. Selon lui, cette sous-commission a par ailleurs court-circuité des décideurs essentiels comme les organismes économiques ou les institutions financières internationales et adopté une approche purement comptable du projet, sans effectuer de véritables études d'impact économique. M. Chammas accuse la sous-commission d'avoir « trompé les citoyens avec des slogans comme "les moyens de financement sont assurés", alors qu'en réalité ils ne le sont pas du tout car 341 milliards de livres ont été ajoutées par rapport au texte initial rédigé par le gouvernement et 357 milliards de livres supplémentaires pour inclure un éventail encore plus large de bénéficiaires ».

 

(Pour mémoire : Les organismes économiques souhaitent un réexamen des moyens de financement)

 

« Une hausse des salaires ne relèvera pas l'économie »
« Supposer qu'une hausse des salaires boostera la productivité n'est pas scientifiquement ou objectivement correct », a souligné le président de l'ACB. Selon lui, le secteur privé payera les pots cassés de la hausse des salaires des fonctionnaires, « qui sont déjà socialement privilégiés par rapport aux autres travailleurs, avec des salaires stables et des retraites confortables ». « Nous assistons à un chamboulement des équilibres et à une redistribution des richesses », a-t-il opiné. « Cette hausse des salaires va créer de l'inflation et faire perdre au Liban toute sa compétitivité régionale et internationale », a indiqué M. Chammas.


Mais le sujet qui exaspère au plus haut niveau les organismes économiques reste celui des moyens de financement de la grille, « qui constituent une véritable orgie fiscale ». M. Chammas explique que la sous-commission a doublé les chiffres des prélèvements fiscaux par rapport à ce que proposait le texte initial du gouvernement, en les faisant passer de 1 300 milliards de livres à 2 294 milliards de livres sur une base constante, ajoutés à 1 200 milliards de livres sur base temporaire. « Ainsi, le total des recettes fiscales supplémentaires atteint 3 494 milliards de livres, soit 5 % du PIB, ce qui constitue un véritable choc fiscal pour l'ensemble des secteurs économiques du pays », a-t-il déploré. Pour un commerçant par exemple, celui-ci se verra affecté au niveau de l'achat de ses fournitures, de la vente et des transactions qu'il réalisera, « ce qui constitue un poids fiscal que le secteur est incapable de supporter ».


Les organismes économiques attendent donc aujourd'hui que les commissions mixtes réexaminent le projet de loi en les incluant dans les discussions, tout comme les syndicats. « Celui qui s'oppose à la grille des salaires n'a pas de cœur, celui qui approuve les moyens de financement proposés est dénué de bon sens. Pour notre part, nous essayons d'accorder le cœur et la raison. » C'est sur ces mots de fin que Nicolas Chammas a résumé la position des organismes économiques.

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ORGIE FISCALE ? PEUT-ÊTRE N'EST-CE PAS LE MOMENT... MAIS ORGIE FISCALE ? SA7I7... QUI SONT LES ORGIAQUES ?

GEDEON Christian

Rigolo...et de quoi qualifie -t-il l'intense corruption et les fuites fiscales sans mesure du Liban? Comment qualifie-t-il les salaires et avantages innommables de nos caciques?Et comment qualifie- t-il les innombrables emplois "au noir" utilisés par les entrepreneurs libanais? qui profitent à plein de l'afflux des syriens au Liban?Competitivité? ayya compétitivité? celle offerte par l'exploitation de l'être humain jusqu'à la corde? ce vieux discours sur les salaires ne tient en aucune façon...c'est juste ridicule...et mec...

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