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Au Liban, une app pour rassurer ses proches après un attentat...

Technologie
Elie WEHBE | OLJ
23/01/2014

"Où sont mes enfants? Où sont mes proches?" Après chaque attentat, les mêmes questions, les mêmes angoisses à travers le Liban.

Et les mêmes messages, envoyés rapidement, pour rassurer un père, une mère, un ami. "Je vais bien, tout le monde va bien".

Avec la multiplication des attentats, dans la banlieue sud de Beyrouth, à Tripoli ou au centre-ville de la capitale, le message visant à rassurer la famille tourne à la triste routine. Mais les messages arrivent plus ou moins vite, en fonction de la saturation du réseau. Or l'angoisse des proches est proportionnelle au temps que va mettre le message à parvenir à son destinataire.

Dans ce contexte délétère, une jeune Libanaise a trouvé une alternative à travers une application mobile. La créativité se nourrit de tout, même de l'adversité...

"I am Alive" (Je suis en vie, ndlr) est une nouvelle application qui "a pour but de rassurer vos proches, de leur dire que vous êtes toujours en vie après un attentat, grâce à un Tweet envoyé en un seul clic", explique Sandra Hassan, secouriste et spécialiste en informatique.
"J'ai passé mes vacances au Liban avec ma famille et j'ai vécu le stress et la panique que beaucoup de Libanais ressentent après un attentat", indique la jeune Libanaise qui poursuit actuellement ses études en santé publique à Paris.
"Maintenant que je suis de retour en France, ce n'est pas si facile de contacter mes proches. Je suis obligée (après chaque attentat) de me connecter sur Internet et d'attendre un signe de vie", déplore Sandra Hassan dans un entretien avec Lorientlejour.com.

L'application, mise il y a seulement 48 heures sur le marché des smartphones fonctionnant sur le système d'exploitation Androïd, aurait attiré l'attention des utilisateurs. "Le nombre de personnes qui ont téléchargé l'application n'est toujours pas disponible car elle vient d'être lancée, mais beaucoup d'amis m'ont félicitée et la prennent au sérieux", précise-t-elle. 

Sandra Hassan ne compte pas s'arrêter là : "Je vais développer l'application pour pouvoir la relier au compte Facebook des utilisateurs et peut-être même créer une autre application dédiée aux politiciens pour leur permettre de dénoncer les attentats de façon systématique", ironise la jeune femme. 

Ce n'est pas la première fois que les Libanais ont recours aux applications mobiles pour des raisons sécuritaires. En août 2013, l'armée libanaise avait lancé "LAF Shield" une application mobile qui permet notamment aux citoyens d'envoyer un texte, une image, une vidéo ou un son pour signaler à l'armée un élément ou un événement suspects, ou encore un incident..

Les réseaux sociaux sont également le lieu de l'émotion, dans ce contexte sécuritaire difficile. Un message posté le 2 janvier dernier par Maria el-Jawhari sur sa page Facebook a provoqué l'émoi lorsqu'il s'est avéré que la jeune fille était une des victimes de l'attentat de mardi à Haret Hreik.
Après l'attentat perpétré dans la banlieue sud début janvier, Maria el-Jawhari avait écrit : "Je l'ai échappé belle pour la troisième fois". Une allusion aux trois attentats qui avaient ensanglanté, les mois précédents, cette région de la capitale libanaise. La jeune fille se demandait si elle s'en sortirait de la même manière une quatrième fois. Mardi dernier, la mort l'a retrouvée.

Comme elle avait fauché Mohammad Chaar, le 27 décembre dernier à Starco. Le triste sort de ce jeune homme de 16 ans, avait d'autant plus ému le Liban qu'il s'était pris en photo, avec ses amis, quelques minutes avant l'explosion de la voiture piégée qui visait Mohammad Chatah. Cette photo avait largement circulé sur les réseaux sociaux, associée à un autre cliché, pris, cette fois, par un photographe de presse, et représentant le jeune homme gisant, le visage en sang, sur le bitume. 

 

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Sabbagha Antoine

Application morbide pour tout un pays qui est perdu et agonise.

M.V.

Et si je demande Lebanon still alive...? la réponse est: .... ?

Cadige William

Morbidus!

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